Dans ce 100e numéro, Pièces à conviction revient sur une enquête menée il y a 5 ans au cœur du système bancaire français. Le monde était alors secoué par une crise financière sans précédent, un séisme économique.
Responsables politiques et banquiers étaient d’accord sur une chose: il fallait changer le système.
La finance devait être plus morale, les banques plus transparentes et le consommateur mieux protégé.
Ces promesses ont-elles été tenues ? Y-a-t-il encore des produits toxiques sur les marchés financiers ? Les nouvelles lois sur les banques protègent-t-elles réellement les épargnants ? La finance est-elle toujours un grand casino ?
Une question non posée dans ce documentaire "Pourquoi les politiques ne sont plus derrières les manettes?". Serait il possible que "l'argent" y soit et que les politiques et les partis soit ces manettes?
Voir égoisme absolu, argent, 11 septembre 2001, obsolescence programmée et les livres: L'oligarchie ça suffit : vive la démocratie de Hervé Kempf - Le règne des oligarchie d'Alain Cotta - Le casse du siècle de Michael Lewis - Capitalisme et pulsion de mort de Bernard Marris - Le piège divin de Pascal Roussel - Pourquoi la crise? de Jean-Loup Izambert
20/12/2012 - Lors d’une conférence donnée à San Francisco le 3 octobre 2007, Wesley Clark, général 4 étoiles retraité des Forces armées des Etats-Unis,
affirme que dix jours après le 11-Septembre, les invasions de l’Irak, de
la Libye, de la Syrie, de l'Iran et de plusieurs autres pays du
Moyen-Orient avaient déjà été planifiées. Il met cela en échos avec les propos que lui a tenu Paul Wolfowitz en 1991.
13/09/2012 - Jean-François Gayraud "La crise est une crise criminelle"
08/09/2012 - Documentaire Goldman Sachs - La banque qui dirige le monde - Arte (2 parties)
- Le documentaire de Jérôme Fritel et Marc Roche diffusé le 4 septembre à 20h50, a réalisé la meilleure audience en nombre de téléspectateurs de l’année pour une Thema du mardi, avec 717 000 téléspectateurs et 2,7 % de part de marché*. Voir aussi le documentaire de canal+
16/10/2011 - Documentaire - City de Londres, la finance en eaux troubles - FranceTV - "La City contrôle l'Angleterre" Mais qui contrôle la City?
14/04/2012 - Débat sur le documentaire "City de Londres, la finance en eaux troubles" - LCP Public Sénat - Avec Mathieu VERBOUD, Réalisateur du documentaire - Marc TOUATI, Economiste
26/09/2011 - Alessio Rastani - "C'est Goldman Sachs qui dirige le monde et non les politiques" - Interview BBC "Il va y avoir un krach et la chute sera violente - Absolument personne ne croit aux plans de sauvetage, ils savent que le marché est cuit et que la bourse est finie - Les traders se foutent de comment on va redresser l'économie, notre boulot est de faire de l'argent avec cette situation - Je me couche tous les soirs en rêvant d'une nouvelle récession - En 1929 quelques personnes étaient préparées à faire de l'argent avec le krach et tout le monde peut faire cela aujourd'hui, et pas seulement les élites - Cette crise économique est comme un cancer - Préparez vous ! Ce n'est pas le moment d’espérer que les gouvernements règlent les problèmes. Les gouvernements ne dirigent pas le monde, c'est Goldman Sachs qui dirige le monde. Cette banque se fiche des plans de sauvetage - Dans moins de 12 mois je prédis que les économies de millions de gens vont disparaitre, et ce ne sera que le début..."
15/09/2011 - Cours d'économie et d'apocalypse par le Rav Ron Chaya (extrait de la vidéo "sauve qui peut" - Leava) "J'ai un élève qui était dans la finance et qui a arrêté et qui à un copain, un grand économiste invité à la TV et à la radio dans des émissions en Suisse. Il dit "Investissez dans ci, investissez dans ça" et mon élève lui demande: "Et toi ? Entre nous dans quoi tu investis?" "Moi? Dans les pièces d'or" "Les pièces d'or? C'est mieux les lingots non?" "Non. Quand tu devras acheter du pain et du lait, tu pourras pas les acheter avec des lingots, il faudra des pièces d'or" "Pourquoi alors tu mens aux gens?" "Parce que si je ne dis pas que tout va bien ils me tuent, c'est des grands trusts économiques tu comprends?"
13/06/2011 - Jean-François Gayraud pour le livre "La grande fraude"
29/01/2011 - Paul Jorion - Les Usa désignent les responsables de la crise
15/09/2010 - Marc Roche pour le livre "Comment Goldman Sachs dirige le monde?" - Interview radio très paradoxale et contradictoire sur plusieurs points mêlant négation de manipulation et main mise sur le monde politique américain. Il serait très intéressant de comparer cette entreprise avec le profil psychologique d'un pervers narcissique, afin de comprendre de quoi il s'agit et de peut être commencer à percevoir de possibles objectifs cachés.
01/11/2009 - Eric Laurent pour le livre "La face cachée des banques" - Eric Laurent nous éclaire un peu sur les liens très étroits existants entre la politique et la finance. Cependant il ne va pas jusqu'au bout de l'analyse puisqu'il ne dit pas que la Fed ( et in-fine les États-Unis) est contrôlée par des banques privées
13/09/2012 - Jean-François Gayraud "La crise est une crise criminelle"
08/09/2012 - Documentaire Goldman Sachs - La banque qui dirige le monde - Arte (2 parties)
- Le documentaire de Jérôme Fritel et Marc Roche diffusé le 4 septembre à 20h50, a réalisé la meilleure audience en nombre de téléspectateurs de l’année pour une Thema du mardi, avec 717 000 téléspectateurs et 2,7 % de part de marché*. Voir aussi le documentaire de canal+
16/10/2011 - Documentaire - City de Londres, la finance en eaux troubles - FranceTV - "La City contrôle l'Angleterre" Mais qui contrôle la City?
14/04/2012 - Débat sur le documentaire "City de Londres, la finance en eaux troubles" - LCP Public Sénat - Avec Mathieu VERBOUD, Réalisateur du documentaire - Marc TOUATI, Economiste
26/09/2011 - Alessio Rastani - "C'est Goldman Sachs qui dirige le monde et non les politiques" - Interview BBC "Il va y avoir un krach et la chute sera violente - Absolument personne ne croit aux plans de sauvetage, ils savent que le marché est cuit et que la bourse est finie - Les traders se foutent de comment on va redresser l'économie, notre boulot est de faire de l'argent avec cette situation - Je me couche tous les soirs en rêvant d'une nouvelle récession - En 1929 quelques personnes étaient préparées à faire de l'argent avec le krach et tout le monde peut faire cela aujourd'hui, et pas seulement les élites - Cette crise économique est comme un cancer - Préparez vous ! Ce n'est pas le moment d’espérer que les gouvernements règlent les problèmes. Les gouvernements ne dirigent pas le monde, c'est Goldman Sachs qui dirige le monde. Cette banque se fiche des plans de sauvetage - Dans moins de 12 mois je prédis que les économies de millions de gens vont disparaitre, et ce ne sera que le début..."
15/09/2011 - Cours d'économie et d'apocalypse par le Rav Ron Chaya (extrait de la vidéo "sauve qui peut" - Leava) "J'ai un élève qui était dans la finance et qui a arrêté et qui à un copain, un grand économiste invité à la TV et à la radio dans des émissions en Suisse. Il dit "Investissez dans ci, investissez dans ça" et mon élève lui demande: "Et toi ? Entre nous dans quoi tu investis?" "Moi? Dans les pièces d'or" "Les pièces d'or? C'est mieux les lingots non?" "Non. Quand tu devras acheter du pain et du lait, tu pourras pas les acheter avec des lingots, il faudra des pièces d'or" "Pourquoi alors tu mens aux gens?" "Parce que si je ne dis pas que tout va bien ils me tuent, c'est des grands trusts économiques tu comprends?"
