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23/01/2013 - Vidéo: Marc Fiorentino - Sauvez votre retraite15/11/2012 - Les retraites pourront-elles être payées ces prochaines années?
09/09/2012 - La NINJA génération
23/08/2012 - La classe moyenne des États-Unis vit « sa pire décennie de l'histoire moderne »
23/01/2012 - Vidéo: Marc Fiorentino - Sauvez votre retraite
(les solutions données n'engagent que l'auteur, quand au diagnostique il est sans appel)
En relation avec les auteurs: Nicolas Bouzou, Louis Chauvel et Dépression économique - Guerre civile - Montée de l'extrême droite - Hyperinflation - Autour de l'argent et de la faillite
23/12/2010 - Ce soir ou jamais - La guerre des générations, ou des égoïsmes? avec Nicolas Bouzou (2 parties)
Introduction
Comme tout ce qui monte redescend irrémédiablement, dans des systèmes artificiels "à la Ponzi" où jamais personne ne se pose de questions ou ne remet en cause quoi que ce soit, vivant de superficialité, de choses dites à la mode, de belles chansons, de matchs de foot et de films à dormir debout, alors, la destruction et les crises qui se produisent ensuite se déroulent "naturellement", la base n'étant pas solide et dynamitée dès le départ de la construction.
Comme la classe moyenne actuelle a émergé pendant les "30 glorieuses", ou plutôt pendant la période de reconstruction après le plus grand chaos de l'histoire, nous pouvons aussi faire le parallèle avec le problème des générations, les "vieilles" classes moyennes vivant "sur le dos" des plus jeunes (retraite, rentes, loyers, immobilier excessif etc...). Est ce normal de faire payer le coût, les intérêts ou le remboursement d'un emprunt aux générations suivantes? De plus comment garantir des retraites à de millions de baby-boomers qui doivent être payées par des millions de chômeurs, jeunes pour une grande majorité?
Toutes les personnes concernées qu'elles soit jeunes ou âgées seront majoritairement prêt psychologiquement pour la guerre, la demanderont même lorsque la propagande commencera vraiment.
L'identité et l'éducation sont des concepts centraux et très important. Si nous considérons que la solution de tous les problèmes réside dans la construction d'un monde où chacun à la garantie que "tout le monde pense à tout le monde" et que de ce fait, chaque personne n'a plus besoin de penser à sa propre personne, alors, toutes les identités au sens large disparaitront...ou du moins seront totalement transformées.
Minuit Moins Une
Le système des retraites tel que nous le connaissons aujourd’hui en France (système quasi identique dans l’ensemble des pays développés), voit le jour en octobre 1945 avec la création de la Sécurité Sociale, ordonnance n°45-2250. Il s’agit d’un système basé sur la solidarité intergénérationnelle où les actifs paient pour les retraités, avec en échange, la promesse de recevoir plus tard le même soutien de la part des générations suivantes, ou comme le dit l’ordonnance de 1942 : « les cotisations des actifs servent à payer immédiatement les retraites, tout en leur ouvrant des droits pour leur future retraite ». Contrairement aux idées reçues donc, les cotisations versées ne sont pas « mises en épargne » par la Sécurité Sociale ou par les caisses complémentaires, pour être reversées ensuite à la personne qui a cotisé, mais utilisées instantanément par ces organismes pour rémunérer les personnes qui sont déjà à la retraite. Il s’agit d’un droit, qui lui-même, peut être modifié par la loi à tout moment. Le droit à retraite est par conséquent une promesse qui peut ou ne pas s’appliquer. C’est le cas actuellement avec le droit au logement, qui ne s’applique que dans de très rares cas. Pourquoi en serait-il autrement avec le droit à retraite ? Comprendre que le droit à retraite est une promesse infondée, c’est comprendre que le Père Noël n’existe pas et que si demain papa et maman (Sécurité Sociale et caisses complémentaires) n’ont plus les moyens de « jouer » au Père Noël alors c’est la fête de Noël qui disparaît, et les cadeaux (pensions) avec.
Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, le système par répartition (système choisi par le régime de Vichy en 1941) est préféré au système par capitalisation car considéré comme plus stable. L’âge de la retraite est alors prévu à 65 ans. Rapidement, les pensions s’avèrent insuffisantes et des caisses complémentaires, dont l’adhésion n’est d’abord pas obligatoire, voient le jour afin de compléter les pensions versées aux retraités. Au début des années 1970, les cotisations aux régimes complémentaires sont rendues obligatoires pour tous les salariés du secteur privé, le taux de liquidation de la pension à 65 ans passe de 40% à 50%, les femmes ayant élevés 2 enfants se voient bénéficier d’une majoration de leur durée d’assurance, et les régimes d’artisans et de commerçants sont alignés sur le régime général. En 1982, l’âge de départ à la retraite est avancé à 60 ans pour tous les assurés totalisant 37,5 années de cotisations. Dans les années 1970-80, les promesses se multiplient donc sans que personne ou presque (à l’exception de Pierre Laroque et de quelques autres) ne remette en question la faisabilité et la viabilité à long terme de ces promesses, malgré l’allongement régulier de la durée de vie (et donc l’augmentation importante de la facture sanitaire) et l’anticipation prévisible du départ massif des baby-boomers à la retraite au début du XXIème siècle. Ceci étant, on est en droit de se demander si la hausse de productivité, et donc de richesse, observée depuis 30 ans ne vient pas compenser la hausse des coûts liés au vieillissement de la population. Il s’agirait alors d’un problème de répartition des richesses et non plus d’un problème démographique. Quoi qu’il en soit, ceci ne change rien aux desseins des gouvernements des pays développés, qui cherchent par tous les moyens à réduire les dépenses liées aux retraites.
Illusions
De promesses en promesses, c’est l’illusion des peuples qui va crescendo, peuples qui continuent d’espérer, qui acceptent de voir s’effacer les promesses du passé pour ainsi maintenir un droit à retraite qui n’a de droit que le nom, car cette promesse de récompense pour un travail parfois ingrat et souvent pénible ne se perpétue que pour maintenir l’économie à flot, puisque un niveau d’épargne trop important et un niveau de consommation trop insuffisant entraîneraient des déséquilibres trop brusques qui ne permettraient pas au système économique actuel de maintenir ses propres illusions. Croire à la retraite, c’est croire que la vie d’après sera meilleure que la vie d’aujourd’hui, c’est également croire à la pérennité d’un système économique, qui comme toute chose sur Terre ne voit le jour que pour mieux disparaître. Le problème, c’est qu’à force de revenir sur les promesses du passé, on finit par revenir sur la promesse de départ, à savoir le droit à retraite pour tous. En réalité, nos économies sont tellement endettées qu’elles n’ont plus les moyens de financer nos illusions et que tôt ou tard il faudra bien que la vérité éclate au grand jour comme cela fut le cas lorsque les investisseurs du Bernard L. Madoff Investment Securities LLC voulurent retirer leurs fonds. Car contrairement à ce nom rassurant, le fonds d’investissement de Bernard Madoff n’était ni un fonds d’investissement (Investment), ni un fonds sécurisé (Securities). C’est la même chose avec la Sécurité Sociale et les caisses complémentaires : la Sécurité Sociale n’a de sécurité que le nom (il ne s’agit que d’une promesse et donc d’une illusion). Quant aux caisses complémentaires, elles sont en réalité vides. Il s’agit donc du plus grand schéma de Ponzi sur Terre, de la plus grande escroquerie de tous les temps.
Schéma de Ponzi
Charles Ponzi, qui donna son nom au schéma du même nom, était à la tête de la Securities Exchange Company, qui une fois n’est pas coutume n’avait de sécurisé que le nom (Securities). Il proposait aux investisseurs un taux de rendement de 50% sur 45 jours via l’achat de coupons de poste. L’argent des nouveaux entrants servait à rémunérer les sortants, si bien que temps que le nombre des nouveaux entrants était supérieur au nombre des sortants, le système était viable. En revanche, lorsque les investisseurs commencèrent à quitter le système de Ponzi, celui-ci s’effondra sur lui-même et Charles Ponzi fut arrêté. C’est exactement la même chose avec la Sécurité Sociale, les nouveaux entrants (actifs) paient actuellement pour les sortants (retraités). Mais on l’a vu, lorsque les sortants (baby-boomers) seront plus nombreux que les nouveaux entrants (baby-busters), alors c’est la promesse et l’illusion qui s’effondreront en même temps, mais il n’y aura alors plus de coupables puisque tout le monde est coupable dans cette histoire. C’est l’escroquerie parfaite. Quant aux retraites complémentaires, PERP, rachat des années d’études, et sur-cotisations, il s’agit ni plus ni moins que d’un dérivé de la première promesse qui ne garantit en rien que l’argent versé aujourd’hui réapparaîtra un jour, à moins que cet argent ne réapparaisse sous forme de monnaie totalement dévaluée, et donc sans aucune valeur.
La promesse d’hier n’est que l’illusion d’aujourd’hui, l’illusion d’aujourd’hui n’est que la frustration de demain, alors mieux vaut avoir conscience aujourd’hui des réalités de demain.
Kracheconomique - AgoraVox - 01/07/2010
09/09/2012 - La NINJA génération
Avec le concours des instances gouvernementales et des entrepreneurs, on a réussi à faire passer cet état des choses comme étant la nouvelle normalité. Bienvenue dans le monde réel ! Soudainement, on se rend compte que les jeux vidéo étaient une perte de temps, que tout le monde se fout du nombre de « followers » que vous avez sur Twitter, et que tout le monde n’en a rien à cirer du nombre d’amis que vous avez sur Facebook.
Cette génération, tout comme les précédentes, a cru que le passage à l’université ou les collèges spécialisés allait lui ouvrir les portes du marché du travail. Ce qu’ils ont vraiment découvert, dans les pays où l’accès à l’université n’est pas gratuit ou subventionné en partie par l’État, ce sont des emprunts pour pouvoir étudier, avec en prime, à la sortie, peu de connaissances pertinentes pour pouvoir fonctionner dans une société tournée vers la performance, la consommation et la production de rebuts. Ne l’oublions pas, aujourd’hui, ce n’est plus l’expérience ou le talent qui compte, ce sont les compétences. Cette génération croit encore au rêve américain : vous fréquentez l’université, vous décrochez un bon emploi, vous fondez une famille, vous achetez une maison, et vous voyagez. Tout ça était encore vrai il y a vingt ou trente ans. Ce rêve est maintenant hors d’atteinte pour la majorité des représentants de la NINJA Generation.
Zygmunt Bauman a eu cette réflexion intéressante à propos de ce problème : « L’une des recommandations le plus communément proposées aux jeunes est d’être flexibles, et pas spécialement difficiles, de ne pas attendre trop de leurs emplois, de les prendre comme ils viennent, sans trop se poser de questions, et de les considérer comme une opportunité dont il faut profiter sur le moment tant qu’elle dure, plutôt qu’un chapitre d’introduction à un projet de vie, une question d’estime et de définition de soi, ou une garantie de sécurité à long terme.[1] »
En fait, l’idée est simple : vous devez consacrer votre énergie à vous assurer d’avoir un emploi assuré que vous ne savez même pas sûr. Mais tout n’est pas perdu ! Vous pouvez vous débattre pour vous sortir de cette situation. Après tout, n’êtes-vous pas des Ninjas ?[2]
Pierre Fraser Blog - Mai 2012
[1] Bauman, Zygmunt, Vies perdues – La modernité et ses exclus, Paris, Payot, 2006, p. 26.
[2] Dixit Gordon Gekko, personnage central du film « Wall Street – Money Never Sleeps ».
Un nouveau rapport publié mercredi affirme que la classe moyenne des États-Unis vit « sa pire décennie de l'histoire moderne » et que sa part du revenu national a baissé pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale.
Selon l'étude menée par le Pew Research Center, 85 % des Américains de la classe moyenne trouvent qu'il est aujourd'hui plus difficile qu'il y a 10 ans de maintenir leur niveau de vie. Le rapport affirme qu'ils ont perdu confiance en l'avenir.
La classe moyenne
Le Bureau américain du recensement définit la « classe moyenne » comme une famille de trois personnes qui gagne un revenu allant de 39 418 $US à 118 255 $US. Selon cette définition, environ 51 % des adultes américains font partie de la classe moyenne, comparativement à 61 % en 1971.
En 1970, la classe moyenne représentait 62 % du revenu national, contre 29 % pour les plus riches. Mais en 2010, la classe moyenne représentait 45 % du revenu national, comparativement à 46 % pour les plus riches.
13/01/2012 - 25 faits sur la crise des baby-boomers qui arrive
10/08/2011 - C Dans L'air - La jeunesse achète de l'or - Avec Bernard Maris et Nicolas Bouzou
09/03/2011 - Ce soir ou jamais - Les classes moyennes en danger? (2 parties)
10/03/2011 - Documentaire - Classes moyennes pauvres demain? - Arte - Le revenu est une première donnée objective possible pour déterminer ce qu'est la classe moyenne. Selon ce seul critère, elle regroupe tous ceux qui touchent entre 75 et 150 % du revenu moyen. En Allemagne, les statistiques font apparaître que cette classe moyenne se réduit depuis des années : sa part dans la population est passée de 65,3 % en 1990 à 58,7 % en 2009. En France où la réduction n'est pas aussi sensible, la peur du déclassement est pourtant exprimée par les deux tiers de la population. Elle est avant tout suscitée par l'augmentation du coût de la vie, soit la part des dépenses de consommation hors achat de logement, passée de 21 % des revenus en 1979 à 36 % en 2005, et par l'envol des prix de l'immobilier, qui ont plus que doublé en l'espace de dix ans. Mais, souligne Jean-Paul Fitoussi, le concept de classe moyenne désigne aussi un processus dynamique par lequel les catégories les moins favorisées peuvent espérer connaître une progression sociale. Or dans les deux pays, les difficultés des jeunes, même diplômés, à trouver un emploi stable et suffisamment rémunéré pour être autonomes renforcent leur inquiétude et celle de leurs parents quant aux chances de conserver leur statut social. Et quand le chômage vient mettre à mal un équilibre précaire, les inégalités se creusent encore plus vite. La classe politique, de chaque côté du Rhin, va-t-elle bientôt prendre conscience de cette évolution alarmante pour la démocratie ?
09/03/2011 - Ce soir ou jamais - Les classes moyennes en danger? (2 parties)
13/12/2010 - Ce soir ou jamais - Extrême droite et classe moyenne avec Daniel Cohen
23/12/2010 - Ce soir ou jamais - La guerre des générations, ou des égoïsmes? avec Nicolas Bouzou (2 parties)
15/06/2010 - Ce soir ou jamais - La classe moyenne va-t-elle disparaitre?