13/06/2011 - Jean-François Gayraud pour le livre "La grande fraude"
29/01/2011 - Paul Jorion - Les Usa désignent les responsables de la crise
15/09/2010 - Marc Roche pour le livre "Comment Goldman Sachs dirige le monde?" - Interview radio très paradoxale et contradictoire sur plusieurs points mêlant négation de manipulation et main mise sur le monde politique américain. Il serait très intéressant de comparer cette entreprise avec le profil psychologique d'un pervers narcissique, afin de comprendre de quoi il s'agit et de peut être commencer à percevoir de possibles objectifs cachés.
01/11/2009 - Eric Laurent pour le livre "La face cachée des banques" - Eric Laurent nous éclaire un peu sur les liens très étroits existants entre la politique et la finance. Cependant il ne va pas jusqu'au bout de l'analyse puisqu'il ne dit pas que la Fed ( et in-fine les États-Unis) est contrôlée par des banques privées
La perversité alliée à la négation du mal, sont très efficaces quand il s'agit de dissimuler, mentir contrôler et exploiter les autres. Il est très facile de tout expliquer par le complot et le mensonge, car quand l'on commence à se poser les bonnes questions (surtout sur le sujet de la psychologie de l'égoïsme), cela devient une évidence, comme 1+1=2. Il devient alors "très logique" qu'une poignée de personnes à travers diverses organisations, peuvent diriger le monde, l'argent (les dettes) permettant de le contrôler et de le diriger directement mais le plus souvent subtilement et très progressivement.
Nous pouvons alors suggérer qu'au niveau globale, la crise économique, la montée aux extrêmes (qui n'est pas que politique, religieuse ou idéologique) et la guerre sont voulues. C'est d'ailleurs en observant ces sujets que l'on peut comprendre et anticiper l'évolution du monde, qui n'a jamais navigué et ne navigue pas de nuit et en plein brouillard. Une question à se poser serait par exemple: "Est ce que l'attaque sur l'Iran ou la 3ème guerre mondiale sont possibles sans une crise économique et une crise des dettes de grande ampleur?"
Cependant un problème existe: si nous étions milliardaire, nous ferions exactement la même chose d'une manière ou d'une autre, s'efforçant de conserver et accroître nos intérêts pour au final augmenter notre richesse, notre pouvoir et notre contrôle sur les choses, tout en se demandant comment le transmettre le plus efficacement à nos descendants, mais aussi pour que eux même agissent ainsi. Si nous souhaitions tuer tous les banquiers, en considérant qu'ils sont les seuls responsables, alors, 7 milliards d'autres seront immédiatement prêts à prendre leur place. Il y a sans doute une hiérarchie de responsabilité dans les causes du chaos, mais tout le monde dans le fond y participe souvent sans même le savoir, et donc, est aussi responsable...le manipulé est-il moins responsable que le manipulateur? Il existe une multitude de formes et de comportements individuels et collectifs, qui sur le long terme et en s'accumulant (comme les dettes et les rancœurs non dites), mènent au pire.
La liberté dans un état égoïste étant grandement limitée, nous n'avons dans ce cas pas de choix. Nous serons toujours des esclaves (d'abords de notre égoïsme), avec ou sans télé, avec ou sans coca et peut être même si l'argent n'existait pas. De plus, qui est responsable de son héritage (matériel et psychologique), de l'environnement dans lequel il a grandit, de la qualité de l'éducation ou des traumatismes reçus?
C'est pour ces quelques raisons (réductrices) que toutes initiatives autres que "spirituelles" afin de résoudre les crises sont inutiles, nos intentions étant toujours orientées vers l'accomplissement de notre instinct égoïste, en ne formant que des unions temporaires avec les autres, au grès de notre intérêt personnel. Le mot "spiritualité" est très sensible, sonnant différemment dans la tête de tout à chacun. Il s'agit d'un travail autant personnel que collectif en phase avec la nature, d'une transformation psychologique par le biais de la connexion aux d'autres ayant le même but, c'est à dire l'altruisme.
Vidéos sur Youtube
Documentaire - Goldman Sachs - Les nouveaux maîtres du monde - Canal+
- 2011 - Comment Goldman Sachs, petite maison de courtage fondée en 1869 par
un immigré allemand, est-elle devenue la banque d'affaires la plus
puissante du monde ? Ce documentaire plonge au coeur de l'une des plus
grandes institutions de Wall Street et lève le voile sur les méthodes de
la finance mondiale. La première chose que l'on apprend chez Goldman
Sachs c'est que l'on ne doit pas parler de Goldman Sachs. Les anciens
ont peur. Les stagiaires se cachent. Depuis décembre 2006, les banquiers
de Goldman Sachs savaient qu'une crise financière se préparait et en
ont profité. Les Américains, eux, en ont subi les conséquences et
commencent à se réveiller. (cliquer ici pour voir)
01/12/2011 - Documentaire - Inside Job - La dépression mondiale, dont le
coût s'élève à plus de 20 000 milliards de dollars, a engendré pour des
millions de personnes la perte de leur emploi et leur maison. Au travers
d'enquêtes approfondies et d'entretiens avec des acteurs majeurs de la
finance, des hommes politiques et des journalistes, le film retrace
l'émergence d'une industrie scélérate et dévoile les relations nocives
qui ont corrompu la politique, les autorités de régulation et le monde
universitaire. Narré par l'acteur oscarisé Matt Damon, le film a été
tourné entre les Etats-Unis, l'Islande, l'Angleterre, la France,
Singapour et la Chine. (cliquer ici pour voir)
27/01/2013 - John Perkins: «Un homme endetté est en quelque sorte un esclave»
«Mon travail en tant que tueur à gages économique dans les années 1970 était d’asservir les nations qui avaient ressourcées nos sociétés convoitées en les encombrant de dettes qu’elles ne pourraient jamais rembourser. Nous avons ensuite demandé qu’ils vendent ces ressources pas cher à nos sociétés, sans réglementation sociale ou environnementale.
«
Cette stratégie avait un succès incroyable. En substance, cela a créé
le premier véritable empire mondial et le premier qui n’a pas été
construit principalement par des occupations militaires. Cela a
également transformé la géopolitique. Le pouvoir des élus a été usurpé
par ceux qui siègent au sommet des entreprises multinationales (les
«corporatocratie»).
«Ce succès a conduit à la prise de conscience que des stratégies similaires pourraient être appliquées aux États-Unis afin d’affaiblir une population qui exerçait ses droits démocratiques d’une manière qui menaçait la corporatocratie ….
«En 1980, l’administration Reagan a compris que son arme la plus efficace pour protéger les sociétés contre les mouvements salariaux était l’endettement. Les emprunteurs ont été trompés en croyant qu’ils payaient des taux d’intérêt faibles, alors qu’en fait les paiements libératoires, les hypothèques à taux variable, et d’autres forfaits techniquement complexes entraînaient une hausse des taux globaux qui ont rendu de plus en plus difficile la possibilité de briser le carcan de la dette. …
« Nous avons enfin compris que nous sommes les serfs d’un système qui reflète le moyen-âge féodal. Les seigneurs modernes du château, les corporatocraties nous avait convaincus- nous qui vivons en dehors des murs et qui leur fournissons toute la nourriture et le confort - que si nous ne payons pas nos « dettes » et ne servons pas tous leurs désirs, nous serions violés et pillés par des soldats des châteaux voisins. Mais nous ne sommes plus en train d’acheter leurs mensonges.
«Sur cette planète, nous avons marché dans les cours de ces châteaux avec le message que nous ne sommes plus aveugles. Nous ne serons pas trompés par leurs fausses promesses ou par leurs tactiques de peur. Le mouvement « Occupy » s’étend aux sept continents. La participation se développe à des taux apparemment exponentiels, aussi bien en ligne que sur les lignes de front. …
«La corporatoctacie contre-attaque. Ils sont en train d’écrire de nouvelles lois interdisant nos rassemblements dans des endroits comme Wall Street. Ils tentent de censurer l’Internet (comme ils l’ont fait en Egypte). Ils viendront avec des schémas que nous ne pouvons même pas imaginer.
« Chaque fois qu’ils font cela, nous devons utiliser leur énergie pour nous inspirer et nous donner encore plus de puissance. Venant d’un endroit où nous savons que nous sommes bien, nous allons employer l’aïkido de l’amour, la compassion et la coopération pour maintenir l’expansion de notre énergie, notre détermination et nos réponses créatives. »
John Perkins , économiste en chef auprès d’un cabinet de conseil international de premier plan, a avisé la Banque mondiale, l’Organisation des Nations Unies, le FMI, le Département du Trésor américain, les 500 sociétés de la Fortune ; il est l’auteur de Confessions d’un tueur à gages économique - Laitman juin 2012 - Livre disponible sur T411
27/01/2013 - John Perkins: «Un homme endetté est en quelque sorte un esclave»
«Mon travail en tant que tueur à gages économique dans les années 1970 était d’asservir les nations qui avaient ressourcées nos sociétés convoitées en les encombrant de dettes qu’elles ne pourraient jamais rembourser. Nous avons ensuite demandé qu’ils vendent ces ressources pas cher à nos sociétés, sans réglementation sociale ou environnementale.
«Ce succès a conduit à la prise de conscience que des stratégies similaires pourraient être appliquées aux États-Unis afin d’affaiblir une population qui exerçait ses droits démocratiques d’une manière qui menaçait la corporatocratie ….
«En 1980, l’administration Reagan a compris que son arme la plus efficace pour protéger les sociétés contre les mouvements salariaux était l’endettement. Les emprunteurs ont été trompés en croyant qu’ils payaient des taux d’intérêt faibles, alors qu’en fait les paiements libératoires, les hypothèques à taux variable, et d’autres forfaits techniquement complexes entraînaient une hausse des taux globaux qui ont rendu de plus en plus difficile la possibilité de briser le carcan de la dette. …
« Nous avons enfin compris que nous sommes les serfs d’un système qui reflète le moyen-âge féodal. Les seigneurs modernes du château, les corporatocraties nous avait convaincus- nous qui vivons en dehors des murs et qui leur fournissons toute la nourriture et le confort - que si nous ne payons pas nos « dettes » et ne servons pas tous leurs désirs, nous serions violés et pillés par des soldats des châteaux voisins. Mais nous ne sommes plus en train d’acheter leurs mensonges.
«Sur cette planète, nous avons marché dans les cours de ces châteaux avec le message que nous ne sommes plus aveugles. Nous ne serons pas trompés par leurs fausses promesses ou par leurs tactiques de peur. Le mouvement « Occupy » s’étend aux sept continents. La participation se développe à des taux apparemment exponentiels, aussi bien en ligne que sur les lignes de front. …
«La corporatoctacie contre-attaque. Ils sont en train d’écrire de nouvelles lois interdisant nos rassemblements dans des endroits comme Wall Street. Ils tentent de censurer l’Internet (comme ils l’ont fait en Egypte). Ils viendront avec des schémas que nous ne pouvons même pas imaginer.
« Chaque fois qu’ils font cela, nous devons utiliser leur énergie pour nous inspirer et nous donner encore plus de puissance. Venant d’un endroit où nous savons que nous sommes bien, nous allons employer l’aïkido de l’amour, la compassion et la coopération pour maintenir l’expansion de notre énergie, notre détermination et nos réponses créatives. »
John Perkins , économiste en chef auprès d’un cabinet de conseil international de premier plan, a avisé la Banque mondiale, l’Organisation des Nations Unies, le FMI, le Département du Trésor américain, les 500 sociétés de la Fortune ; il est l’auteur de Confessions d’un tueur à gages économique - Laitman juin 2012 - Livre disponible sur T411
10/01/2013 - 10 preuves que nous vivons dans des économies factices
« Il est temps d’admettre que nous vivons dans une économie factice », écrit le blog américain The Idealist. Les gens réclament des emplois, et les politiciens les leur promettent, mais les politiciens ne peuvent créer d’emplois. Et il ne faut pas compter sur les médias pour nous ouvrir les yeux, tout occupés qu’ils sont à glorifier les ‘people’, parce qu’ils sont riches. Ainsi, la semaine passée, Kim Kardashian a fait la une du Huffington Post parce que son chat est mort, rappelle-t-il
1/ Les faux emplois. Non seulement les chiffres du chômage sont minimisés artificiellement par les instances gouvernementales, mais 80% des emplois ne produisent aucune valeur. Ils pourraient disparaître demain sans menacer la survie et le bonheur de l’humanité.
2/ Les problèmes créent des emplois, et non des solutions. Nous ne réglerons jamais les problèmes de la drogue, de la violence, des codes des impôts trop complexes, …etc., parce que ces problèmes permettent d’employer des policiers, des percepteurs, des gardiens de prison, des fonctionnaires… En d’autres termes, nous avons besoin de ces problèmes totalement fabriqués pour créer de l’emploi artificiel.
3/ L’argent n’a pas de valeur. L’argent est l’illusion la plus trompeuse. L’argent n’a de la valeur que parce que la loi le décrète. Mais l’argent n’est que du papier avec de l’encre, et sa valeur réelle est nulle. Les seules choses qui aient de la valeur, c’est le travail, les matériaux, la nourriture, l’eau et l’énergie.
4/ Les banques centrales rachètent les dettes des nations. Aux Etats Unis, la Fed prête de l’argent au gouvernement américain qui émet des obligations pour financer ses dépenses. Ces obligations sont ensuite proposées aux investisseurs. Mais en pratique, c’est la Fed qui en rachète près de 90%. C’est ce que l’on appelle la monétisation de la dette. Dans la zone euro, cette monétisation de la dette a aussi lieu lorsque la BCE rachète des obligations souveraines des pays en difficulté, comme Mario Draghi s’est engagé à le faire en juillet de l’année dernière.
Or ceci ne consiste en rien de moins qu’une chaîne de Ponzi. Dans ce système, les taux d’intérêt sont artificiellement maintenus à un bas niveau (s’ils étaient le reflet de la demande réelle des investisseurs pour ces dettes, ils seraient plus élevés).
5/ La détermination de la valeur est faussée. Le mécanisme de fixation des prix est désormais tellement affecté par des variables exogènes qu’il devient difficile de déterminer quelle est la valeur réelle des choses. Les subventions de l’Etat, les taxes, les lois et les règlements, la manipulation des taux d’intérêt, et la spéculation sur les matières premières sont autant de facteurs qui compliquent la valorisation des biens et des services.
6/ L’échec est récompensé. On demande aux citoyens de se serrer la ceinture pour porter secours à des gouvernements, des institutions financières, ou des entreprises. Et lorsque quelqu’un réussit par la force de son travail, il est lourdement imposé pour financer les plans d’aide d’institutions qui se sont mal comporté.
7/ Les organisations privées ont les mêmes droits que les êtres humains, mais pas les mêmes sanctions. Cela devient évident lors de catastrophes industrielles : à quoi aurait été condamné un homme qui aurait provoqué une catastrophe de l’ampleur de celle de la plateforme Deepwater Horizon? Il aurait été jugé comme un tueur psychopathe, et on aurait veillé à ce qu’il ne puisse plus jamais nuire.
8/ Les gens achètent des choses avec de l’argent qu’ils n’ont pas. Malgré l’inflation, le chômage en hausse et l’effondrement des marchés immobiliers, l’achat à crédit ne ralentit pas. Or, rien n’est pire pour une économie que des emprunts adossés à des valeurs dont les retours sur investissement sont négatifs : voitures, cartes de crédit, et prêts étudiants, par exemple.
9/ Les créateurs d’entreprises sont punis. Règlementations abusives, multiplication des considérations écologistes (pas toujours fondées)… Nos économies créent de la dépendance là où il n’y en a pas besoin. La bureaucratie toujours plus lourde entrave les entreprises, quand elles ne les étouffe pas de façon fatale.
10/ L’esclavage moderne. Les banques centrales et les banques commerciales créent de l’argent à partir de rien, et cette création monétaire transforme les gouvernements, les industries et les familles en esclaves. Et même en l’absence d’endettement lié à un crédit, il faut payer des impôts et les effets de l’inflation…
Express.be
10/08/2012 - Goldman Sachs reste au-dessus des lois
Le dossier, pourtant, semblait épais.
Il portait sur le sujet le plus emblématique de la crise : les
agissements de la banque sur le marché des subprimes, ces produits à
l’origine du déclenchement de la crise. Le président de Goldman Sachs,
Lloyd Blankfein, était même soupçonné de parjure pour avoir menti sous
serment devant les sénateurs américains.