Vidéos sur Youtube
11/12/2011 - Documentaire - La gueule de l'emploi - France 2 - L’entretien d’embauche est une véritable épreuve dont on ne sort jamais indemne, à
la fois évaluation de compétences et entreprise de déstabilisation. Certes, les règles
du jeu sont connues de tous. Mais, que sous entendent-elles ? Que cherche t-on au
juste en voulant savoir si vous êtes dynamique et enthousiaste ? Le candidat idéal
sans doute, mais tout aussi sûrement votre capacité à vous soumettre librement.
Lors d’un entretien d’embauche, les questions ne sont jamais hasardeuses et les
réponses sont toujours formatées. Bien que toute spontanéité soit exclue, le
recruteur comme le candidat se dépensent sans compter pour mimer le naturel.
L’un tend des pièges et l’autre s’efforce de les éviter. Au coeur d’un processus de
recrutement et des tests qui l’accompagne, La Gueule de l’emploi porte un regard
sur ce jeu implacable du chat et de la souris.
(cliquer ici pour voir)
15/03/2010 - Documentaire - Tokyo Freeters - Arte - Apparu dans la seconde moitié des années 1980, le terme freeter a
d'abord désigné les jeunes Japonais désireux de s'affranchir du modèle
traditionnel de dévouement à l'entreprise. Depuis, à l'image positive
véhiculée par ce vent de liberté s'est substituée la réalité plus
douloureuse de la précarité. Victimes de la morosité économique, les
nouveaux freeters cumulent les emplois et se réfugient dans les
cybercafés lorsqu'ils n'ont pas de toit. Dans une société où la
compétition s'apprend dès le plus jeune âge, beaucoup se sentent
coupables. Et si certains tentent de se révolter en organisant des
manifestations, la plupart d'entre eux choisissent de rester seuls avec
leur souffrance. (cliquer ici pour voir)
11/02/2009 - Documentaire - Travailler à en mourir - Infrarouge - France 2 - Derrière l’Ukraine et les USA, la France est le troisième pays où les
dépressions au travail sont les plus nombreuses. A travers trois
secteurs professionnels – la banque, les plateformes téléphoniques, la
sidérurgie –, le réalisateur Paul Moreira dissèque ces méthodes de
travail, de management, d’organisation au pouvoir destructeur. Devant la
caméra, les témoignages d’hommes et de femmes écrasés, usés, brisés par
leur vie professionnelle. Travailler à en mourir, un documentaire Infrarouge poignant et alarmant. (cliquer ici pour voir)
Introduction
Il ne peut y avoir de 3ème guerre mondiale
et de vraies confrontations comme la guerre civile sans
l'appauvrissement voir la disparation de la classe moyenne. Cette
dernière étant
habituée et droguée au pouvoir d'achat, à la sécurité et à
l'individualisme, avec de la croissance générée par de l'endettement sur
tous les niveaux. Les pertes seront refoulées dans la
plupart des cas, car le changement se faisant par petites touches et sur
des années pendant les crises. Le problème étant l'accumulation des refoulements au
fur et à mesure du temps, engendrant inconsciemment frustration, souffrance, stress
ou anxiété, prises de "médicaments" antidépresseur ou de drogues. Sans un minimum de
questionnement et d'analyse sur soi et sur le monde, les
personnes les plus fragiles peuvent alors s'enfoncer dans des dépressions psychologiques
profondes, la haine ou la folie...ou mort volontaire.
Comme tout ce qui monte redescend irrémédiablement, dans des systèmes artificiels "à la Ponzi" où jamais personne ne se pose de questions ou ne remet en cause quoi que ce soit, vivant de superficialité, de choses dites à la mode, de belles chansons, de matchs de foot et de films à dormir debout, alors, la destruction et les crises qui se produisent ensuite se déroulent "naturellement", la base n'étant pas solide et dynamitée dès le départ de la construction.
Comme la classe moyenne actuelle a émergé pendant les "30 glorieuses", ou plutôt pendant la période de reconstruction après le plus grand chaos de l'histoire, nous pouvons aussi faire le parallèle avec le problème des générations, les "vieilles" classes moyennes vivant "sur le dos" des plus jeunes (retraite, rentes, loyers, immobilier excessif etc...). Est ce normal de faire payer le coût, les intérêts ou le remboursement d'un emprunt aux générations suivantes? De plus comment garantir des retraites à de millions de baby-boomers qui doivent être payées par des millions de chômeurs, jeunes pour une grande majorité?
Toutes les personnes concernées qu'elles soit jeunes ou âgées seront majoritairement prêt psychologiquement pour la guerre, la demanderont même lorsque la propagande commencera vraiment.
L'identité et l'éducation sont des concepts centraux et très important. Si nous considérons que la solution de tous les problèmes réside dans la construction d'un monde où chacun à la garantie que "tout le monde pense à tout le monde" et que de ce fait, chaque personne n'a plus besoin de penser à sa propre personne, alors, toutes les identités au sens large disparaitront...ou du moins seront totalement transformées.
Minuit Moins Une
15/11/2012 - Les retraites pourront-elles être payées ces prochaines années?
A
l’heure où l’économie mondiale s’enfonce inexorablement dans une crise
profonde et durable, où la financiarisation du capitalisme fait
apparaître des brèches toujours plus béantes, et où les gouvernements
semblent de moins en moins aptes à faire face aux amas de dettes
accumulés depuis 60 ans, la promesse d’une retraite future pourrait bien
être anéantie par un retour à la réalité plus rapide et plus douloureux
que prévu, car qui a compris que le système des retraites fonctionne en
réalité selon un schéma de Ponzi (autrement appelé entreprise
pyramidale) a déjà fait le deuil de son ex-future retraite.
Promesses
Le système des retraites tel que nous le connaissons aujourd’hui en France (système quasi identique dans l’ensemble des pays développés), voit le jour en octobre 1945 avec la création de la Sécurité Sociale, ordonnance n°45-2250. Il s’agit d’un système basé sur la solidarité intergénérationnelle où les actifs paient pour les retraités, avec en échange, la promesse de recevoir plus tard le même soutien de la part des générations suivantes, ou comme le dit l’ordonnance de 1942 : « les cotisations des actifs servent à payer immédiatement les retraites, tout en leur ouvrant des droits pour leur future retraite ». Contrairement aux idées reçues donc, les cotisations versées ne sont pas « mises en épargne » par la Sécurité Sociale ou par les caisses complémentaires, pour être reversées ensuite à la personne qui a cotisé, mais utilisées instantanément par ces organismes pour rémunérer les personnes qui sont déjà à la retraite. Il s’agit d’un droit, qui lui-même, peut être modifié par la loi à tout moment. Le droit à retraite est par conséquent une promesse qui peut ou ne pas s’appliquer. C’est le cas actuellement avec le droit au logement, qui ne s’applique que dans de très rares cas. Pourquoi en serait-il autrement avec le droit à retraite ? Comprendre que le droit à retraite est une promesse infondée, c’est comprendre que le Père Noël n’existe pas et que si demain papa et maman (Sécurité Sociale et caisses complémentaires) n’ont plus les moyens de « jouer » au Père Noël alors c’est la fête de Noël qui disparaît, et les cadeaux (pensions) avec.
Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, le système par répartition (système choisi par le régime de Vichy en 1941) est préféré au système par capitalisation car considéré comme plus stable. L’âge de la retraite est alors prévu à 65 ans. Rapidement, les pensions s’avèrent insuffisantes et des caisses complémentaires, dont l’adhésion n’est d’abord pas obligatoire, voient le jour afin de compléter les pensions versées aux retraités. Au début des années 1970, les cotisations aux régimes complémentaires sont rendues obligatoires pour tous les salariés du secteur privé, le taux de liquidation de la pension à 65 ans passe de 40% à 50%, les femmes ayant élevés 2 enfants se voient bénéficier d’une majoration de leur durée d’assurance, et les régimes d’artisans et de commerçants sont alignés sur le régime général. En 1982, l’âge de départ à la retraite est avancé à 60 ans pour tous les assurés totalisant 37,5 années de cotisations. Dans les années 1970-80, les promesses se multiplient donc sans que personne ou presque (à l’exception de Pierre Laroque et de quelques autres) ne remette en question la faisabilité et la viabilité à long terme de ces promesses, malgré l’allongement régulier de la durée de vie (et donc l’augmentation importante de la facture sanitaire) et l’anticipation prévisible du départ massif des baby-boomers à la retraite au début du XXIème siècle. Ceci étant, on est en droit de se demander si la hausse de productivité, et donc de richesse, observée depuis 30 ans ne vient pas compenser la hausse des coûts liés au vieillissement de la population. Il s’agirait alors d’un problème de répartition des richesses et non plus d’un problème démographique. Quoi qu’il en soit, ceci ne change rien aux desseins des gouvernements des pays développés, qui cherchent par tous les moyens à réduire les dépenses liées aux retraites.
Illusions
De promesses en promesses, c’est l’illusion des peuples qui va crescendo, peuples qui continuent d’espérer, qui acceptent de voir s’effacer les promesses du passé pour ainsi maintenir un droit à retraite qui n’a de droit que le nom, car cette promesse de récompense pour un travail parfois ingrat et souvent pénible ne se perpétue que pour maintenir l’économie à flot, puisque un niveau d’épargne trop important et un niveau de consommation trop insuffisant entraîneraient des déséquilibres trop brusques qui ne permettraient pas au système économique actuel de maintenir ses propres illusions. Croire à la retraite, c’est croire que la vie d’après sera meilleure que la vie d’aujourd’hui, c’est également croire à la pérennité d’un système économique, qui comme toute chose sur Terre ne voit le jour que pour mieux disparaître. Le problème, c’est qu’à force de revenir sur les promesses du passé, on finit par revenir sur la promesse de départ, à savoir le droit à retraite pour tous. En réalité, nos économies sont tellement endettées qu’elles n’ont plus les moyens de financer nos illusions et que tôt ou tard il faudra bien que la vérité éclate au grand jour comme cela fut le cas lorsque les investisseurs du Bernard L. Madoff Investment Securities LLC voulurent retirer leurs fonds. Car contrairement à ce nom rassurant, le fonds d’investissement de Bernard Madoff n’était ni un fonds d’investissement (Investment), ni un fonds sécurisé (Securities). C’est la même chose avec la Sécurité Sociale et les caisses complémentaires : la Sécurité Sociale n’a de sécurité que le nom (il ne s’agit que d’une promesse et donc d’une illusion). Quant aux caisses complémentaires, elles sont en réalité vides. Il s’agit donc du plus grand schéma de Ponzi sur Terre, de la plus grande escroquerie de tous les temps.
Schéma de Ponzi
Charles Ponzi, qui donna son nom au schéma du même nom, était à la tête de la Securities Exchange Company, qui une fois n’est pas coutume n’avait de sécurisé que le nom (Securities). Il proposait aux investisseurs un taux de rendement de 50% sur 45 jours via l’achat de coupons de poste. L’argent des nouveaux entrants servait à rémunérer les sortants, si bien que temps que le nombre des nouveaux entrants était supérieur au nombre des sortants, le système était viable. En revanche, lorsque les investisseurs commencèrent à quitter le système de Ponzi, celui-ci s’effondra sur lui-même et Charles Ponzi fut arrêté. C’est exactement la même chose avec la Sécurité Sociale, les nouveaux entrants (actifs) paient actuellement pour les sortants (retraités). Mais on l’a vu, lorsque les sortants (baby-boomers) seront plus nombreux que les nouveaux entrants (baby-busters), alors c’est la promesse et l’illusion qui s’effondreront en même temps, mais il n’y aura alors plus de coupables puisque tout le monde est coupable dans cette histoire. C’est l’escroquerie parfaite. Quant aux retraites complémentaires, PERP, rachat des années d’études, et sur-cotisations, il s’agit ni plus ni moins que d’un dérivé de la première promesse qui ne garantit en rien que l’argent versé aujourd’hui réapparaîtra un jour, à moins que cet argent ne réapparaisse sous forme de monnaie totalement dévaluée, et donc sans aucune valeur.
La promesse d’hier n’est que l’illusion d’aujourd’hui, l’illusion d’aujourd’hui n’est que la frustration de demain, alors mieux vaut avoir conscience aujourd’hui des réalités de demain.
Kracheconomique - AgoraVox - 01/07/2010
09/09/2012 - La NINJA génération
NINJA
Generation ? Eh oui, la cohorte des 15 à 30 ans. NINJA, un acronyme
pour « No Income, No Job, No Asset » (pas de revenu, pas d’emploi, pas
d’actifs). Tirée du film « Wall Street – Money Never Sleeps », cette
expression résume fort bien le sentiment de cette génération confrontée à
l’explosion du chômage, à la précarité de l’emploi et à la médiocrité
financière. À quoi peut et doit s’attendre cette génération ?
- un niveau de vie médiocre ;
- un salaire médiocre ;
- des impôts élevés.
Avec le concours des instances gouvernementales et des entrepreneurs, on a réussi à faire passer cet état des choses comme étant la nouvelle normalité. Bienvenue dans le monde réel ! Soudainement, on se rend compte que les jeux vidéo étaient une perte de temps, que tout le monde se fout du nombre de « followers » que vous avez sur Twitter, et que tout le monde n’en a rien à cirer du nombre d’amis que vous avez sur Facebook.
Cette génération, tout comme les précédentes, a cru que le passage à l’université ou les collèges spécialisés allait lui ouvrir les portes du marché du travail. Ce qu’ils ont vraiment découvert, dans les pays où l’accès à l’université n’est pas gratuit ou subventionné en partie par l’État, ce sont des emprunts pour pouvoir étudier, avec en prime, à la sortie, peu de connaissances pertinentes pour pouvoir fonctionner dans une société tournée vers la performance, la consommation et la production de rebuts. Ne l’oublions pas, aujourd’hui, ce n’est plus l’expérience ou le talent qui compte, ce sont les compétences. Cette génération croit encore au rêve américain : vous fréquentez l’université, vous décrochez un bon emploi, vous fondez une famille, vous achetez une maison, et vous voyagez. Tout ça était encore vrai il y a vingt ou trente ans. Ce rêve est maintenant hors d’atteinte pour la majorité des représentants de la NINJA Generation.