La justice américaine s’était saisie du dossier après une enquête particulièrement destructrice d’une commission sénatoriale sur les origines de la crise financière. Pendant dix-huit mois, elle avait entendu de nombreux témoins, auditionné les principaux responsables bancaires, décortiqué des milliers de documents et de courriels internes. Dans un très long rapport, ils avaient mis à nu toutes les dérives de Wall Street, pour finir par un constat accablant : « La crise n'a pas été le résultat d'une catastrophe naturelle, mais celui de produits financiers complexes et à haut risque ; de conflits d'intérêts tenus secrets et de l'échec des régulateurs, des agences de notation et du marché lui-même à brider les excès de Wall Street. »
Goldman Sachs tenait dans ce rapport une place de choix. Les sénateurs y confirmaient les révélations de la presse, notamment celles de Michael Lewis dans son ouvrage The big short (Le casse de siècle dans son édition française), sur le rôle de la banque dans le marché hypothécaire immobilier. Avec la Deutsche Bank, dont le poids a été aussi prépondérant dans cette affaire, Goldman Sachs a été l’acteur principal de toute l’invention financière –CDO, RMBS, CDS– dont on découvrira la toxicité par la suite. Durant les belles années, la banque a émis pour plus de 100 milliards de dollars de produits titrisés sur l’immobilier.
Maximiser le profit
Dès décembre 2006, Goldman Sachs voit les signes annonciateurs de la catastrophe: les défaillance des ménages, incapables d'honorer leurs mensualités, se multiplient. A cette date, Goldman détient plus de 15 milliards de dollars de subprimes et de produits titrisés en portefeuille. L’ordre est donné de vendre à tout prix. La banque invente notamment le fonds Abacus, où elle met une partie de ses produits toxiques, qu’elle s’empresse de vendre à ses clients. Pendant ce temps, Goldman Sachs spécule à la baisse sur les mêmes produits. La tromperie générale est organisée.
Durant les auditions, les sénateurs découvriront l’envers du décor : le fameux trader Fabrice Tourre, qui se présente comme dans ses mails comme un génie du mensonge ; les courriels internes de la banque où les différents traders utilisent le terme de «rats» pour parler de leurs clients, ou de « volaille à plumer » lors du scandale du Libor. D’une mine contrite, Lloyd Bankfein, qui se présentait quelques mois auparavant comme le banquier qui faisait l’œuvre de Dieu, assura la main sur le cœur aux sénateurs qu’il n’était au courant de rien, et qu’il regrettait profondément ces agissements non conformes à la culture de la banque.
Et pourtant, l’enquête sénatoriale prouvera que la direction de Goldman Sachs ne pouvait rien ignorer. Dès décembre 2006, le département « crédits hypothécaires et subprimes » avait été placé sous le pilotage direct de la direction générale de Goldman Sachs, qui surveillait au jour le jour l'évolution de la situation. En quelques mois, l’exposition de la banque sur les subprimes tombe de 15 à 2 milliards de dollars. Pendant ce temps, ses positions de vente à découvert sur les mêmes produits passent de 1 à 13,6 milliards de dollars. En novembre 2007, Lloyd Blankfein écrit un mail éloquent à ce sujet aux principaux responsables de la banque : « Nous n'avons pas été totalement épargnés par le désordre des subprimes. Mais nos pertes ont été largement compensées par nos gains sur les ventes à terme. »
Quant au changement de comportement de la banque, seuls les naïfs y croient. Dans une lettre de démission incendiaire, publiée dans le New York Times, un salarié résumait les « grands principes » d’un Goldman Sachs, obnubilé par sa propre richesse. « La banque a changé sa façon de penser le leadership (…) Aujourd’hui, si vous faites assez d’argent pour l’entreprise , vous serez placé en position d’influence », écrit-il. « Il a trois moyens rapides de devenir un dirigeant : a) persuader les clients d’investir dans des titres ou des produits dont vous essayez de vous débarrasser parce qu’ils sont jugés pas assez profitables ; b) amener vos clients à négocier un quelconque produit qui rapportera le maximum de profit à Goldman ; c ) vous trouver vous-même sur un siège où votre travail est de négocier n’importe quel produit illiquide et opaque avec un acronyme de trois lettres », dénonce-t-il.
Malgré ces lourdes charges, le ministère de la Justice indique qu’il « est arrivé à la conclusion que la charge de la preuve pour mener une procédure judiciaire était insuffisante, compte tenu de la loi et des faits, tels qu’ils apparaissent actuellement ». En d’autres termes, la justice n’a pas suffisamment les moyens légaux pour engager une action en justice. Le ministère souligne, toutefois, qu’il est prêt à rouvrir le dossier, si des éléments nouveaux apparaissent.
«Personne n'est en prison»
Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, Goldman Sachs a appris le même jour, que la SEC, l’autorité boursière de New York, refermait, sans donner suite, une autre enquête sur ses ventes de produits titrisés. La banque était accusée d’avoir vendu d’autres subprimes en décembre 2006, en trompant ses clients. Mais là encore, la SEC n’a rien trouvé à redire.
« Nous sommes très contents de voir ce sujet derrière nous », s’est félicité un porte-parole de la banque. Comment ne pas l’être ! Elle a échappé à tout. Goldman Sachs s’est juste acquitté d’une amende de 500 millions de dollars en 2009 auprès de la SEC pour couper court à une action judiciaire sur ses agissements dans les subprimes. La seule action au civil, qui est encore en cours, est menée contre son trader Fabrice Tourre.
Les commentaires ont été nombreux sur les sites de presse américians à la suite de la publication de cette information. Certains rappellent avec insistance que Goldman Sachs est un grand donateur des campagnes présidentielles. Comme le reconnaissait avec cynisme un trader de la banque, interrogé par la BBC, à l’automne dernier : « Ce ne sont pas les gouvernements qui dirigent le monde. C’est Goldman Sachs qui dirige le monde », avant d’ajouter qu’il espérait une récession, « car il y avait beaucoup d’argent à se faire en cas de crise ».
La décision du ministère de la justice, en tout cas, paraît lourde de conséquences. Wall Street va continuer à jouir d’une totale immunité. « Ces annonces sont aussi les dernières indications que les enquêtes fédérales sur la crise financière faiblissent, alors que le temps de la prescription approche », note le New York Times. « Depuis le début de la crise, personne n'est en prison », n’a cessé de s’affliger Charles Ferguson, réalisateur du documentaire Inside Job, dévoilant toutes les turpitudes de Wall Street. Les derniers événements lui donnent malheureusement encore raison.
Mediapart
19/07/2012 - La richesse engendre le crime
Après
la Barclays, HSBC est convaincue d’agissement délictueux. Et si la
délinquance financière était, non pas une anomalie de la finance
mondialisée, mais une de ses composantes naturelles ?
On s'inquiète souvent de la montée de la délinquance dans les cités. L'une d'entre elles, où le taux de criminalité croît de manière alarmante, mérite une attention particulière : la Cité de Londres.
La justice vient en effet de mettre à jour plusieurs de ces actions illégales qui scandalisent les honnêtes gens et entretiennent un climat d’insécurité propice à tous les dérèglements sociaux. Il s’agit d’abord des méfaits du gang de la Barclays, dont le caïd redouté, Bob Diamond, a reconnu avoir encouragé pendant des années la manipulation du Libor, le taux du crédit interbancaire, à des fins de racket en bande organisée, dans le cadre d’une alliance avec plusieurs cartels agissant au niveau mondial (Royal Bank of Scotland, Citigroup, UBS…)
On s'inquiète souvent de la montée de la délinquance dans les cités. L'une d'entre elles, où le taux de criminalité croît de manière alarmante, mérite une attention particulière : la Cité de Londres.
La justice vient en effet de mettre à jour plusieurs de ces actions illégales qui scandalisent les honnêtes gens et entretiennent un climat d’insécurité propice à tous les dérèglements sociaux. Il s’agit d’abord des méfaits du gang de la Barclays, dont le caïd redouté, Bob Diamond, a reconnu avoir encouragé pendant des années la manipulation du Libor, le taux du crédit interbancaire, à des fins de racket en bande organisée, dans le cadre d’une alliance avec plusieurs cartels agissant au niveau mondial (Royal Bank of Scotland, Citigroup, UBS…)
Esprit de lucre
En second lieu, les parrains du clan HSBC, l'une des principales banques de la planète, sont fortement soupçonnés d'avoir blanchi en toute connaissance de cause l’argent en provenance du trafic de drogue. Mis en cause par les autorités américaines, ils encourent désormais les foudres des tribunaux. Ces deux dernières affaires font suite à une ribambelle de scandales qui jettent une lumière crue sur les mœurs en vigueur dans le monde très fermé de la finance internationale et qui n'a guère à envier avec celles qu'on observe au sein du crime organisé dans les quartiers misérables des grandes villes.
Les défenseurs du système diront qu’il s'agit de moutons noirs dont les agissements ont été détectés par la justice et que tout rentrera dans l’ordre quand les sanctions prévues par la loi auront été prononcées. Il y a pourtant une autre manière d'interpréter ces phénomènes, qui ne cessent de se répéter depuis que l'argent circule librement autour de la planète : et si la délinquance financière était, non pas une anomalie de la finance mondialisée, mais une de ses composantes intrinsèques ? Et si elle n’était pas une pathologie du système, mais le système lui-même ? L'esprit de lucre placé avant toute autre considération est en effet la seule morale qui préside au fonctionnement des marchés de l’argent.
En second lieu, les parrains du clan HSBC, l'une des principales banques de la planète, sont fortement soupçonnés d'avoir blanchi en toute connaissance de cause l’argent en provenance du trafic de drogue. Mis en cause par les autorités américaines, ils encourent désormais les foudres des tribunaux. Ces deux dernières affaires font suite à une ribambelle de scandales qui jettent une lumière crue sur les mœurs en vigueur dans le monde très fermé de la finance internationale et qui n'a guère à envier avec celles qu'on observe au sein du crime organisé dans les quartiers misérables des grandes villes.
Les défenseurs du système diront qu’il s'agit de moutons noirs dont les agissements ont été détectés par la justice et que tout rentrera dans l’ordre quand les sanctions prévues par la loi auront été prononcées. Il y a pourtant une autre manière d'interpréter ces phénomènes, qui ne cessent de se répéter depuis que l'argent circule librement autour de la planète : et si la délinquance financière était, non pas une anomalie de la finance mondialisée, mais une de ses composantes intrinsèques ? Et si elle n’était pas une pathologie du système, mais le système lui-même ? L'esprit de lucre placé avant toute autre considération est en effet la seule morale qui préside au fonctionnement des marchés de l’argent.
La richesse engendre le crime
L'avidité a été érigée par les théoriciens du marché libre, comme par ses praticiens, en maxime universelle, pour employer le vocabulaire d'Emmanuel Kant. Le respect, la réputation, la renommée, sont réservés au seuls gagnants de la spéculation, quelles que soient les méthodes qu'il emploie, quels que soient les chemins tortueux par lesquels il est arrivé à la fortune. La seule valeur reconnue par ce milieu très particulier, c'est la valeur en bourse. Les autres valeurs – le courage, la droiture, l'honnêteté, la rectitude – ne sont que des survivances archaïques du temps où il y avait, à côté de l’argent, d'autres critères de la réussite individuelle. Tout cela, hérité d’un temps irrationnel et quelque peu boy-scout, a été noyé, comme l’écrivait Marx, "dans les eaux froides du calcul égoïste".
Et si l'argent est la mesure de toute chose, la tentation devient forte d’en accumuler en dehors de toute règle, de toute morale, de toute loi. En supprimant toute autre référence que la réussite financière, on mine toute résistance au vol, à l’escroquerie, à la fraude ou à la tromperie. Pas vu pas pris : celui qui remplit son compte en banque a toujours raison. Les sociologues mettent souvent en relation le taux de délinquance observée dans tel ou tel secteur de la société avec le niveau de vie des personnes concernées. Il est entendu que la pauvreté, pour faire court, encourage l'illégalité, dans la mesure où les plus pauvres sont plus enclins, pour sortir de leur misère, à courir le risque de la délinquance. Les chercheurs doivent revoir leurs raisonnements. Dans le cas des marchés financiers, ce n’est pas la misère qui engendre le crime ; c’est la richesse.
NouvelObs
03/01/2012 - Pourquoi faut-il que les Etats payent 600 fois plus que les banques ?
Ce sont des chiffres incroyables. On savait déjà que, fin 2008, George Bush et Henry Paulson avaient mis sur la table 700 milliards de dollars (540 milliards d'euros) pour sauver les banques américaines. Une somme colossale. Mais un juge américain a récemment donné raison aux journalistes de Bloomberg qui demandaient à leur banque centrale d'être transparente sur l'aide qu'elle avait apportée elle-même au système bancaire.
Après avoir épluché 20 000 pages de documents divers, Bloomberg montre que la Réserve fédérale a secrètement prêté aux banques en difficulté la somme de 1 200 milliards au taux incroyablement bas de 0,01 %.
Au même moment, dans de nombreux pays, les peuples souffrent des plans d'austérité imposés par des gouvernements auxquels les marchés financiers n'acceptent plus de prêter quelques milliards à des taux d'intérêt inférieurs à 6, 7 ou 9 % ! Asphyxiés par de tels taux d'intérêt, les gouvernements sont "obligés" de bloquer les retraites, les allocations familiales ou les salaires des fonctionnaires et de couper dans les investissements, ce qui accroît le chômage et va nous faire plonger bientôt dans une récession très grave.
Est-il normal que, en cas de crise, les banques privées, qui se financent habituellement à 1 % auprès des banques centrales, puissent bénéficier de taux à 0,01 %, mais que, en cas de crise, certains Etats soient obligés au contraire de payer des taux 600 ou 800 fois plus élevés ? "Etre gouverné par l'argent organisé est aussi dangereux que par le crime organisé", affirmait Roosevelt. Il avait raison. Nous sommes en train de vivre une crise du capitalisme dérégulé qui peut être suicidaire pour notre civilisation. Comme l'écrivent Edgar Morin et Stéphane Hessel dans Le Chemin de l'espérance (Fayard, 2011), nos sociétés doivent choisir : la métamorphose ou la mort ?
Allons-nous attendre qu'il soit trop tard pour ouvrir les yeux ? Allons-nous attendre qu'il soit trop tard pour comprendre la gravité de la crise et choisir ensemble la métamorphose, avant que nos sociétés ne se disloquent ? Nous n'avons pas la possibilité ici de développer les dix ou quinze réformes concrètes qui rendraient possible cette métamorphose. Nous voulons seulement montrer qu'il est possible de donner tort à Paul Krugman quand il explique que l'Europe s'enferme dans une "spirale de la mort". Comment donner de l'oxygène à nos finances publiques ? Comment agir sans modifier les traités, ce qui demandera des mois de travail et deviendra impossible si l'Europe est de plus en plus détestée par les peuples ?
Angela Merkel a raison de dire que rien ne doit encourager les gouvernements à continuer la fuite en avant. Mais l'essentiel des sommes que nos Etats empruntent sur les marchés financiers concerne des dettes anciennes. En 2012, la France doit emprunter quelque 400 milliards : 100 milliards qui correspondent au déficit du budget (qui serait quasi nul si on annulait les baisses d'impôts octroyées depuis dix ans) et 300 milliards qui correspondent à de vieilles dettes, qui arrivent à échéance et que nous sommes incapables de rembourser si nous ne nous sommes pas réendettés pour les mêmes montants quelques heures avant de les rembourser.
Faire payer des taux d'intérêt colossaux pour des dettes accumulées il y a cinq ou dix ans ne participe pas à responsabiliser les gouvernements mais à asphyxier nos économies au seul profit de quelques banques privées : sous prétexte qu'il y a un risque, elles prêtent à des taux très élevés, tout en sachant qu'il n'y a sans doute aucun risque réel, puisque le Fonds européen de stabilité financière (FESF) est là pour garantir la solvabilité des Etats emprunteurs...