Zygmunt Bauman a eu cette réflexion intéressante à propos de ce problème : « L’une des recommandations le plus communément proposées aux jeunes est d’être flexibles, et pas spécialement difficiles, de ne pas attendre trop de leurs emplois, de les prendre comme ils viennent, sans trop se poser de questions, et de les considérer comme une opportunité dont il faut profiter sur le moment tant qu’elle dure, plutôt qu’un chapitre d’introduction à un projet de vie, une question d’estime et de définition de soi, ou une garantie de sécurité à long terme.[1] »
En fait, l’idée est simple : vous devez consacrer votre énergie à vous assurer d’avoir un emploi assuré que vous ne savez même pas sûr. Mais tout n’est pas perdu ! Vous pouvez vous débattre pour vous sortir de cette situation. Après tout, n’êtes-vous pas des Ninjas ?[2]
Pierre Fraser Blog - Mai 2012
[1] Bauman, Zygmunt, Vies perdues – La modernité et ses exclus, Paris, Payot, 2006, p. 26.
[2] Dixit Gordon Gekko, personnage central du film « Wall Street – Money Never Sleeps ».
23/08/2012 - La classe moyenne des États-Unis vit « sa pire décennie de l'histoire moderne »
Un nouveau rapport publié mercredi affirme que la classe moyenne des États-Unis vit « sa pire décennie de l'histoire moderne » et que sa part du revenu national a baissé pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale.
Selon l'étude menée par le Pew Research Center, 85 % des Américains de la classe moyenne trouvent qu'il est aujourd'hui plus difficile qu'il y a 10 ans de maintenir leur niveau de vie. Le rapport affirme qu'ils ont perdu confiance en l'avenir.
La
part du revenu de la classe moyenne a été surpassée par celle des plus
riches, alors que les revenus médians stagnent et que la richesse se
concentre au sommet.
Environ la moitié des adultes américains considèrent qu'ils font partie de la « classe moyenne », avec des revenus allant de 39 000 $US à 118 000 $US.
Trois ans après la fin officielle de la récession, les Américains de la classe moyenne éprouvent encore des difficultés économiques. La plupart d'entre eux ont déclaré avoir été forcés de réduire leurs dépenses au cours de l'année écoulée.
Ils sont de moins en moins nombreux à penser que le fait de travailler fort leur permettra d'avancer dans la vie. Les familles ont de plus en plus tendance à penser que l'avenir économique de leurs enfants sera le même que le leur, voire pire.
« Le marché de l'emploi change, notre niveau de vie baisse, et les parents aux revenus moyens ont maintenant peur que l'avenir de leurs enfants soit pire que le leur », a expliqué Timothy Smeeding, professeur d'économie spécialisé dans les inégalités de revenus à l'Université du Wisconsin à Madison.
Il explique que plusieurs familles de la classe moyenne se sont appauvries au cours de la dernière décennie avec la hausse du coût des soins de santé, la disparition des emplois à salaire moyen à cause de l'automatisation et de la sous-traitance, ainsi que la hausse des droits de scolarité.
Pendant ce temps, les familles plus aisées s'en sortent mieux en ce qui concerne leur valeur nette, parce qu'elles sont moins dépendantes que les autres de la valeur des propriétés immobilières, qui reste restreinte après l'effondrement du secteur. Les Américains les plus riches sont plus susceptibles d'investir en Bourse, qui a été plus rapide à se relever de la crise.
« C'est une classe moyenne insatisfaite qui travaille fort et qui respecte les règles de la société, mais qui voit de plus en plus sa situation décliner à cause de forces sur lesquelles elle n'a pas de contrôle », a expliqué M. Smeeding. « Peu importe qui est le président, la remontée de la classe moyenne sera lente et souvent douloureuse. »
Environ la moitié des adultes américains considèrent qu'ils font partie de la « classe moyenne », avec des revenus allant de 39 000 $US à 118 000 $US.
Trois ans après la fin officielle de la récession, les Américains de la classe moyenne éprouvent encore des difficultés économiques. La plupart d'entre eux ont déclaré avoir été forcés de réduire leurs dépenses au cours de l'année écoulée.
Ils sont de moins en moins nombreux à penser que le fait de travailler fort leur permettra d'avancer dans la vie. Les familles ont de plus en plus tendance à penser que l'avenir économique de leurs enfants sera le même que le leur, voire pire.
« Le marché de l'emploi change, notre niveau de vie baisse, et les parents aux revenus moyens ont maintenant peur que l'avenir de leurs enfants soit pire que le leur », a expliqué Timothy Smeeding, professeur d'économie spécialisé dans les inégalités de revenus à l'Université du Wisconsin à Madison.
Il explique que plusieurs familles de la classe moyenne se sont appauvries au cours de la dernière décennie avec la hausse du coût des soins de santé, la disparition des emplois à salaire moyen à cause de l'automatisation et de la sous-traitance, ainsi que la hausse des droits de scolarité.
Pendant ce temps, les familles plus aisées s'en sortent mieux en ce qui concerne leur valeur nette, parce qu'elles sont moins dépendantes que les autres de la valeur des propriétés immobilières, qui reste restreinte après l'effondrement du secteur. Les Américains les plus riches sont plus susceptibles d'investir en Bourse, qui a été plus rapide à se relever de la crise.
« C'est une classe moyenne insatisfaite qui travaille fort et qui respecte les règles de la société, mais qui voit de plus en plus sa situation décliner à cause de forces sur lesquelles elle n'a pas de contrôle », a expliqué M. Smeeding. « Peu importe qui est le président, la remontée de la classe moyenne sera lente et souvent douloureuse. »
La classe moyenne
Le Bureau américain du recensement définit la « classe moyenne » comme une famille de trois personnes qui gagne un revenu allant de 39 418 $US à 118 255 $US. Selon cette définition, environ 51 % des adultes américains font partie de la classe moyenne, comparativement à 61 % en 1971.
En 1970, la classe moyenne représentait 62 % du revenu national, contre 29 % pour les plus riches. Mais en 2010, la classe moyenne représentait 45 % du revenu national, comparativement à 46 % pour les plus riches.
Radio Canada
13/01/2012 - 25 faits sur la crise des baby-boomers qui arrive
Pendant des décennies, on nous avait prévenus que lorsque les baby-boomers commenceraient à prendre leur retraite, ce pays serait confronté à une crise des retraites d’une ampleur inégalée. Eh bien, ce jour est arrivé mesdames et messieurs. Depuis le 1er Janvier, les baby-boomers commencent à prendre leur retraite et plus de 10.000 d’entre eux prendront leur retraite chaque jour dans les années à venir. La plupart d’entre eux n’ont pas économisé assez d’argent pour leur retraite.
Dans le même temps, partout les régimes de retraite du secteur privé n’y arrivent plus, des centaines de plans de retraite de l’ Etat ou des gouvernement locaux, d’un océan à l’autre, sont terriblement sous-financés, et le système de sécurité sociale va vers une catastrophe complète et totale. Une vague massive de l’humanité est frappée à l’âge de la retraite, à un moment historique où l’économie américaine arrive en lambeaux.
« Les faits suivants sont 25 faits amers et douloureux de la crise à venir de la retraite des « Baby Boomer » qui va vous souffler entre les oreilles ….
# 1 Selon l’Institut de recherche sur les revenus des employés, 46% de tous les travailleurs américains ont moins de 10.000 $ enregistrés pour la retraite, et 29% de tous les travailleurs américains ont moins de 1000 $ enregistrés pour la retraite.
# 2 Selon un récent sondage mené par les Américains pour une retraite sécurisée, 88% de tous les Américains sont préoccupés par «le maintien d’un niveau de vie confortable à la retraite ». L’année dernière, ce chiffre était de 73%.
# 3 Une étude menée par le Centre de recherche sur la retraite, du collège de Boston, a révélé qu’il manque aux travailleurs américains 6,6 trillions de dollars, en de ça de ce dont ils ont besoin pour une retraite confortable.
# 4 Aujourd’hui, un Américain âgé sur six vit en dessous du seuil fédéral de pauvreté.
# 5 Le 1er janvier 2011, les tout premiers Baby Boomers ont commencé à prendre leur retraite. Pendant presque les 20 prochaines années, plus de 10.000 baby-boomers prendront leur retraite chaque jour.
# 6 A l’heure actuelle, seulement 13% environ de tous les Américains ont 65 ans ou plus. En 2030, ce nombre s’élèvera à 18%.
# 7 A l’heure actuelle, il y a environ 40 millions de citoyens seniors. En 2050, ce nombre devrait augmenter à 89 millions.
# 8 Retour en 1991 : la moitié de tous les travailleurs américains prévoyaient de prendre leur retraite avant d’avoir atteint l’âge de 65 ans. Aujourd’hui, ce nombre a diminué de 23%.
#9 Selon un récent sondage, 74 % des travailleurs américains s’attendent à continuer à travailler une fois qu’ils seront «à la retraite. »
# 10 Selon une enquête récente de l’AARP (association américaine d’aide bénévole aux retraités) sur les baby-boomers, 40 % d’entre eux envisagent de travailler «jusqu’à ce qu’ils tombent. »
# 11 Un sondage mené par « Debt Solutions CESI » a révélé que 56 % des retraités américains avaient encore des dettes au moment de leur retraite.
# 12 Une étude réalisée par un professeur de droit de l’Université du Michigan a révélé que les Américains qui sont âgés de 55 ans ou plus comptent maintenant pour 20% de toutes les faillites aux États-Unis. Retour en 2001 : ils ne représentaient que 12 % de toutes les faillites.
# 13 Entre 1991 et 2007 le nombre d’Américains âgés de 65 à 74 ayant fait faillite a augmenté à un rythme stupéfiant de 178%.
# 14 Quelle est la cause la plupart de ces faillites chez les personnes âgées? La cause numéro un ce sont les factures médicales. Selon un rapport publié dans « Le journal américain de médecine », les factures médicales sont un facteur majeur dans plus de 60 % des faillites personnelles aux États-Unis. Parmi ces faillites qui ont été causés par des factures médicales, environ 75% d’entre eux concernaient des personnes qui étaient réellement couvertes par une assurance maladie.
# 15 Les fonds de retraite publics partout aux Etats-Unis sont terriblement sous-financés. Par exemple, il a été rapporté que le système retraite des enseignants de l’Illinois, de 33,7 milliards de dollars, est sous-financé de 61%, et est sur le point de s’effondrer complètement.
# 16 La plupart des États américains ont d’énormes dettes de retraite en obligations, qui menacent de les mettre en faillite.
# 17 Robert Novy-Marx de l’Université de Chicago et Joshua D. Rauh de l’ Ecole Northwestern Kellog de management ont calculé les pensions de retraite combinées pour tous les 50 états américains. Ils ont trouvé que 50 États sont collectivement confrontés à 5,17 billions de dollars en engagements de retraite, mais n’ont que 1,94 billions de dollars mis de côté dans des fonds de pension de l’Etat. C’est-à-dire une différence de 3,2 billions de dollars. Alors, d’où viendra dans le monde, tout cet argent supplémentaire ?
# 18 Selon le Bureau du budget du Congrès, le système de sécurité sociale a versé plus de prestations qu’il n’a reçu en charges sociales en 2010. Cela n’était pas censé se produire avant au moins 2016. Malheureusement, dans les années à venir ces «déficits de la sécurité sociale» sont prévus pour devenir absolument cauchemardesques alors que des hordes de baby-boomers prennent leur retraite.
# 19 En 1950, chaque pension de retraite de la sécurité sociale était payée par 16 travailleurs américains. Selon les nouvelles données du Bureau des statistiques du travail des États-Unis, il y a maintenant seulement 1,75 travailleur à temps plein du secteur privé pour chaque personne qui reçoit des prestations de sécurité sociale aux Etats-Unis.
# 20 Le gouvernement américain affirme maintenant que le fonds d’assurance-maladie de soutien va se mettre en place cinq ans plus tôt que prévu juste l’an dernier.
# 21 Le coût total de seulement trois programmes du gouvernement fédéral – le ministère de la Défense, de la Sécurité sociale et du système de santé - a dépassé de 10 milliards de dollars le montant total des impôts apporté lors de l’exercice 2010. Dans les années à venir la projection des dépenses liées à la sécurité sociale et au système de santé va monter en flèche de façon spectaculaire.
# 22 La société de garantie d’allocation de pension (PBGC) est l’organisme du gouvernement fédéral qui verse des prestations de retraite mensuelle à des centaines de milliers de retraités qui étaient couverts par des régimes de retraite à prestations déterminées qui ont échoué. La crise de la retraite a à peine commencé et le PBGC est déjà complètement fauchée. Le PBGC dit qu’il a enregistré un déficit de 26 milliards de dollars durant l’exercice qui vient de se terminer et qu’il aura probablement besoin d’un renflouement énorme provenant du gouvernement fédéral.
# 23 Selon un sondage réalisé par « careerbuilder.com », 36% de tous les Américains disent qu’ils ne cotisent plus rien du tout en matière d’épargne-retraite.
# 24 Plus de 30% de tous les investisseurs aux États-Unis qui sont actuellement dans la soixantaine ont plus de 80% de leurs plans 401k investis en actions. Alors, que va-t-il leur arriver en cas de krachs boursiers?
# 25 Un sondage effectué plus tôt cette année a révélé que 20 % de tous les travailleurs américains ont admis qu’ils avaient reporté leur âge de retraite prévu au moins une fois au cours des 12 derniers mois. Retour en 2008 : ce nombre était seulement de 14% ».
« Les faits suivants sont 25 faits amers et douloureux de la crise à venir de la retraite des « Baby Boomer » qui va vous souffler entre les oreilles ….
# 1 Selon l’Institut de recherche sur les revenus des employés, 46% de tous les travailleurs américains ont moins de 10.000 $ enregistrés pour la retraite, et 29% de tous les travailleurs américains ont moins de 1000 $ enregistrés pour la retraite.
# 2 Selon un récent sondage mené par les Américains pour une retraite sécurisée, 88% de tous les Américains sont préoccupés par «le maintien d’un niveau de vie confortable à la retraite ». L’année dernière, ce chiffre était de 73%.
# 3 Une étude menée par le Centre de recherche sur la retraite, du collège de Boston, a révélé qu’il manque aux travailleurs américains 6,6 trillions de dollars, en de ça de ce dont ils ont besoin pour une retraite confortable.
# 4 Aujourd’hui, un Américain âgé sur six vit en dessous du seuil fédéral de pauvreté.
# 5 Le 1er janvier 2011, les tout premiers Baby Boomers ont commencé à prendre leur retraite. Pendant presque les 20 prochaines années, plus de 10.000 baby-boomers prendront leur retraite chaque jour.