Il faut en finir avec le deux poids, deux mesures : en nous inspirant de ce qu'a fait la banque centrale américaine pour sauver le système financier, nous proposons que la "vieille dette" de nos Etats puisse être refinancée à des taux proches de 0 %.
Il n'est pas besoin de modifier les traités européens pour mettre en oeuvre cette idée : certes, la Banque centrale européenne (BCE) n'est pas autorisée à prêter aux Etats membres, mais elle peut prêter sans limite aux organismes publics de crédit (article 21.3 du statut du système européen des banques centrales) et aux organisations internationales (article 23 du même statut). Elle peut donc prêter à 0,01 % à la Banque européenne d'investissement (BEI) ou à la Caisse des dépôts, qui, elles, peuvent prêter à 0,02 % aux Etats qui s'endettent pour rembourser leurs vieilles dettes.
Rien n'empêche de mettre en place de tels financements dès janvier ! On ne le dit pas assez : le budget de l'Italie présente un excédent primaire. Il serait donc à l'équilibre si l'Italie ne devait pas payer des frais financiers de plus en plus élevés. Faut-il laisser l'Italie sombrer dans la récession et la crise politique, ou faut-il accepter de mettre fin aux rentes des banques privées ? La réponse devrait être évidente pour qui agit en faveur du bien commun.
Le rôle que les traités donnent à la BCE est de veiller à la stabilité des prix. Comment peut-elle rester sans réagir quand certains pays voient le prix de leurs bons du Trésor doubler ou tripler en quelques mois ? La BCE doit aussi veiller à la stabilité de nos économies. Comment peut-elle rester sans agir quand le prix de la dette menace de nous faire tomber dans une récession "plus grave que celle de 1930", d'après le gouverneur de la Banque d'Angleterre ?
Si l'on s'en tient aux traités, rien n'interdit à la BCE d'agir avec force pour faire baisser le prix de la dette. Non seulement rien ne lui interdit d'agir, mais tout l'incite à le faire. Si la BCE est fidèle aux traités, elle doit tout faire pour que diminue le prix de la dette publique. De l'avis général, c'est l'inflation la plus inquiétante !
En 1989, après la chute du Mur, il a suffi d'un mois à Helmut Kohl, François Mitterrand et aux autres chefs d'Etat européens pour décider de créer la monnaie unique. Après quatre ans de crise, qu'attendent encore nos dirigeants pour donner de l'oxygène à nos finances publiques ? Le mécanisme que nous proposons pourrait s'appliquer immédiatement, aussi bien pour diminuer le coût de la dette ancienne que pour financer des investissements fondamentaux pour notre avenir, comme un plan européen d'économie d'énergie.
Ceux qui demandent la négociation d'un nouveau traité européen ont raison : avec les pays qui le veulent, il faut construire une Europe politique, capable d'agir sur la mondialisation ; une Europe vraiment démocratique comme le proposaient déjà Wolfgang Schäuble et Karl Lamers en 1994 ou Joschka Fischer en 2000. Il faut un traité de convergence sociale et une vraie gouvernance économique.
Tout cela est indispensable. Mais aucun nouveau traité ne pourra être adopté si notre continent s'enfonce dans une "spirale de la mort" et que les citoyens en viennent à détester tout ce qui vient de Bruxelles. L'urgence est d'envoyer aux peuples un signal très clair : l'Europe n'est pas aux mains des lobbies financiers. Elle est au service des citoyens.
Michel Rocard est aussi le président du conseil d'orientation scientifique de Terra Nova depuis 2008. Pierre Larrouturou est aussi l'auteur de "Pour éviter le krach ultime" - Le monde
15/11/2011 - Vidéo documentaire: Inside Job
15/11/2011 - Goldman Sachs, le trait d'union entre Mario Draghi, Mario Monti et Lucas Papadémos
Qu'ont en commun Mario Draghi, Mario Monti et Lucas Papadémos ? Le nouveau président de la Banque centrale européenne, le président désigné du conseil italien et le nouveau premier ministre grec appartiennent à des degrés divers au "gouvernement Sachs" européen. La banque d'affaires américaine a en effet tissé en Europe un réseau d'influence unique sédimenté depuis des lustres grâce à un maillage serré, souterrain comme public.
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A tout concours, il faut une hiérarchie. Le premier prix revient bien sûr à Mario Draghi, vice-président de Goldman Sachs pour l'Europe entre 2002 et 2005. Nommé associé, il est chargé des "entreprises et pays souverains". A ce titre, l'une des missions est de vendre le produit financier "swap" permettant de dissimuler une partie de la dette souveraine, qui a permis de maquiller les comptes grecs. Vient ensuite Mario Monti, conseiller international depuis 2005. Arrive en troisième position Lucas Papadémos, qui vient d'être nommé premier ministre de la Grèce, qui fut gouverneur de la Banque centrale hellénique entre 1994 et 2002, qui a participé à ce titre à l'opération de trucage des comptes perpétré par GS. Le gestionnaire de la dette grecque est d'ailleurs un certain Petros Christodoulos, un ex-trader de la firme.
Deux autres poids lourds tiennent le haut du pavé dans la défenestration de l'euro, Otmar Issing, ex-président de la Bundesbank et Jim O'Neill, l'inventeur du concept des BRICS, l'acronyme désignant les marchés émergents à fort potentiel de croissance (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). Ex-président de Goldman Sachs International dont il est resté l'un des administrateurs, l'Irlandais Peter Sutherland a joué un rôle-clé dans le sauvetage de l'Irlande. Enfin, Paul Deighton, qui a passé 22 ans chez Goldman Sachs, est directeur général du comité organisateur des Jeux olympiques de Londres en 2012. La lanterne rouge car chacun sait que le sport comme l'amitié est hors concours.
Pourtant, au-delà des apparences, le réseau d'influence qui a fait sa puissance avant ou pendant la tourmente politique financière de 2008 a perdu de son efficacité. En effet, les complicités anciennes entretenues par les ex-banquiers centraux chevronnés mobilisés pour tirer les ficelles se révèlent moins utiles face à des politiciens sensibles à l'impopularité des professionnels de la finance tenus pour responsables de la crise. Là où Goldman Sachs pouvait facilement exercer ses talents, une série d'affaires – la Grèce, la spéculation contre l'euro, le scandale Abacus auquel a été mêlé le goldmanien français Fabrice Tourre – lui ont mis à dos la puissance publique.
Le carnet d'adresses est utile mais ne suffit plus à lui tout seul sur une planète financière complexe et technique et face à une nouvelle génération d'industriels moins pétris de respect pour l'establishment. Les patrons européens partis à la conquête du monde se sont émancipés des croisés de la haute finance style Goldman Sachs. La quête de valorisation de l'actionnaire, les exigences de transparence des comptes et les impératifs de l'expansion à l'étranger émoussent l'"effet réseau". Enfin, devenus plus exigeants sur la qualité et l'indépendance du métier de conseil, les clients européens, mais pas seulement, exigent le respect d'un minimum d'éthique.
Et c'est là que le bât blesse à propos de Goldman Sachs. Car la banque aime placer ses hommes sans jamais laisser tomber le masque. C'est pourquoi ses hommes liges cachent cette filiation quand ils donnent une interview ou mènent une mission officielle (comme ce fut le cas de Monti qui s'est vu confier en 2010 une étude sur le marché unique européen par le président de la Commission, José Manuel Barroso).
Mario Draghi affirme qu'étant entré en fonction en 2002, il n'a rien eu à voir avec le maquillage des comptes grecs orchestré deux ans plus tôt par la banque. Et il a démissionné en 2005, soit un an avant que Goldman Sachs ne revendre une partie du "swap" en question à la National Bank of Greece, la première banque commerciale du pays, dirigée par un ancien Goldmanien, Petros Christodoulos, aujourd'hui responsable de l'organisme gérant la dette grecque.
Deux autres poids lourds tiennent le haut du pavé dans la défenestration de l'euro, Otmar Issing, ex-président de la Bundesbank et Jim O'Neill, l'inventeur du concept des BRICS, l'acronyme désignant les marchés émergents à fort potentiel de croissance (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). Ex-président de Goldman Sachs International dont il est resté l'un des administrateurs, l'Irlandais Peter Sutherland a joué un rôle-clé dans le sauvetage de l'Irlande. Enfin, Paul Deighton, qui a passé 22 ans chez Goldman Sachs, est directeur général du comité organisateur des Jeux olympiques de Londres en 2012. La lanterne rouge car chacun sait que le sport comme l'amitié est hors concours.