# 6 A l’heure actuelle, seulement 13% environ de tous les Américains ont 65 ans ou plus. En 2030, ce nombre s’élèvera à 18%.
# 7 A l’heure actuelle, il y a environ 40 millions de citoyens seniors. En 2050, ce nombre devrait augmenter à 89 millions.
# 8 Retour en 1991 : la moitié de tous les travailleurs américains prévoyaient de prendre leur retraite avant d’avoir atteint l’âge de 65 ans. Aujourd’hui, ce nombre a diminué de 23%.
#9 Selon un récent sondage, 74 % des travailleurs américains s’attendent à continuer à travailler une fois qu’ils seront «à la retraite. »
# 10 Selon une enquête récente de l’AARP (association américaine d’aide bénévole aux retraités) sur les baby-boomers, 40 % d’entre eux envisagent de travailler «jusqu’à ce qu’ils tombent. »
# 11 Un sondage mené par « Debt Solutions CESI » a révélé que 56 % des retraités américains avaient encore des dettes au moment de leur retraite.
# 12 Une étude réalisée par un professeur de droit de l’Université du Michigan a révélé que les Américains qui sont âgés de 55 ans ou plus comptent maintenant pour 20% de toutes les faillites aux États-Unis. Retour en 2001 : ils ne représentaient que 12 % de toutes les faillites.
# 13 Entre 1991 et 2007 le nombre d’Américains âgés de 65 à 74 ayant fait faillite a augmenté à un rythme stupéfiant de 178%.
# 14 Quelle est la cause la plupart de ces faillites chez les personnes âgées? La cause numéro un ce sont les factures médicales. Selon un rapport publié dans « Le journal américain de médecine », les factures médicales sont un facteur majeur dans plus de 60 % des faillites personnelles aux États-Unis. Parmi ces faillites qui ont été causés par des factures médicales, environ 75% d’entre eux concernaient des personnes qui étaient réellement couvertes par une assurance maladie.
# 15 Les fonds de retraite publics partout aux Etats-Unis sont terriblement sous-financés. Par exemple, il a été rapporté que le système retraite des enseignants de l’Illinois, de 33,7 milliards de dollars, est sous-financé de 61%, et est sur le point de s’effondrer complètement.
# 16 La plupart des États américains ont d’énormes dettes de retraite en obligations, qui menacent de les mettre en faillite.
# 17 Robert Novy-Marx de l’Université de Chicago et Joshua D. Rauh de l’ Ecole Northwestern Kellog de management ont calculé les pensions de retraite combinées pour tous les 50 états américains. Ils ont trouvé que 50 États sont collectivement confrontés à 5,17 billions de dollars en engagements de retraite, mais n’ont que 1,94 billions de dollars mis de côté dans des fonds de pension de l’Etat. C’est-à-dire une différence de 3,2 billions de dollars. Alors, d’où viendra dans le monde, tout cet argent supplémentaire ?
# 18 Selon le Bureau du budget du Congrès, le système de sécurité sociale a versé plus de prestations qu’il n’a reçu en charges sociales en 2010. Cela n’était pas censé se produire avant au moins 2016. Malheureusement, dans les années à venir ces «déficits de la sécurité sociale» sont prévus pour devenir absolument cauchemardesques alors que des hordes de baby-boomers prennent leur retraite.
# 19 En 1950, chaque pension de retraite de la sécurité sociale était payée par 16 travailleurs américains. Selon les nouvelles données du Bureau des statistiques du travail des États-Unis, il y a maintenant seulement 1,75 travailleur à temps plein du secteur privé pour chaque personne qui reçoit des prestations de sécurité sociale aux Etats-Unis.
# 20 Le gouvernement américain affirme maintenant que le fonds d’assurance-maladie de soutien va se mettre en place cinq ans plus tôt que prévu juste l’an dernier.
# 21 Le coût total de seulement trois programmes du gouvernement fédéral – le ministère de la Défense, de la Sécurité sociale et du système de santé - a dépassé de 10 milliards de dollars le montant total des impôts apporté lors de l’exercice 2010. Dans les années à venir la projection des dépenses liées à la sécurité sociale et au système de santé va monter en flèche de façon spectaculaire.
# 22 La société de garantie d’allocation de pension (PBGC) est l’organisme du gouvernement fédéral qui verse des prestations de retraite mensuelle à des centaines de milliers de retraités qui étaient couverts par des régimes de retraite à prestations déterminées qui ont échoué. La crise de la retraite a à peine commencé et le PBGC est déjà complètement fauchée. Le PBGC dit qu’il a enregistré un déficit de 26 milliards de dollars durant l’exercice qui vient de se terminer et qu’il aura probablement besoin d’un renflouement énorme provenant du gouvernement fédéral.
# 23 Selon un sondage réalisé par « careerbuilder.com », 36% de tous les Américains disent qu’ils ne cotisent plus rien du tout en matière d’épargne-retraite.
# 24 Plus de 30% de tous les investisseurs aux États-Unis qui sont actuellement dans la soixantaine ont plus de 80% de leurs plans 401k investis en actions. Alors, que va-t-il leur arriver en cas de krachs boursiers?
# 25 Un sondage effectué plus tôt cette année a révélé que 20 % de tous les travailleurs américains ont admis qu’ils avaient reporté leur âge de retraite prévu au moins une fois au cours des 12 derniers mois. Retour en 2008 : ce nombre était seulement de 14% ».
Theeconomiccollapseblog - Laitman
11/12/2011 - Les esclaves du travail
11/12/2011 - Vidéo documentaire: La gueule de l'emploi
France 2 a diffusé jeudi soir 6 octobre à 23 h 30, dans l'émission "Infrarouge", un documentaire sur les méthodes employées par l'assureur GAN pour recruter sa "force de vente" intitulé "La Gueule de l'emploi" Le réalisateur, Didier Cros a filmé, sans commentaires, une session collective de recrutement de deux journées, pendant laquelle dix candidats passent différentes épreuves : jeux de rôles, tests et enfin, pour les trois candidats sélectionnés, entretiens individuels, aboutissant à deux embauches.
Quinze jours après, le réalisateur a recueilli les commentaires des candidats, heureux ou malheureux, sur cette expérience : ces témoignages entrecoupent les séances "live" de la session de recrutement.
A priori, rien de plus banal pour tout salarié ou demandeur d'emploi passé par ce type d'épreuve, ou pour tout recruteur qui applique des méthodes plus ou moins classiques pour "tester" les candidats.
EN TOUTE LIBERTE
Didier Cros a d'ailleurs pu filmer en toute liberté parce que, dit-il, "le cabinet RST Conseil et le GAN voyaient plutôt d'un bon oeil la publicité qu'ils pourraient retirer de l'exposé de leurs méthodes de recrutement". On n'apprend donc pas grand-chose d'inédit dans le film. Pourtant celui-ci produit un choc terrible.
Il met en effet en évidence un processus de déshumanisation...des ressources humaines, consistant à valoriser et à susciter les comportements agressifs, individualistes, la guerre de tous contre tous, aux dépens de toute solidarité ou de toute empathie.
Surtout, il montre que ce processus obtient la complicité de tous, candidats et recruteurs, à sa réalisation. Le tout au nom du fait, pour les candidats, qu'il faut trouver un emploi à tout prix et, pour les recruteurs, que "ce sera encore plus dur dans le monde du travail".
Les germes de la fameuse "crise du travail" - divorce croissant entre salariés et dirigeants, entre valeurs humaines et exigences de l'entreprise, entre vie privée et vie professionnelle - sont ainsi présents dès la procédure de recrutement.
Didier Cros réfute l'argument selon lequel la situation qu'il a filmé serait une exception. "J'ai rencontré une trentaine de cabinets au cours de l'enquête de repérage, explique-t-il. Cinq ou six étaient d'accord pour me laisser filmer leurs activités, nombre d'entre eux avaient des méthodes bien pires que celles montrées dans le documentaire. J'ai choisi RST Conseil parce qu'ils avaient une pratique moins discriminante que beaucoup d'autres, afin d'avoir une diversité des candidats, et aussi parce qu'ils associaient le client à la procédure dès le début, ce qui me permettait de filmer toute la chaîne du recrutement d'un seul coup".
PREVENUS ET CONSENTANTS
A aucun moment, dit-il, les acteurs de la session n'ont modifié ou interrompu le fil des événements à cause de la présence des quatre caméras qui les filmaient sans discontinuer. "L'enjeu de l'embauche était en effet supérieur à celui du tournage", commente-t-il, "alors que tous les participants étaient prévenus et consentants".
Ce n'est qu'après la diffusion du film sur RTBF, la chaîne belge francophone, le 19 septembre, et au vu des commentaires dans la presse et sur Internet, que RST et le GAN ont réalisé l'impact réel du film, rapporte Didier Cros. "Ils ont même pensé que j'avais manipulé les images. Mais lorsque je leur ai alors projeté le film, avant la diffusion sur France 2, ils ont été... rassurés !"
Ce qui laisse rêveur sur le degré d'intériorisation de pratiques et de comportements qui, dans un autre contexte que celui du recrutement et, hélas, de l'activité professionnelle, seraient jugés inacceptables par les intéressés eux-mêmes !
La diffusion de ce documentaire a en tous cas déjà causé une certaine ébullition dans le milieu du recrutement (cf le site d'Alain Gavand, qui dirige le cabinet du même nom et a lancé l'association "A compétences égales", dont l'objectif est d'améliorer les pratiques de la profession en particulier contre la discrimination). "Il est assez scandaleux de voir les concurrents de RST se déchaîner contre ce cabinet, alors qu'ils participent de la même façon au processus décrit dans le film", remarque Didier Cros.
REVISER LES PROCEDURES D'EMBAUCHE
La réaction la plus saine ne serait-elle pas plutôt, de la part des directions de ressources humaines qui, comme celle du GAN, procèdent à des centaines, voire des milliers de recrutements par an, de réviser totalement leurs procédures d'embauche, et de s'interroger également sur la généralisation, consciente ou non, de pratiques manageriales qui minent la confiance et l'engagement des salariés et, en définitive, l'image et la performance de l'entreprise ?
Dans les coulisses cruelles d'une session de recrutement
La comédie de la cruauté du travail » : c'est ainsi que Didier Cros résume la session de recrutement collectif qui lui a fourni la matière de son (remarquable) film documentaire. Cette comédie-là (ou plutôt son premier acte, que le réalisateur appelle « la mécanique de l'embauche » et - déjà - « du conditionnement ») se joue habituellement à l'abri des regards. Il est vrai que ses ressorts ne sont pas du plus haut comique.
DIVISER, DÉSTABILISER, PARFOIS HUMILIER
D'un côté de la table, les membres du cabinet de recrutement et des représentants de la direction de l'entreprise ; en l'espèce, une grande compagnie d'assurances qui souhaite embaucher des commerciaux. Face à eux, dix candidats à un poste dont ils ne connaissent ni les contours précis ni la rémunération.
Les recruteurs s'enorgueillissent de ne pas avoir pris connaissance des CV des postulants. Ce qui est une manière de laisser sa chance à chacun mais, surtout, d'accentuer la pression sur les candidats. Parce que le poste requiert « combativité » et « sociabilité », ainsi qu'une « grande tolérance au stress, à la pression et à la frustration », les tests, menés deux jours durant, ne visent pas à évaluer leurs compétences, mais leur profil et leur personnalité. Tout est fait pour les diviser, les déstabiliser, parfois les humilier, dans un processus d'élimination qui rappelle « Le maillon faible ».
Chacun s'y soumet, à des degrés divers, tout en essayant vaille que vaille de préserver un minimum de dignité. La variété des réactions, reflet de la diversité des caractères, est passionnante à observer. Jusqu'où peut-on et doit-on aller pour décrocher un emploi ? Telle est la principale question que pose ce film. Etant entendu que la marge d'appréciation est inversement proportionnelle aux tensions existant sur le marché du travail...
Tout au long de la session, Hervé a affiché une désinvolture qui l'a préservé des méthodes employées... mais aussi de l'emploi escompté. « La liberté, ça n'a pas de prix, explique-t-il ultérieurement. C'est pour ça que je suis bien pauvre. Ça vaut tout l'or du monde, sauf que ça ne rapporte rien. » L'épilogue du documentaire montre qu'ici la contrainte et la soumission n'ont pas rapporté grand-chose à grand monde.
Jean-Baptiste de Montvalon - Blog le monde
06/10/2011 - Une génération instable a-t-elle surgi en Europe ?
Des voitures ont été brûlées en banlieue de Paris, des bagarres se sont produites dans le centre d'Athènes, des manifestations ont eu lieu à Madrid avec la participation de quelque dix mille personnes, et des troubles ont été rapportés à Londres. Du fait de la crise financière, l'Europe est en proie à une crise sociale si profonde que les jeunes européens ont de la peine à contenir leur colère.
Un professeur de l'Université de Bath en Grande-Bretagne a dit : la crise économique a fait naître une nouvelle couche dangereuse : une génération instable.
Les jeunes sont les premières victimes de la crise économique. A l'heure actuelle, le taux de chômage parmi les jeunes âgés d'entre 15 et 24 ans s'est élevé à 20,4%, soit une augmentation de plus de 30% par rapport à celui de 2008. Parmi les pays européens, la situation est la plus désastreuse en Slovénie et en Pologne : parmi les employés âgés de moins de 25 ans, 60% sont ceux à temps partiels. Et ce pourcentage a dépassé 50% en Allemagne, en France, en Suède, en Espagne et au Portugal. En Espagne, le salaire des jeunes âgés d'entre 16 et 19 ans ne représente que 45,5% de celui des adultes. Le salaire des jeunes âgés d'entre 20 et 24 ans ne représente que 60,7% de celui des personnes d'âge moyen.
La génération instable en Europe peut être divisée en trois catégories : un petit nombre de nécessiteux comme des voyous. Ils ont tendance à la criminalité. La deuxième catégorie : les jeunes ayant reçu une bonne éducation ont espéré pouvoir trouver un bon travail. Mais leur désir ne peut pas être satisfait. Pour la troisième catégorie, les jeunes salariés, qui avaient une expérience de travail, ont perdu leur position ancienne, du fait de la crise économique. Ils ont alors reporté leur colère sur les étrangers. Cette catégorie de personnes est vulnérable à la démagogie des éléments d'extrême droite et devient des facteurs dangereux susceptibles d'ébranler le mode social de l'Occident. Le vrai danger est la croissance de la xénophobie et des forces nationalistes hostiles à l'intégration de l'Europe.