Pourtant, au-delà des apparences, le réseau d'influence qui a fait sa puissance avant ou pendant la tourmente politique financière de 2008 a perdu de son efficacité. En effet, les complicités anciennes entretenues par les ex-banquiers centraux chevronnés mobilisés pour tirer les ficelles se révèlent moins utiles face à des politiciens sensibles à l'impopularité des professionnels de la finance tenus pour responsables de la crise. Là où Goldman Sachs pouvait facilement exercer ses talents, une série d'affaires – la Grèce, la spéculation contre l'euro, le scandale Abacus auquel a été mêlé le goldmanien français Fabrice Tourre – lui ont mis à dos la puissance publique.
Le carnet d'adresses est utile mais ne suffit plus à lui tout seul sur une planète financière complexe et technique et face à une nouvelle génération d'industriels moins pétris de respect pour l'establishment. Les patrons européens partis à la conquête du monde se sont émancipés des croisés de la haute finance style Goldman Sachs. La quête de valorisation de l'actionnaire, les exigences de transparence des comptes et les impératifs de l'expansion à l'étranger émoussent l'"effet réseau". Enfin, devenus plus exigeants sur la qualité et l'indépendance du métier de conseil, les clients européens, mais pas seulement, exigent le respect d'un minimum d'éthique.
Et c'est là que le bât blesse à propos de Goldman Sachs. Car la banque aime placer ses hommes sans jamais laisser tomber le masque. C'est pourquoi ses hommes liges cachent cette filiation quand ils donnent une interview ou mènent une mission officielle (comme ce fut le cas de Monti qui s'est vu confier en 2010 une étude sur le marché unique européen par le président de la Commission, José Manuel Barroso).
Mario Draghi affirme qu'étant entré en fonction en 2002, il n'a rien eu à voir avec le maquillage des comptes grecs orchestré deux ans plus tôt par la banque. Et il a démissionné en 2005, soit un an avant que Goldman Sachs ne revendre une partie du "swap" en question à la National Bank of Greece, la première banque commerciale du pays, dirigée par un ancien Goldmanien, Petros Christodoulos, aujourd'hui responsable de l'organisme gérant la dette grecque.
Marc Roche - Le Monde
27/09/2011 - Alessio Rastani - "C'est Goldman Sachs qui dirige le monde et non les politiques"
Un homme présenté comme trader à Londres a provoqué mardi un buzz sur internet en affirmant qu'il "rêvait" toutes les nuits d'une récession, des propos qui ont suscité l'indignation mais aussi des interrogations sur l'identité du jeune individu.
L'interview d'Alessio Rastani, lundi à la télévision BBC, a été visionnée par plus de 360.000 personnes sur internet, mais ses propos correspondent tellement aux stéréotypes des traders que des rumeurs circulaient sur la possibilité qu'il s'agisse d'une supercherie.
"J'ai une confession à faire: je vais au lit tous les soirs, et je rêve d'une autre récession (...). Personnellement, j'ai rêvé de ce moment depuis trois ans", a déclaré Alessio Rastani sans ambages.
Interrogé sur la réponse des dirigeants à la crise de l'euro, le jeune homme de 34 ans a déclaré que les traders "se foutent" de l'euro. "La plupart des traders se fichent de savoir comment (...) la situation va être résolue. Notre boulot, c'est de faire de l'argent", a-t-il affirmé.
"Les gouvernements ne dirigent pas le monde. Goldman Sachs (banque d'affaires américaine) dirige le monde. Goldman Sachs s'en fiche de ce plan de sauvetage, tout comme les importants fonds spéculatifs", a-t-il assuré.
Les commentaires de M. Rastani, présenté comme un trader indépendant par BBC, ont provoqué de nombreuses réactions.
"Cela me semble immoral et amoral", a réagi la ministre espagnole des Finances, Elena Salgado. "Le trader qui a soulevé le couvercle sur ce que la City pense vraiment", a titré The Independent.
Certains médias ont avancé que M. Rastani pourrait être un membre de Yes Men, un groupe basé aux Etats-Unis qui avait reconnu sa responsabilité dans une info bidon reprise par la BBC en 2004, selon laquelle la société Dow Chemical allait indemniser les victimes du désastre de Bhopal en Inde en 1984.
Mais Yes Men a démenti être cette fois impliqué, et dans une interview mardi au magazine financier Forbes, M. Rastani a insisté sur le fait qu'il était un trader travaillant à son compte.
La BBC a aussi assuré avoir mené une "enquête détaillée" sur le jeune homme et n'avoir pas rien trouvé laissant penser qu'il n'était pas trader.
Goldman Sachs, citée par M. Rastani, s'est refusée à tout commentaire.
L'interview d'Alessio Rastani, lundi à la télévision BBC, a été visionnée par plus de 360.000 personnes sur internet, mais ses propos correspondent tellement aux stéréotypes des traders que des rumeurs circulaient sur la possibilité qu'il s'agisse d'une supercherie.
"J'ai une confession à faire: je vais au lit tous les soirs, et je rêve d'une autre récession (...). Personnellement, j'ai rêvé de ce moment depuis trois ans", a déclaré Alessio Rastani sans ambages.
Interrogé sur la réponse des dirigeants à la crise de l'euro, le jeune homme de 34 ans a déclaré que les traders "se foutent" de l'euro. "La plupart des traders se fichent de savoir comment (...) la situation va être résolue. Notre boulot, c'est de faire de l'argent", a-t-il affirmé.
"Les gouvernements ne dirigent pas le monde. Goldman Sachs (banque d'affaires américaine) dirige le monde. Goldman Sachs s'en fiche de ce plan de sauvetage, tout comme les importants fonds spéculatifs", a-t-il assuré.
Les commentaires de M. Rastani, présenté comme un trader indépendant par BBC, ont provoqué de nombreuses réactions.
"Cela me semble immoral et amoral", a réagi la ministre espagnole des Finances, Elena Salgado. "Le trader qui a soulevé le couvercle sur ce que la City pense vraiment", a titré The Independent.
Certains médias ont avancé que M. Rastani pourrait être un membre de Yes Men, un groupe basé aux Etats-Unis qui avait reconnu sa responsabilité dans une info bidon reprise par la BBC en 2004, selon laquelle la société Dow Chemical allait indemniser les victimes du désastre de Bhopal en Inde en 1984.
Mais Yes Men a démenti être cette fois impliqué, et dans une interview mardi au magazine financier Forbes, M. Rastani a insisté sur le fait qu'il était un trader travaillant à son compte.
La BBC a aussi assuré avoir mené une "enquête détaillée" sur le jeune homme et n'avoir pas rien trouvé laissant penser qu'il n'était pas trader.
Goldman Sachs, citée par M. Rastani, s'est refusée à tout commentaire.
25/09/2011 - Interview intégrale de Wolfgang Hetzer dans le journal Die Welt pour le livre "Mafia financière" (06/06/2011)
Wolfgang Hetzer est haut fonctionnaire anti-corruption de l’UE
M. Hetzer, pourquoi ce sujet de la crise financière [lié à la corruption]?
Lorsque le Premier ministre grec Giorgos Papandreou était en Allemagne, il a déclaré que son pays est dans cette difficile situation parce que la corruption est largement répandue en Grèce. Je précise toutefois que mon livre « la mafia financière » n’est lié en aucune façon avec mes fonctions officielles. J’exprime des opinions personnelles qui ne sont endossées par la Commission Européenne en aucune façon.
Vous avez dit que la crise financière internationale n’a pas été une fatalité.
Cette crise n’est certainement pas une catastrophe naturelle. Ce n’est pas une sanction divine. Ce n’est pas une malédiction satanique, mais elle a ses racines dans des conduites et des défaillances humaines. A ces conduites appartient, généralement parlant, la liberté des paris sur les produits financiers hautement spéculatifs tels que les dérivés. Et côté défaillance, parmi beaucoup d’autres, le contrôle défectueux des activités ou encore l’incapacité d’établir une structure efficace de surveillance.