La génération instable touche non seulement à la stabilité de l'Etat, mais aussi aux relations entre les jeunes et les personnes âgées. L'Europe a fourni un bon système de bien-être aux jeunes, les plaçant sous protection. Tant que ce système commençait à vaciller, les élites politiques qui vieillissent en Europe pensent d'abord à protéger les intérêts de leur génération. Ce qui ne peut qu'accroître le désespoir de la jeune génération. Les jeunes européens qui ont participé à une manifestation, ont porté une large banderole sur laquelle on lisait : « Nous ne sommes pas opposés au régime. C'est le régime qui ne nous aide pas ». Tenant compte que leur propre avenir est affecté, les jeunes européens ont commencé à s'interroger si les idées de la vieille génération conviennent encore ou non à la situation de nos jours. En fait, l'Europe devrait permettre aux jeunes de créer une occasion de se transformer et d'améliorer le système. Et cela est plus important que l'aide matérielle.
Quotidien du peuple en ligne
06/08/2011 - Cette classe moyenne israélienne qui peine à boucler ses fins de mois
Nota: Il serait intéressant de savoir si les forces derrières "les printemps arabes" sont aussi présentes dans le cas israéliens. La réponse est probablement affirmative.
05/03/2011 - Les classes moyennes américaines « à la dérive » ?
Nous
voyons au XXIe siècle que le monde a beaucoup changé. Les gens ont
l’habitude d’être beaucoup plus libres. Ils ont été entraînés dans un
tourbillon de travail et sont devenus des esclaves. Cela s’applique même
à la classe moyenne, aux employés des hautes technologies, aux
politiciens, aux économistes, aux chercheurs en sciences sociales et
politiques, et aux personnes de toutes professions. Chaque travailleur
est complètement assouvit par son travail. Nous sommes devenus des
esclaves.
Notre vie entière tourne autour du travail. Une personne moderne, ne passe pas beaucoup de temps à manger, à boire ou à se reposer tout en restant assis devant une télévision. Elle perd la plupart de son temps au travail et passe une heure ou deux en allers et retours. Ainsi, elle passe sa journée entière au travail.
Les entreprises organisent leurs propres centres de soins de jour et de retraites du groupe. Ils font tout leur possible pour lier leurs salariés encore plus fortement à leur lieu de travail. De cette façon, une personne devient un esclave à son cabinet. Elle ne comprend même pas qu’il y a autre chose que le travail. Le travail devient la chose la plus importante dans la vie et remplit complètement sa vie.
Lorsque nous rencontrons une connaissance, la première chose que nous demandons est l’endroit où vous travaillez, que faites-vous, et combien gagnez-vous. Essentiellement, nous ne les traitons pas comme des personnes, mais comme des professionnels. C’est comme si nous ne voyons pas la personne en face de nous. Nous ne lui demandons pas ce qui l’intéresse, ce qu’elle a vu et vécu, et où elle a été. C’est comme si son lieu de travail était plus important pour nous que la personne. La chose la plus importante est l’endroit où elle travaille et ce qu’elle fait.
Les principales préoccupations d’une personne sont de s’assurer qu’elle n’est pas renvoyée et qu’elle sera en mesure de trouver un emploi différent. Les entreprises envoient leurs salariés en la formation professionnelle. Tout tourne seulement autour du travail. Une personne passe au moins dix heures par jour au travail Ce n’est pas un style de vie sain pour tous.
Nous détruisons notre fondation, le globe sur lequel nous vivons, toutes nos ressources naturelles et notre écologie. Nous sommes comme des enfants qui ont perdu le chemin du temps pour jouer. Maintenant, notre mère a besoin de nous arrêter. Elle doit arrêter le jeu, nous disant que le temps est venu de faire autre chose, et nous sommes incapables d’arrêter.
Laitman
Notre vie entière tourne autour du travail. Une personne moderne, ne passe pas beaucoup de temps à manger, à boire ou à se reposer tout en restant assis devant une télévision. Elle perd la plupart de son temps au travail et passe une heure ou deux en allers et retours. Ainsi, elle passe sa journée entière au travail.
Les entreprises organisent leurs propres centres de soins de jour et de retraites du groupe. Ils font tout leur possible pour lier leurs salariés encore plus fortement à leur lieu de travail. De cette façon, une personne devient un esclave à son cabinet. Elle ne comprend même pas qu’il y a autre chose que le travail. Le travail devient la chose la plus importante dans la vie et remplit complètement sa vie.
Lorsque nous rencontrons une connaissance, la première chose que nous demandons est l’endroit où vous travaillez, que faites-vous, et combien gagnez-vous. Essentiellement, nous ne les traitons pas comme des personnes, mais comme des professionnels. C’est comme si nous ne voyons pas la personne en face de nous. Nous ne lui demandons pas ce qui l’intéresse, ce qu’elle a vu et vécu, et où elle a été. C’est comme si son lieu de travail était plus important pour nous que la personne. La chose la plus importante est l’endroit où elle travaille et ce qu’elle fait.
Les principales préoccupations d’une personne sont de s’assurer qu’elle n’est pas renvoyée et qu’elle sera en mesure de trouver un emploi différent. Les entreprises envoient leurs salariés en la formation professionnelle. Tout tourne seulement autour du travail. Une personne passe au moins dix heures par jour au travail Ce n’est pas un style de vie sain pour tous.
Nous détruisons notre fondation, le globe sur lequel nous vivons, toutes nos ressources naturelles et notre écologie. Nous sommes comme des enfants qui ont perdu le chemin du temps pour jouer. Maintenant, notre mère a besoin de nous arrêter. Elle doit arrêter le jeu, nous disant que le temps est venu de faire autre chose, et nous sommes incapables d’arrêter.
Laitman
11/12/2011 - Vidéo documentaire: La gueule de l'emploi
France 2 a diffusé jeudi soir 6 octobre à 23 h 30, dans l'émission "Infrarouge", un documentaire sur les méthodes employées par l'assureur GAN pour recruter sa "force de vente" intitulé "La Gueule de l'emploi" Le réalisateur, Didier Cros a filmé, sans commentaires, une session collective de recrutement de deux journées, pendant laquelle dix candidats passent différentes épreuves : jeux de rôles, tests et enfin, pour les trois candidats sélectionnés, entretiens individuels, aboutissant à deux embauches.
Quinze jours après, le réalisateur a recueilli les commentaires des candidats, heureux ou malheureux, sur cette expérience : ces témoignages entrecoupent les séances "live" de la session de recrutement.
A priori, rien de plus banal pour tout salarié ou demandeur d'emploi passé par ce type d'épreuve, ou pour tout recruteur qui applique des méthodes plus ou moins classiques pour "tester" les candidats.
EN TOUTE LIBERTE
Didier Cros a d'ailleurs pu filmer en toute liberté parce que, dit-il, "le cabinet RST Conseil et le GAN voyaient plutôt d'un bon oeil la publicité qu'ils pourraient retirer de l'exposé de leurs méthodes de recrutement". On n'apprend donc pas grand-chose d'inédit dans le film. Pourtant celui-ci produit un choc terrible.
Il met en effet en évidence un processus de déshumanisation...des ressources humaines, consistant à valoriser et à susciter les comportements agressifs, individualistes, la guerre de tous contre tous, aux dépens de toute solidarité ou de toute empathie.
Surtout, il montre que ce processus obtient la complicité de tous, candidats et recruteurs, à sa réalisation. Le tout au nom du fait, pour les candidats, qu'il faut trouver un emploi à tout prix et, pour les recruteurs, que "ce sera encore plus dur dans le monde du travail".
Les germes de la fameuse "crise du travail" - divorce croissant entre salariés et dirigeants, entre valeurs humaines et exigences de l'entreprise, entre vie privée et vie professionnelle - sont ainsi présents dès la procédure de recrutement.
Didier Cros réfute l'argument selon lequel la situation qu'il a filmé serait une exception. "J'ai rencontré une trentaine de cabinets au cours de l'enquête de repérage, explique-t-il. Cinq ou six étaient d'accord pour me laisser filmer leurs activités, nombre d'entre eux avaient des méthodes bien pires que celles montrées dans le documentaire. J'ai choisi RST Conseil parce qu'ils avaient une pratique moins discriminante que beaucoup d'autres, afin d'avoir une diversité des candidats, et aussi parce qu'ils associaient le client à la procédure dès le début, ce qui me permettait de filmer toute la chaîne du recrutement d'un seul coup".
PREVENUS ET CONSENTANTS
A aucun moment, dit-il, les acteurs de la session n'ont modifié ou interrompu le fil des événements à cause de la présence des quatre caméras qui les filmaient sans discontinuer. "L'enjeu de l'embauche était en effet supérieur à celui du tournage", commente-t-il, "alors que tous les participants étaient prévenus et consentants".
Ce n'est qu'après la diffusion du film sur RTBF, la chaîne belge francophone, le 19 septembre, et au vu des commentaires dans la presse et sur Internet, que RST et le GAN ont réalisé l'impact réel du film, rapporte Didier Cros. "Ils ont même pensé que j'avais manipulé les images. Mais lorsque je leur ai alors projeté le film, avant la diffusion sur France 2, ils ont été... rassurés !"
Ce qui laisse rêveur sur le degré d'intériorisation de pratiques et de comportements qui, dans un autre contexte que celui du recrutement et, hélas, de l'activité professionnelle, seraient jugés inacceptables par les intéressés eux-mêmes !
La diffusion de ce documentaire a en tous cas déjà causé une certaine ébullition dans le milieu du recrutement (cf le site d'Alain Gavand, qui dirige le cabinet du même nom et a lancé l'association "A compétences égales", dont l'objectif est d'améliorer les pratiques de la profession en particulier contre la discrimination). "Il est assez scandaleux de voir les concurrents de RST se déchaîner contre ce cabinet, alors qu'ils participent de la même façon au processus décrit dans le film", remarque Didier Cros.
REVISER LES PROCEDURES D'EMBAUCHE
La réaction la plus saine ne serait-elle pas plutôt, de la part des directions de ressources humaines qui, comme celle du GAN, procèdent à des centaines, voire des milliers de recrutements par an, de réviser totalement leurs procédures d'embauche, et de s'interroger également sur la généralisation, consciente ou non, de pratiques manageriales qui minent la confiance et l'engagement des salariés et, en définitive, l'image et la performance de l'entreprise ?
Dans les coulisses cruelles d'une session de recrutement
La comédie de la cruauté du travail » : c'est ainsi que Didier Cros résume la session de recrutement collectif qui lui a fourni la matière de son (remarquable) film documentaire. Cette comédie-là (ou plutôt son premier acte, que le réalisateur appelle « la mécanique de l'embauche » et - déjà - « du conditionnement ») se joue habituellement à l'abri des regards. Il est vrai que ses ressorts ne sont pas du plus haut comique.
DIVISER, DÉSTABILISER, PARFOIS HUMILIER
D'un côté de la table, les membres du cabinet de recrutement et des représentants de la direction de l'entreprise ; en l'espèce, une grande compagnie d'assurances qui souhaite embaucher des commerciaux. Face à eux, dix candidats à un poste dont ils ne connaissent ni les contours précis ni la rémunération.
Les recruteurs s'enorgueillissent de ne pas avoir pris connaissance des CV des postulants. Ce qui est une manière de laisser sa chance à chacun mais, surtout, d'accentuer la pression sur les candidats. Parce que le poste requiert « combativité » et « sociabilité », ainsi qu'une « grande tolérance au stress, à la pression et à la frustration », les tests, menés deux jours durant, ne visent pas à évaluer leurs compétences, mais leur profil et leur personnalité. Tout est fait pour les diviser, les déstabiliser, parfois les humilier, dans un processus d'élimination qui rappelle « Le maillon faible ».
Chacun s'y soumet, à des degrés divers, tout en essayant vaille que vaille de préserver un minimum de dignité. La variété des réactions, reflet de la diversité des caractères, est passionnante à observer. Jusqu'où peut-on et doit-on aller pour décrocher un emploi ? Telle est la principale question que pose ce film. Etant entendu que la marge d'appréciation est inversement proportionnelle aux tensions existant sur le marché du travail...
Tout au long de la session, Hervé a affiché une désinvolture qui l'a préservé des méthodes employées... mais aussi de l'emploi escompté. « La liberté, ça n'a pas de prix, explique-t-il ultérieurement. C'est pour ça que je suis bien pauvre. Ça vaut tout l'or du monde, sauf que ça ne rapporte rien. » L'épilogue du documentaire montre qu'ici la contrainte et la soumission n'ont pas rapporté grand-chose à grand monde.
Jean-Baptiste de Montvalon - Blog le monde
06/10/2011 - Une génération instable a-t-elle surgi en Europe ?
Des voitures ont été brûlées en banlieue de Paris, des bagarres se sont produites dans le centre d'Athènes, des manifestations ont eu lieu à Madrid avec la participation de quelque dix mille personnes, et des troubles ont été rapportés à Londres. Du fait de la crise financière, l'Europe est en proie à une crise sociale si profonde que les jeunes européens ont de la peine à contenir leur colère.
Un professeur de l'Université de Bath en Grande-Bretagne a dit : la crise économique a fait naître une nouvelle couche dangereuse : une génération instable.
Les jeunes sont les premières victimes de la crise économique. A l'heure actuelle, le taux de chômage parmi les jeunes âgés d'entre 15 et 24 ans s'est élevé à 20,4%, soit une augmentation de plus de 30% par rapport à celui de 2008. Parmi les pays européens, la situation est la plus désastreuse en Slovénie et en Pologne : parmi les employés âgés de moins de 25 ans, 60% sont ceux à temps partiels. Et ce pourcentage a dépassé 50% en Allemagne, en France, en Suède, en Espagne et au Portugal. En Espagne, le salaire des jeunes âgés d'entre 16 et 19 ans ne représente que 45,5% de celui des adultes. Le salaire des jeunes âgés d'entre 20 et 24 ans ne représente que 60,7% de celui des personnes d'âge moyen.
La génération instable en Europe peut être divisée en trois catégories : un petit nombre de nécessiteux comme des voyous. Ils ont tendance à la criminalité. La deuxième catégorie : les jeunes ayant reçu une bonne éducation ont espéré pouvoir trouver un bon travail. Mais leur désir ne peut pas être satisfait. Pour la troisième catégorie, les jeunes salariés, qui avaient une expérience de travail, ont perdu leur position ancienne, du fait de la crise économique. Ils ont alors reporté leur colère sur les étrangers. Cette catégorie de personnes est vulnérable à la démagogie des éléments d'extrême droite et devient des facteurs dangereux susceptibles d'ébranler le mode social de l'Occident. Le vrai danger est la croissance de la xénophobie et des forces nationalistes hostiles à l'intégration de l'Europe.
La génération instable touche non seulement à la stabilité de l'Etat, mais aussi aux relations entre les jeunes et les personnes âgées. L'Europe a fourni un bon système de bien-être aux jeunes, les plaçant sous protection. Tant que ce système commençait à vaciller, les élites politiques qui vieillissent en Europe pensent d'abord à protéger les intérêts de leur génération. Ce qui ne peut qu'accroître le désespoir de la jeune génération. Les jeunes européens qui ont participé à une manifestation, ont porté une large banderole sur laquelle on lisait : « Nous ne sommes pas opposés au régime. C'est le régime qui ne nous aide pas ». Tenant compte que leur propre avenir est affecté, les jeunes européens ont commencé à s'interroger si les idées de la vieille génération conviennent encore ou non à la situation de nos jours. En fait, l'Europe devrait permettre aux jeunes de créer une occasion de se transformer et d'améliorer le système. Et cela est plus important que l'aide matérielle.
06/08/2011 - Cette classe moyenne israélienne qui peine à boucler ses fins de mois
Nota: Il serait intéressant de savoir si les forces derrières "les printemps arabes" sont aussi présentes dans le cas israéliens. La réponse est probablement affirmative.
Tel Aviv bloquée par des taxis en colère, Jérusalem envahie par des parents et des poussettes : voilà à quoi ressemblait Israël, ce jeudi 3 août. Depuis trois semaines, l’Etat hébreu connaît une vague de protestation sans précédent.
Les résultats économiques d’Israël ont de quoi faire pâlir les puissances occidentales : 4,7% de croissance en 2010 [l’OCDE table sur 5% de croissance pour 2011], un taux de chômage exceptionnellement bas (6%) et une balance commerciale excédentaire. Et pourtant, le pays est en proie à une grogne sociale qui semble inextinguible depuis la mi-juillet. Les causes et les revendications sont multiples, mais toutes sont relatives au coût de la vie : le prix de l’essence est 30% plus cher qu'en Europe, le coût des logements a augmenté de 63% en quatre ans, et les prix des denrées alimentaires se sont envolés. Résultat, la mobilisation amorcée par les étudiants au mois de juin touche désormais l’ensemble de la classe moyenne.
À la manière des Indignés espagnols, les manifestants ont d’abord commencé par installer des campements dans les grandes villes du pays. Mais dimanche 31 juillet, la mobilisation a franchi une nouvelle étape puisque plus de 100 000 Israéliens sont descendus dans les rues à travers tout le pays, au cri de "La population veut plus de justice sociale".
Cette tension sociale inédite n’a pas manqué de fragiliser le Premier ministre, Benjamin Netanyahou, dont la cote de popularité a dégringolé au fur et à mesure que la mobilisation s’amplifiait. Le 31 juillet dernier, il a présenté au Conseil des ministres un premier projet de réformes, notamment pour la construction de logements sociaux et de chambres universitaires. Affirmant "prendre conscience" de la colère des Israéliens, il a aussi annoncé la création d’une "équipe interministérielle chargée de présenter un plan pour alléger le poids des dépenses" qui pèse sur les Israéliens.
Mais ces annonces n’ont pas calmé les manifestants. Le prochain rendez-vous pour une mobilisation à l’échelle nationale est fixé au dimanche 7 août.
“Sans l’aide de nos parents, nous ne pourrions pas nous en sortir”
Ohad Milchgrug est développeur web et père de deux enfants. Il vit à Tel Aviv.
Tout a commencé sur Facebook. J’ai vu qu’un appel avait été lancé pour un sit-in et j’ai décidé d’aller y faire un tour [Le campement a pris place sur le boulevard Rothschild, un des endroits les plus huppés de Tel Aviv]. Le campement a grossi à une vitesse folle. Le premier soir, il y avait seulement quatre ou cinq tentes. Et puis pendant la nuit, une trentaine d’autres ont été montées. Depuis, tous les jours, des personnes continuent de s’installer.
J’ai deux enfants. Ma femme et moi-même avons tous les deux un bon travail. Pourtant, on n’arrive pas à joindre les deux bouts. Sans l’aide de nos parents, nous ne pourrions pas nous en sortir. Le coût de la vie est trop élevé. Le budget garderie des enfants représente le tiers de nos deux salaires réunis. On a le sentiment que le gouvernement fait tout pour les familles riches qui contrôlent l’économie du pays et oublie le reste de la population.
Je pense qu’inconsciemment, les manifestants ont été très influencés par ce qui s’est passé et se passe encore autour de nous, en Tunisie, en Syrie et en Egypte. Nous avons vu comment les gens ont décidé de prendre leur propre destin en main. Et même si la situation en Israël est meilleure que dans ces pays, même si nous avons les libertés individuelles, nous estimons que nous sommes traités injustement sur le plan économique."
"Nous ne voulons pas protester, nous apportons des solutions"
Ohad Milchgrub
“Je suis interne depuis quatre ans et j’ai toujours été payé moins que le salaire minimum”
Imri Fisher termine ses études de psychologie à Tel Aviv.
Les médecins sont descendus dans la rue avant que ne commencent les grosses manifestations [Les médecins du pays sont en grève depuis avril 2011. Ils réclament une hausse de salaires de 50 % et une amélioration du matériel hospitalier]. Ils protestent contre un système de santé qu’ils jugent désastreux. Les gens doivent attendre des mois pour se faire opérer et il n’y pas assez de lits dans les hôpitaux.
Autre motif de mécontentement, leurs conditions de travail. Deux fois par semaine, ils font des journées de 30 heures, sans prendre de pose. Et les patients finissent par voir des spécialistes qui n’ont pas dormi.
En ce qui me concerne, je peux témoigner que les services de psychologie n’ont plus de fonds suffisants pour fonctionner correctement. Il n’y a plus d’argent. Aujourd’hui, si un enfant a des problèmes à l’école et qu’il devient violent, il devra attendre au moins un an avant de pouvoir recevoir une assistance psychologique. Nous, les internes, sommes traités comme des esclaves. Je suis interne depuis quatre ans et j’ai toujours été payé moins que le salaire minimum, alors que je travaille dans le secteur public. C’est absurde.
Les gens sont très en colère mais plein d’espoir aussi. Les manifestations ont commencé seulement avec quelques personnes qui avaient planté des tentes et personne n’imaginait qu’elles prendraient une telle ampleur.
Ce que je redoute le plus, c’est qu’un missile arrive de Gaza et que le mouvement prenne fin."
"Les psychologues et les médecins gagnent 2150 shekels par mois" (environ 430 euros). Photo envoyée par Imri Fisher.
Imri Fisher
“Tout mon salaire sert à payer la crèche, celui de ma femme, le loyer”
Eran Kalimi est monteur à Giva’at Yearim, une ville proche de Jérusalem. Il a deux enfants.
Au début, je n’étais pas tellement impliqué dans le mouvement. Mais quand un jour, j’ai réalisé que les gens se mobilisaient pour des raisons valables et qu’ils représentaient une large partie de la société – des gens de droite, de gauche, des gens des colonies, mais aussi des Palestiniens, des jeunes et des vieux – je suis rentré chez moi et j’ai dit à ma femme : "C’est sérieux, on devrait le faire". J’ai donc emmené ma famille à la marche de dimanche dernier pour manifester contre la cherté de la vie.
Ma profession m’oblige à travailler à Tel Aviv mais je ne peux pas y vivre, ni même à Jérusalem, parce que c’est trop cher. Je mets presque deux heures et demi pour aller au travail en transports en commun.
Tout mon salaire sert à payer la crèche pour mes deux enfants qui ont 2 et 4 ans. Celui de ma femme [qui est webmaster] paye notre loyer. Et après, il nous reste à payer les soins, la sécurité sociale, les impôts et ainsi de suite.
La croissance économique se porte bien, l’Etat, le Trésor et les riches ont beaucoup d’argent, mais cela ne profite pas vraiment à la majorité.
J’espère que le gouvernement va engager des réformes à long terme pour améliorer les secteurs de l’éducation et des transports, pour rendre les loyers plus abordables pour les étudiants et pour aider les familles à devenir propriétaires. Mais je ne suis pas optimiste. Israël va finir par entrer en guerre ou être la cible d’une nouvelle attaque de missiles et les autorités diront : "Nous sommes en guerre donc il faut investir dans le secteur de la défense, nous ne pouvons pas être divisés maintenant. "
France 24
Les résultats économiques d’Israël ont de quoi faire pâlir les puissances occidentales : 4,7% de croissance en 2010 [l’OCDE table sur 5% de croissance pour 2011], un taux de chômage exceptionnellement bas (6%) et une balance commerciale excédentaire. Et pourtant, le pays est en proie à une grogne sociale qui semble inextinguible depuis la mi-juillet. Les causes et les revendications sont multiples, mais toutes sont relatives au coût de la vie : le prix de l’essence est 30% plus cher qu'en Europe, le coût des logements a augmenté de 63% en quatre ans, et les prix des denrées alimentaires se sont envolés. Résultat, la mobilisation amorcée par les étudiants au mois de juin touche désormais l’ensemble de la classe moyenne.
À la manière des Indignés espagnols, les manifestants ont d’abord commencé par installer des campements dans les grandes villes du pays. Mais dimanche 31 juillet, la mobilisation a franchi une nouvelle étape puisque plus de 100 000 Israéliens sont descendus dans les rues à travers tout le pays, au cri de "La population veut plus de justice sociale".
Cette tension sociale inédite n’a pas manqué de fragiliser le Premier ministre, Benjamin Netanyahou, dont la cote de popularité a dégringolé au fur et à mesure que la mobilisation s’amplifiait. Le 31 juillet dernier, il a présenté au Conseil des ministres un premier projet de réformes, notamment pour la construction de logements sociaux et de chambres universitaires. Affirmant "prendre conscience" de la colère des Israéliens, il a aussi annoncé la création d’une "équipe interministérielle chargée de présenter un plan pour alléger le poids des dépenses" qui pèse sur les Israéliens.
Mais ces annonces n’ont pas calmé les manifestants. Le prochain rendez-vous pour une mobilisation à l’échelle nationale est fixé au dimanche 7 août.
“Sans l’aide de nos parents, nous ne pourrions pas nous en sortir”
Ohad Milchgrug est développeur web et père de deux enfants. Il vit à Tel Aviv.
Tout a commencé sur Facebook. J’ai vu qu’un appel avait été lancé pour un sit-in et j’ai décidé d’aller y faire un tour [Le campement a pris place sur le boulevard Rothschild, un des endroits les plus huppés de Tel Aviv]. Le campement a grossi à une vitesse folle. Le premier soir, il y avait seulement quatre ou cinq tentes. Et puis pendant la nuit, une trentaine d’autres ont été montées. Depuis, tous les jours, des personnes continuent de s’installer.
J’ai deux enfants. Ma femme et moi-même avons tous les deux un bon travail. Pourtant, on n’arrive pas à joindre les deux bouts. Sans l’aide de nos parents, nous ne pourrions pas nous en sortir. Le coût de la vie est trop élevé. Le budget garderie des enfants représente le tiers de nos deux salaires réunis. On a le sentiment que le gouvernement fait tout pour les familles riches qui contrôlent l’économie du pays et oublie le reste de la population.
Je pense qu’inconsciemment, les manifestants ont été très influencés par ce qui s’est passé et se passe encore autour de nous, en Tunisie, en Syrie et en Egypte. Nous avons vu comment les gens ont décidé de prendre leur propre destin en main. Et même si la situation en Israël est meilleure que dans ces pays, même si nous avons les libertés individuelles, nous estimons que nous sommes traités injustement sur le plan économique."
"Nous ne voulons pas protester, nous apportons des solutions"
Ohad Milchgrub
“Je suis interne depuis quatre ans et j’ai toujours été payé moins que le salaire minimum”
Imri Fisher termine ses études de psychologie à Tel Aviv.
Les médecins sont descendus dans la rue avant que ne commencent les grosses manifestations [Les médecins du pays sont en grève depuis avril 2011. Ils réclament une hausse de salaires de 50 % et une amélioration du matériel hospitalier]. Ils protestent contre un système de santé qu’ils jugent désastreux. Les gens doivent attendre des mois pour se faire opérer et il n’y pas assez de lits dans les hôpitaux.
Autre motif de mécontentement, leurs conditions de travail. Deux fois par semaine, ils font des journées de 30 heures, sans prendre de pose. Et les patients finissent par voir des spécialistes qui n’ont pas dormi.
En ce qui me concerne, je peux témoigner que les services de psychologie n’ont plus de fonds suffisants pour fonctionner correctement. Il n’y a plus d’argent. Aujourd’hui, si un enfant a des problèmes à l’école et qu’il devient violent, il devra attendre au moins un an avant de pouvoir recevoir une assistance psychologique. Nous, les internes, sommes traités comme des esclaves. Je suis interne depuis quatre ans et j’ai toujours été payé moins que le salaire minimum, alors que je travaille dans le secteur public. C’est absurde.
Les gens sont très en colère mais plein d’espoir aussi. Les manifestations ont commencé seulement avec quelques personnes qui avaient planté des tentes et personne n’imaginait qu’elles prendraient une telle ampleur.
Ce que je redoute le plus, c’est qu’un missile arrive de Gaza et que le mouvement prenne fin."
"Les psychologues et les médecins gagnent 2150 shekels par mois" (environ 430 euros). Photo envoyée par Imri Fisher.
Imri Fisher
“Tout mon salaire sert à payer la crèche, celui de ma femme, le loyer”
Eran Kalimi est monteur à Giva’at Yearim, une ville proche de Jérusalem. Il a deux enfants.
Au début, je n’étais pas tellement impliqué dans le mouvement. Mais quand un jour, j’ai réalisé que les gens se mobilisaient pour des raisons valables et qu’ils représentaient une large partie de la société – des gens de droite, de gauche, des gens des colonies, mais aussi des Palestiniens, des jeunes et des vieux – je suis rentré chez moi et j’ai dit à ma femme : "C’est sérieux, on devrait le faire". J’ai donc emmené ma famille à la marche de dimanche dernier pour manifester contre la cherté de la vie.
Ma profession m’oblige à travailler à Tel Aviv mais je ne peux pas y vivre, ni même à Jérusalem, parce que c’est trop cher. Je mets presque deux heures et demi pour aller au travail en transports en commun.
Tout mon salaire sert à payer la crèche pour mes deux enfants qui ont 2 et 4 ans. Celui de ma femme [qui est webmaster] paye notre loyer. Et après, il nous reste à payer les soins, la sécurité sociale, les impôts et ainsi de suite.
La croissance économique se porte bien, l’Etat, le Trésor et les riches ont beaucoup d’argent, mais cela ne profite pas vraiment à la majorité.
J’espère que le gouvernement va engager des réformes à long terme pour améliorer les secteurs de l’éducation et des transports, pour rendre les loyers plus abordables pour les étudiants et pour aider les familles à devenir propriétaires. Mais je ne suis pas optimiste. Israël va finir par entrer en guerre ou être la cible d’une nouvelle attaque de missiles et les autorités diront : "Nous sommes en guerre donc il faut investir dans le secteur de la défense, nous ne pouvons pas être divisés maintenant. "
France 24
05/03/2011 - Les classes moyennes américaines « à la dérive » ?
Le constat est douloureux aux Etats-Unis, mais il semblerait bien que la « Corporate America », selon l'expression du « Los Angeles Times » se trouve dans une mauvaise passe. Stagnation du niveau de l'emploi, taux du chômage atteignant près de 10 %, perspectives d'embauche à court terme sinistrées, prévisions des chefs d'entreprise moroses…
Et pourtant, les résultats d'exploitation des compagnies de l'indice boursier Standard & Poor's 500 auraient augmenté de 38,4 % au deuxième trimestre par rapport à l'année dernière !
En juin dernier, la Réserve fédérale a même déclaré que les institutions non financières détenaient au total plus de 1.800 milliards de dollars de trésorerie, un niveau record. « Il y en a qui parviennent à se faire de l'argent dans cette économie. Malheureusement, il ne s'agit ni des classes moyennes, ni de la classe ouvrière. C'est cela notre vrai problème », affirme le quotidien.
La question importante, selon le journal, est de savoir ce qui est fait avec cet argent stocké « hors du circuit économique ». En tout cas, ces dollars ne sont pas redistribués aux salariés, en termes de création d'emploi ou d'augmentation de salaire, se plaint le quotidien, qui affirme, en s'appuyant sur l'exemple du « 5 dollars day » instauré par l'entreprise Ford en 1914, qu'une telle redistribution est le seul moyen de soutenir la croissance économique.
En revanche, les actionnaires resteraient les grands gagnants. Au moins 135 compagnies du S & P 500 ont gonflé les dividendes des actionnaires au premier semestre. L'entreprise Hewlett-Packard illustre bien cet état de fait : la compagnie n'a pas hésité à réduire les salaires, ni à diminuer de 2,5 % les dépenses en R & D malgré de très bons résultats économiques. En revanche, en soutenant le prix de son action, HP a gâté ses actionnaires.
Une tendance que le quotidien observe d'un mauvais oeil : « Attribuer la richesse des entreprises aux actionnaires plutôt qu'aux employés qui créent cette richesse n'est pas plus judicieux aujourd'hui qu'il y a dix ans. C'est cette pratique qui nous a menés à la crise. » Un réveil difficile pour les classes moyennes, encore envoûtées par le « rêve américain ».
La question importante, selon le journal, est de savoir ce qui est fait avec cet argent stocké « hors du circuit économique ». En tout cas, ces dollars ne sont pas redistribués aux salariés, en termes de création d'emploi ou d'augmentation de salaire, se plaint le quotidien, qui affirme, en s'appuyant sur l'exemple du « 5 dollars day » instauré par l'entreprise Ford en 1914, qu'une telle redistribution est le seul moyen de soutenir la croissance économique.
En revanche, les actionnaires resteraient les grands gagnants. Au moins 135 compagnies du S & P 500 ont gonflé les dividendes des actionnaires au premier semestre. L'entreprise Hewlett-Packard illustre bien cet état de fait : la compagnie n'a pas hésité à réduire les salaires, ni à diminuer de 2,5 % les dépenses en R & D malgré de très bons résultats économiques. En revanche, en soutenant le prix de son action, HP a gâté ses actionnaires.
Une tendance que le quotidien observe d'un mauvais oeil : « Attribuer la richesse des entreprises aux actionnaires plutôt qu'aux employés qui créent cette richesse n'est pas plus judicieux aujourd'hui qu'il y a dix ans. C'est cette pratique qui nous a menés à la crise. » Un réveil difficile pour les classes moyennes, encore envoûtées par le « rêve américain ».
10/03/2011 - Documentaire: Classes moyennes, pauvres demain? diffusé sur Arte en février 2011
Complétés par des statistiques éloquentes et les commentaires de Jean-Paul Fitoussi et du sociologue Berthold Vogel, les entretiens avec des Français et des Allemands de la classe moyenne font apparaître un fort sentiment de déclassement et de perte de niveau de vie. Le revenu est une première donnée objective possible pour déterminer ce qu'est la classe moyenne. Selon ce seul critère, elle regroupe tous ceux qui touchent entre 75 et 150 % du revenu moyen. En Allemagne, les statistiques font apparaître que cette classe moyenne se réduit depuis des années.
Le revenu est une première donnée objective possible pour déterminer ce qu'est la classe moyenne. Selon ce seul critère, elle regroupe tous ceux qui touchent entre 75 et 150 % du revenu moyen. En Allemagne, les statistiques font apparaître que cette classe moyenne se réduit depuis des années : sa part dans la population est passée de 65,3 % en 1990 à 58,7 % en 2009. En France où la réduction n'est pas aussi sensible, la peur du déclassement est pourtant exprimée par les deux tiers de la population. Elle est avant tout suscitée par l'augmentation du coût de la vie, soit la part des dépenses de consommation hors achat de logement, passée de 21 % des revenus en 1979 à 36 % en 2005, et par l'envol des prix de l'immobilier, qui ont plus que doublé en l'espace de dix ans. Mais, souligne Jean-Paul Fitoussi, le concept de classe moyenne désigne aussi un processus dynamique par lequel les catégories les moins favorisées peuvent espérer connaître une progression sociale. Or dans les deux pays, les difficultés des jeunes, même diplômés, à trouver un emploi stable et suffisamment rémunéré pour être autonomes renforcent leur inquiétude et celle de leurs parents quant aux chances de conserver leur statut social. Et quand le chômage vient mettre à mal un équilibre précaire, les inégalités se creusent encore plus vite. La classe politique, de chaque côté du Rhin, va-t-elle bientôt prendre conscience de cette évolution alarmante pour la démocratie ?
Parmi les manifestants descendus dans la rue pour protester contre les mesures d'austérité du gouvernement, il y avait de très nombreux jeunes diplômés. Le pays n'en a jamais compté autant, pourtant, jamais il n'y a été aussi difficile pour eux de trouver du travail. Entre précarité et résignation à émigrer, c’est toute une génération que le pays est en train de perdre.
Le revenu est une première donnée objective possible pour déterminer ce qu'est la classe moyenne. Selon ce seul critère, elle regroupe tous ceux qui touchent entre 75 et 150 % du revenu moyen. En Allemagne, les statistiques font apparaître que cette classe moyenne se réduit depuis des années : sa part dans la population est passée de 65,3 % en 1990 à 58,7 % en 2009. En France où la réduction n'est pas aussi sensible, la peur du déclassement est pourtant exprimée par les deux tiers de la population. Elle est avant tout suscitée par l'augmentation du coût de la vie, soit la part des dépenses de consommation hors achat de logement, passée de 21 % des revenus en 1979 à 36 % en 2005, et par l'envol des prix de l'immobilier, qui ont plus que doublé en l'espace de dix ans. Mais, souligne Jean-Paul Fitoussi, le concept de classe moyenne désigne aussi un processus dynamique par lequel les catégories les moins favorisées peuvent espérer connaître une progression sociale. Or dans les deux pays, les difficultés des jeunes, même diplômés, à trouver un emploi stable et suffisamment rémunéré pour être autonomes renforcent leur inquiétude et celle de leurs parents quant aux chances de conserver leur statut social. Et quand le chômage vient mettre à mal un équilibre précaire, les inégalités se creusent encore plus vite. La classe politique, de chaque côté du Rhin, va-t-elle bientôt prendre conscience de cette évolution alarmante pour la démocratie ?
27/11/2010 - Portugal: la jeunesse sacrifiée sur l'autel de la crise
Parmi les manifestants descendus dans la rue pour protester contre les mesures d'austérité du gouvernement, il y avait de très nombreux jeunes diplômés. Le pays n'en a jamais compté autant, pourtant, jamais il n'y a été aussi difficile pour eux de trouver du travail. Entre précarité et résignation à émigrer, c’est toute une génération que le pays est en train de perdre.
Au Portugal, le taux de chômage chez les jeunes est plus de deux fois supérieur aux chiffres de la population totale. Parmi ceux qui ont un emploi, seul un tiers environ échappe à la triste règle du contrat à durée indéterminée, des recibos verdes [“reçus verts”, conçus à l'origine pour rémunérer les travailleurs indépendants, mais qui se sont généralisés et sont devenus emblématiques de la précarité au Portugal] et autres formes d'emploi précaire.
Un diplômé sur dix quitte aujourd'hui le Portugal. Tel est le portrait de cette génération sans avenir. En ces temps de grève générale [organisée le mercredi 24 novembre], rien d'étonnant à ce que les syndicats placent les jeunes en première ligne du conflit.
Dans un pays où la main-d'œuvre possédant un diplôme universitaire est rare, et dans un monde toujours plus concurrentiel où la formation est un critère essentiel, l'augmentation du nombre de diplômés des universités devrait être accueillie comme une bonne nouvelle. Et pourtant non. Dans la crise actuelle, les jeunes sont les plus touchés par la disparition des emplois et, parmi eux, ce sont précisément ceux qui ont investi dans des études qui trouvent le plus souvent porte close
"L'individualisme est arrivé à son stade d'épuisement"
Pour Elísio Estanque, professeur d'économie et chercheur au Centre d'études sociales de l'université de Coimbra, le discours des syndicats est “d'autant plus justifié que l'instinct de survie et l'individualisme ont créé chez les jeunes une certaine résistance aux formes de lutte collective” : le syndicalisme doit trouver “des moyens de les sensibiliser et de les mobiliser”. “L'individualisme est bien assumé en temps de vaches grasses, quand on trouve des débouchés. Tout change en temps de crise”, estime Estanque, convaincu que “l'individualisme est arrivé à son stade d'épuisement”.
“Je crois qu'il est naturel que les jeunes, soit parce qu'ils perdent espoir, soit parce qu'ils connaissent une prise de conscience, commencent à s'organiser. [A cet égard], l'invasion pacifique d'un call-center, il y a peu [le 11 novembre, par l'organisation “Précaires inflexibles”], est sans doute un signal.” Avec un contrat à durée déterminée ou des recibos verdes, il n'est pas facile d'aller affronter la figure patronale, et d'autant moins dans un contexte de “déficit démocratique”, juge Elísio Estanque.
Alors que les emplois sont rares (et peux qualifiés), on ne s'étonnera pas que les jeunes Portugais soient nombreux à choisir de partir. Au cours des dix dernières années, les flux d'émigration ont atteint des proportions qu'on n'avait plus vues depuis les années 1960, et s'ils ont baissé récemment, ce n'est que parce que la crise sévit aussi à l'étranger. Rui Pena Pires, sociologue et professeur à l'Institut supérieur des sciences du travail et de l'entreprise, à Lisbonne, parle de 60 000 départs par an (contre environ 70 000 dans les années 1960). La nature de ces départs diffère toutefois, car autrefois “presque personne ne revenait au bout de quelques années, alors qu'aujourd'hui, la mobilité est plus forte.”
Le Portugal est un exportateur net de cerveaux
“Nous ne disposerons de statistiques par tranche d'âge que dans six mois environ. Cependant, on sait que l'émigration touche avant tous les jeunes actifs”, explique Rui, qui coordonne par ailleurs le projet Atlas das Migrações [Atlas des migrations]. Les chiffres à venir confirmeront probablement le sentiment général : “Nous connaissons tous des jeunes qui ont quitté récemment le Portugal. Mes deux fils, par exemple, sont à l'étranger.”
Mieux préparés, disposant souvent d'un réseau de connaissances nourri lors de programmes d'échanges universitaires, les diplômés sont les premiers à regarder au-delà des frontières portugaises. Le marché du travail est aujourd'hui international. Selon la Banque mondiale, 20 % des diplômés portugais vivent à l'étranger, et si l'on affine ces chiffres, un fait plus révélateur encore apparaît : plus d'un sur dix (11 %) décroche son diplôme au Portugal avant d'émigrer.
“Au Royaume-Uni, 10 % des étudiants fraîchement diplômés émigrent. A cette différence près que là-bas, l'arrivée d'immigrants possédant des qualifications universitaires compense largement les sortants. Ce n'est pas le cas au Portugal”, précise Rui Pena Pires. En d'autres termes, le Portugal est aujourd'hui un exportateur net de cerveaux. “Nous devons prêter attention aux générations qui arrivent si nous voulons que notre économie soit compétitive, que les Portugais se sentent en sécurité, que la démocratie prospère, insiste Elísio Estanque. Mais les plus qualifiés, les plus compétents sont aussi les plus audacieux, ceux qui osent prendre le risque de partir.
Presseurop - Publico
15/03/2011 - Documentaire - Tokyo Freeters - Arte
Apparu dans la seconde moitié des années 1980, le terme freeter a
d'abord désigné les jeunes Japonais désireux de s'affranchir du modèle
traditionnel de dévouement à l'entreprise. Depuis, à l'image positive
véhiculée par ce vent de liberté s'est substituée la réalité plus
douloureuse de la précarité. Victimes de la morosité économique, les
nouveaux freeters cumulent les emplois et se réfugient dans les
cybercafés lorsqu'ils n'ont pas de toit. Dans une société où la
compétition s'apprend dès le plus jeune âge, beaucoup se sentent
coupables. Et si certains tentent de se révolter en organisant des
manifestations, la plupart d'entre eux choisissent de rester seuls avec
leur souffrance
Derrière l’Ukraine et les USA, la France est le troisième pays où les dépressions au travail sont les plus nombreuses. A travers trois secteurs professionnels – la banque, les plateformes téléphoniques, la sidérurgie –, le réalisateur Paul Moreira dissèque ces méthodes de travail, de management, d’organisation au pouvoir destructeur. Devant la caméra, les témoignages d’hommes et de femmes écrasés, usés, brisés par leur vie professionnelle. Travailler à en mourir, un documentaire Infrarouge poignant et alarmant
Si je reprends le travail, le soir même, je suis hospitalisé" ; "J’ai fait un malaise dans le magasin parce qu’ils m’ont licenciée" ; "Je préfère mourir que d’y retourner"… Des mots échappés d’un sanglot. Au service de pathologie professionnelle de l’hôpital de Créteil, les salles d’attente ne se désemplissent pas. En quatre ans, les consultations pour souffrance au travail ont même été multipliées par trois. Une augmentation significative, symptomatique d’un mal épidémique qu’aucune étude statistique globale ne permet aujourd’hui de réellement quantifier. Le corps médical alerte. L’actualité (la série de suicides au sein de la société Renault) parle d’elle-même. Pour beaucoup de salariés, l’entreprise est devenue un lieu de souffrance, le travail un univers anxiogène, parfois destructeur. Si le harcèlement au travail a souvent été pointé du doigt, les nouvelles méthodes de travail, d’organisation et de management méritent elles aussi d’être mises en accusation.
Les blessés de la financeImmersion dans l’univers de la banque où règne le culte de l’objectif, du rendement à tout prix. "J’ai été frappé par l’émergence d’une vocabulaire guerrier, explique Paul Moreira. Dans cette guerre, ceux qui échouent doivent faire face à leur honte". Ici, pour être efficace, le salarié doit apprendre à devenir agressif, quitte à oublier sa propre nature. Pour l’aider, des stages de motivation au cours desquels il se retrouve spectateur d’un bien étrange folklore : différentes mises en situation professionnelles – succession de saynètes sordides et caricaturales – jouées par les managers de la boîte. Pour Jean-Marc, conseiller en gestion de patrimoine, le message est rude : "On ridiculisait la manière dont j’avais toujours travaillé". Une dévalorisation professionnelle amplifiée par de nouvelles procédures : communication par écrans interposés, agenda géré à distance… "J’avais l’impression qu’il y avait une espèce de système anonyme qui me broyait et que les hommes ne me reconnaissaient plus". Et celui qui ne parvenait même plus à s’asseoir à son poste de travail finit par s’ "écrouler" lors d’une visite médicale annuelle. Jean-Marc est déclaré inapte au travail. Définitivement. Au sommet de l’échelle hiérarchique, même pression. Quand on demande à Roger, manager, de "traiter les gens à coups de pieds au cul", l’homme, à bout, est victime d’une crise d’angoisse. Aujourd’hui encore, il se sent incapable de reprendre une activité professionnelle. Pour Michel Francoz, psychiatre, les patients font preuve d’une "hypersensibilité, une hyperémotivité, décrites comme des états de stress post-traumatiques, comme après un attentat, une guerre. On retrouve les mêmes symptômes."Sous totale surveillanceClaudia, ex-téléopératrice d’un grand groupe de téléphonie mobile, a frôlé la mort de très près quand elle a tenté de mettre fin à ses jours sur son lieu de travail. "Je ne voulais pas mourir mais m’effacer", confie-t-elle à la caméra de Paul Moreira. Un passage à l’acte alarmant quand on sait qu’une étude médicale a récemment révélé que, dans les centres téléphoniques, un salarié sur trois serait en détresse psychologique. Pour Claudia, tout a commencé à cause d’un dépassement moyen de 30 secondes dans ses temps de communication. "C’est très déstabilisant de se savoir écoutée à n’importe quel moment, quand on sait qu’on est dans le collimateur, la faute se trouve toujours". Dans une ambiance de total espionnage, la surveillance est permanente : contrôles des ventes en cours, temps de pause chronométrés, communications écoutées par un superviseur… lui-même surveillé à distance !
Les invisibles de la précarité
Les travailleurs précaires sont les premières victimes de la réorganisation du travail. L’un des ouvriers d’une des sociétés de sous-traitance présentes sur les chantiers d’un géant de la sidérurgie à Dunkerque témoigne : "ils gardent les postes stratégiques. Tout ce qui est travail de saleté, de chaleur, poussières, c’est sous-traité. Le matin, l’après-midi, la nuit… C’est des postes supplémentaires quand on est au repos…Quand ils ont besoin, ils appellent (…) Ca me bouffe les nerfs", ajoute-il. Les intérimaires, une population salariale plus flexible, docile aussi, car non syndiquée… Cette flexibilité, Jean-Luc Pruvost en a fait les frais. Victime d’une crise cardiaque, l’homme est plongé dans le coma depuis un an et demi. Un accident survenu alors qu’il était censé être au repos… En attente d’un CDI, l’homme acceptait les heures sans rechigner dans l’espoir de se faire un jour intégrer. C’est chose faite aujourd’hui. Un rêve contraint, un peu tard, par l’inspection du travail…
Céline Boidin-Lounis
23/10/2010 - Le chômage engendre l'oisiveté
L’assertion est vieille comme l’Etat providence. Au moins. Et sans frontière. Pour de nombreux conservateurs, les chômeurs sont des feignants qui ne font que profiter des grasses indemnités qui leur sont accordées. La rengaine est bien connue en France, et aux Etats-Unis, comme le rappelle le magazine Salon, dans les mêmes termes. Le sénateur Judd Gregg estime ainsi que les allocations chômage encouragent les gens à ne pas rechercher de travail. L’éditorialiste conservateur Ben Stein ajoute même que les personnes qui ont été licenciées et ne retrouvent de travail étaient des gens qui avaient des mauvaises habitudes et mauvais caractère.
Pourquoi ces mythes perdurent-ils, s’interroge l’auteur? Parce qu’il est logique pour ceux qui pensent que le monde est fondamentalement juste et que tout le monde peut-être millionnaire (la force du poignet faisant la différence), pour ceux qui, arrogants, pensent que si vous conservez votre emploi, c’est parce que vous êtes meilleurs que les autres. Et enfin, estime Salon, parce que les nouvelles en provenance du marché de l’emploi —chaque jour plus effrayantes, avec des raisons complexes— introduisent chez ceux qui ont toujours un boulot une sensation apaisante de contrôle.
15/03/2011 - Documentaire - Tokyo Freeters - Arte
11/02/2009 - Documentaire - Travailler à en mourir - Infrarouge - France 2
Derrière l’Ukraine et les USA, la France est le troisième pays où les dépressions au travail sont les plus nombreuses. A travers trois secteurs professionnels – la banque, les plateformes téléphoniques, la sidérurgie –, le réalisateur Paul Moreira dissèque ces méthodes de travail, de management, d’organisation au pouvoir destructeur. Devant la caméra, les témoignages d’hommes et de femmes écrasés, usés, brisés par leur vie professionnelle. Travailler à en mourir, un documentaire Infrarouge poignant et alarmant
Si je reprends le travail, le soir même, je suis hospitalisé" ; "J’ai fait un malaise dans le magasin parce qu’ils m’ont licenciée" ; "Je préfère mourir que d’y retourner"… Des mots échappés d’un sanglot. Au service de pathologie professionnelle de l’hôpital de Créteil, les salles d’attente ne se désemplissent pas. En quatre ans, les consultations pour souffrance au travail ont même été multipliées par trois. Une augmentation significative, symptomatique d’un mal épidémique qu’aucune étude statistique globale ne permet aujourd’hui de réellement quantifier. Le corps médical alerte. L’actualité (la série de suicides au sein de la société Renault) parle d’elle-même. Pour beaucoup de salariés, l’entreprise est devenue un lieu de souffrance, le travail un univers anxiogène, parfois destructeur. Si le harcèlement au travail a souvent été pointé du doigt, les nouvelles méthodes de travail, d’organisation et de management méritent elles aussi d’être mises en accusation.
Les blessés de la financeImmersion dans l’univers de la banque où règne le culte de l’objectif, du rendement à tout prix. "J’ai été frappé par l’émergence d’une vocabulaire guerrier, explique Paul Moreira. Dans cette guerre, ceux qui échouent doivent faire face à leur honte". Ici, pour être efficace, le salarié doit apprendre à devenir agressif, quitte à oublier sa propre nature. Pour l’aider, des stages de motivation au cours desquels il se retrouve spectateur d’un bien étrange folklore : différentes mises en situation professionnelles – succession de saynètes sordides et caricaturales – jouées par les managers de la boîte. Pour Jean-Marc, conseiller en gestion de patrimoine, le message est rude : "On ridiculisait la manière dont j’avais toujours travaillé". Une dévalorisation professionnelle amplifiée par de nouvelles procédures : communication par écrans interposés, agenda géré à distance… "J’avais l’impression qu’il y avait une espèce de système anonyme qui me broyait et que les hommes ne me reconnaissaient plus". Et celui qui ne parvenait même plus à s’asseoir à son poste de travail finit par s’ "écrouler" lors d’une visite médicale annuelle. Jean-Marc est déclaré inapte au travail. Définitivement. Au sommet de l’échelle hiérarchique, même pression. Quand on demande à Roger, manager, de "traiter les gens à coups de pieds au cul", l’homme, à bout, est victime d’une crise d’angoisse. Aujourd’hui encore, il se sent incapable de reprendre une activité professionnelle. Pour Michel Francoz, psychiatre, les patients font preuve d’une "hypersensibilité, une hyperémotivité, décrites comme des états de stress post-traumatiques, comme après un attentat, une guerre. On retrouve les mêmes symptômes."Sous totale surveillanceClaudia, ex-téléopératrice d’un grand groupe de téléphonie mobile, a frôlé la mort de très près quand elle a tenté de mettre fin à ses jours sur son lieu de travail. "Je ne voulais pas mourir mais m’effacer", confie-t-elle à la caméra de Paul Moreira. Un passage à l’acte alarmant quand on sait qu’une étude médicale a récemment révélé que, dans les centres téléphoniques, un salarié sur trois serait en détresse psychologique. Pour Claudia, tout a commencé à cause d’un dépassement moyen de 30 secondes dans ses temps de communication. "C’est très déstabilisant de se savoir écoutée à n’importe quel moment, quand on sait qu’on est dans le collimateur, la faute se trouve toujours". Dans une ambiance de total espionnage, la surveillance est permanente : contrôles des ventes en cours, temps de pause chronométrés, communications écoutées par un superviseur… lui-même surveillé à distance !
Les invisibles de la précarité
Les travailleurs précaires sont les premières victimes de la réorganisation du travail. L’un des ouvriers d’une des sociétés de sous-traitance présentes sur les chantiers d’un géant de la sidérurgie à Dunkerque témoigne : "ils gardent les postes stratégiques. Tout ce qui est travail de saleté, de chaleur, poussières, c’est sous-traité. Le matin, l’après-midi, la nuit… C’est des postes supplémentaires quand on est au repos…Quand ils ont besoin, ils appellent (…) Ca me bouffe les nerfs", ajoute-il. Les intérimaires, une population salariale plus flexible, docile aussi, car non syndiquée… Cette flexibilité, Jean-Luc Pruvost en a fait les frais. Victime d’une crise cardiaque, l’homme est plongé dans le coma depuis un an et demi. Un accident survenu alors qu’il était censé être au repos… En attente d’un CDI, l’homme acceptait les heures sans rechigner dans l’espoir de se faire un jour intégrer. C’est chose faite aujourd’hui. Un rêve contraint, un peu tard, par l’inspection du travail…
Céline Boidin-Lounis
23/10/2010 - Le chômage engendre l'oisiveté
L’assertion est vieille comme l’Etat providence. Au moins. Et sans frontière. Pour de nombreux conservateurs, les chômeurs sont des feignants qui ne font que profiter des grasses indemnités qui leur sont accordées. La rengaine est bien connue en France, et aux Etats-Unis, comme le rappelle le magazine Salon, dans les mêmes termes. Le sénateur Judd Gregg estime ainsi que les allocations chômage encouragent les gens à ne pas rechercher de travail. L’éditorialiste conservateur Ben Stein ajoute même que les personnes qui ont été licenciées et ne retrouvent de travail étaient des gens qui avaient des mauvaises habitudes et mauvais caractère.
Si
on applique ces critères au nombre de chômeurs aux Etats-Unis, cela
voudrait dire que les «15 millions de sans emploi aux Etats-Unis sont
comme George Costanzas — un des amis de Seinfeld particulièrement inapte
au monde du travail: des flâneurs parasites qui font semblant de
chercher un boulot de testeur de matelas».
Bien
sûr, conteste l’auteur de ce billet, ces affirmations sont contestées
par les économistes sérieux, du prix Nobel d’économie de centre droit
Paul Krugman au conservateur et ancien patron de la FED Alan Greenspan.
Avec pour argument principal, un chiffre: aux Etats-Unis, il y a cinq
demandeurs d’emploi pour une offre. Le problème principal vient d’un
manque de postes disponibles –pas d’un manque d'initiative personnelle.
Pourquoi ces mythes perdurent-ils, s’interroge l’auteur? Parce qu’il est logique pour ceux qui pensent que le monde est fondamentalement juste et que tout le monde peut-être millionnaire (la force du poignet faisant la différence), pour ceux qui, arrogants, pensent que si vous conservez votre emploi, c’est parce que vous êtes meilleurs que les autres. Et enfin, estime Salon, parce que les nouvelles en provenance du marché de l’emploi —chaque jour plus effrayantes, avec des raisons complexes— introduisent chez ceux qui ont toujours un boulot une sensation apaisante de contrôle.
Ces
idées de responsabilité personnelle des chômeurs ont connu une
traduction récente dans la nouvelle politique sociale britannique, avec
la décision du gouvernement de «casser le cycle de la dépendance» selon
les mots du ministère du Travail et des Pensions rapportés par
L’Expansion: «Le ministre Iain Duncan Smith veut que les chômeurs se
réhabituent à se “présenter le matin à 9h et repartir l'après-midi à
cinq heures”.»
Ceux
qui sont au chômage depuis longtemps «ne sont pas là parce qu'ils sont
mauvais, stupides ou paresseux, mais parce que les circonstances leur
ont été défavorables», a réagi l'archevêque de Cantorbéry Rowan
Williams. «Obliger un chômeur à faire des tâches qui n'ont aucun rapport
avec ses qualifications, ses compétences et son projet ne va pas
l'aider à se rapprocher d'un emploi», dit Yannick L'Horty, professeur
d'économie à l'Université Paris Est.
Selon
les experts du BIT, il y aurait désormais un phénomène de
«découragement et d'inactivité prolongée», où les jeunes perdent tout
espoir de trouver un emploi. Cette oisiveté de la jeunesse engendre
l'apparition de nouveaux coûts, auxquels les économies ont encore du mal
à faire face: des coûts administratifs (allocations, investissement
dans l'Education), mais aussi moraux (soins contre les dépressions, par
exemple). Ce serait donc le chômage qui engendrerait l'oisiveté, pas
l'inverse.
Slate












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