A qui jetez vous la pierre, plus exactement ?
Il y a les coupables dans l’industrie financière, afin de continuer à conclure des paris. Et il y a leurs soutiens dans la politique qui leur ont permis ces paris et les ont laissés ne prendre aucune mesure affectant le périmètre accessible aux banquiers d’investissement. La liste des transgressions de la politique est longue.
Nommez en donc quelques unes
La politique a permis aux entreprises financières de ne pas inscrire toutes leurs opérations dans le bilan, et de les cacher. Elle a admis que les banques ne disposent pas de suffisamment de fonds propres en face des risques qu’elles avaient pris. Il n’y a pas eu de limite quant aux opérations sur compte propre des institutions financières avec leurs produits financiers alors que cela aurait été nécessaire. Les politiciens ont admis que les risques de crédit soient transférés jusqu’à 100 pour cent. Et assez souvent ils laissent letravail législatif aux mains des institutions financières elles-mêmes.
Vous voulez dire que les politiciens se font conseillés/influencés ?
Et bien plus que ça. Pensez à la Loi sur la modernisation des investissements [instruments financiers], à la Loi sur la stabilisation des marchés financiers et à la Loi d’accompagnement qui lui est relative [?]. Il s’est fait là une forme particulièrement piquante de privatisation. Parce que évidemment plus l’expertise nécessaire dans la bureaucratie gouvernementale est absente, plus le gouvernement laisse diriger ce projet de loi par les avocats de l’industrie financière. C’est que la politique délègue son cœur de métier principal, à savoir l’expertise dans l’élaboration de la législation. Et il faut pour cela faire payer les contribuables aussi.
La politique serait ainsi le soutien docile des spéculateurs?
Encore pire. La politique s’est laissée balader sur la scène mondiale par l’industrie financière comme si on la tirait par un anneau dans le nez. L’industrie financière a placé ses intérêts par paquets de milliards dans la politique. C’est bien à cette conclusion qu’est parvenue la Commission du Congrès américain quand elle a tenté d’établir les circonstances qui ont mené à la crise financière.
Dans votre livre « mafia financière » vous vous plaignez d’une « culture dominante de la corruption ». Que voulez-vous dire?
J’entends par là que les pratiques de corruption dans la sphère [?] économique et dans la politique semblent de plus en plus présentes. La rationalité économique a abdiqué. les contre-pouvoirs [Fachzwänge ?] ont été suspendus. Au lieu de cela, une politique d’intérêt à sens unique a été établie.
Comment doit-on se représenter cela?
Le monde financier suit la logique de la mafia, qui est de suivre le maximum de profit avec le minimum de risques. Cela signifie que tous les moyens sont utilisés, dans un but [promesse?] d’efficacité , comme à travers des contacts dans les entreprises, le gouvernement et la politique. L’idée que la mafia vraiment dangereuse est celle caractérisée par la violence, est naïve. Leur menace majeure est leur influence, leur pouvoir par les liens qu’ils construisent, la façon qu’ils ont ainsi de corrompre lois économiques à leur propre avantage, de les faire dysfonctionner ou ne pas entrer en vigueur [quand ça les gênerait]. Telle est la logique de la mafia.
Qui compose ces mafia financières?
Ce sont des gens qui appartiennent à toutes les institutions financières, toutes les banques d’investissement dans la mesure où elles œuvrent exclusivement pour leur propre bénéfice à vendre des produits [structurés] et aux limites de la trahison des parties [clients ?] – alors qu’elles parient en même temps sur leur baisse -. Pourquoi pensez-vous que le procureur général de New York s’en prend à la Deutsche Bank ? Parce qu’ils n’ont pas agi sur le marché immobilier comme aurait du le faire une Banque honorable.
Quel rôle ont joué des gens comme le chef de la direction de la DB Josef Ackermann lors de la crise financière?
Ackermann a le pouvoir plutôt deux fois qu’une. Et une grande puissance que vous pouvez percevoir en lisant le bilan de sa banque. Et parce que c’est le cas, son rôle pourrait être quelque peu comparé à celui de l’ex-président de la Fed Alan Greenspan. Que Greenspan sourie, et c’était, selon les besoins, interprété de toute façon. Peut-être qu’il ne savait pas pourquoi il sourit. Et si Ackerman dit quelque chose sur la Grèce ou l’euro, alors tous l’écoutent attentivement. Il est puissant en vertu de sa fonction.
Quelles sont les motivations au sein de la mafia financière?
C’est l’avidité qui les anime. La cupidité et l’auto-privilège. Par cette auto-privilège [prise d'intérêt] et avec des « bonnes volontés » en réalité achetées, se créé un milieu dans lequel la participation réussie à des orgies d’enrichissement devient le seul but de l’action. Qui n’a apporte pas à ce moulin un ego correspondant ne s’élève pas dans les cadres du monde financier. Ce sont des gens qui veulent comparer en continu et qui ont une notion pervertie du succès, sinon il y a certaines choses qu’ils n’auraient pas faites.
Un malade, il a besoin d’aide …
Ces gens ne sont probablement plus sensibles à rien. Avec la mondialisation, ils sont capables de manœuvrer autant de grands gouvernails [barre Räder] qu’ils peuvent se prendre pour le bon Dieu. PDG de Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, a dit littéralement: « Nous faisons le travail de Dieu. » Malheureusement, ils n’ont pas une seule pensée pour tout ce qu’on pourrait faire de sensé avec tout cet argent.
Comment est-on parvenu à un tel état?
Parce que nul ne s’oppose à ces personnes. Parce que la politique volontairement se livre à leur emprise, l’électeur, de son coté, fait ses adieux à la politique. Nous nous retirons dans la sphère privée, nous nous résignons et nous lamentons que « ceux d’en haut » de toute façon, font ce qu’ils veulent. C’est une attitude qui a toujours fréquemment conduit à des catastrophes auparavant.
Mais encore?
La situation s’aggrave. Que se passerait-il si la Grèce ne paie pas la fin de Juin ses fonctionnaires?
Quelles sont les alternatives entre la faillite de l’Etat et la poursuite des programmes d’aide? En Grèce, et en Espagne le mécontentement grandit. On ne croit plus les politiciens. Les gens voient parmi les élites le règne d’une culture kleptocratique. Ils se sentent trahis par des cliques menteuses [versager?] en politique et en économie.
L’état est-il vraiment victime ou complice?
Norbert Bluem a déclaré que l’Etat est maintenant comme un guetteur[Schmierensteher?] de joueur de casino. Et maintenant, ce guetteur doit faciliter, lubrifier les activités du joueur. Il est le garant de milliards de pertes. Il obtient les factures présentées. Et les banques allemandes et françaises ne craignent rien de plus que la faillite nationale des Grecs , parce qu’ils seraient obligé de mettre une croix sur de grosses créances et d’encaisser de lourdes pertes. Ainsi, les recettes fiscales qui sont encore bonnes en Allemagne seront utilisées pour renflouer ceux-là même qui sont responsables de la situation dans laquelle ils nous ont coincés.
Nous allons donc sauver les banques encore une fois ?
Tout à fait. Tout l’argent dont nous avons besoin pour des besoins sociaux urgents, est maintenant utilisé pour payer les intérêts dus aux banques. Mais de cela on ne parle évidemment pas avec la clarté qui conviendrait.
Pourquoi n’y a-t-il pas de débat politique sur la responsabilité?
Sur ce point, je n’ai pas d’explication. Au contraire, on laisse filer les machinations de la mafia financière, qui pour moi ont leur propre obscénité, haussant loin [achselzuckend hinweg, et cela porte loin ?]. Ainsi des millions de gens voient leurs chances dans la vie trahies, leur avenir trompé. Ce qu’on a fait est un déni d’existence [existenzvernichtend] pour des sociétés entières. Mais il demeure impuni.
30/08/2011 - Laurence Parisot dénonce un complot américain contre l'Europe
L'activité économique semble connaître un coup de frein brutal. Comment l'expliquez-vous?
Le ralentissement est dû à la rencontre de deux séries de causes: aux États-Unis, une situation économique et politique qui se dégradait; en Europe, des États qui franchissaient la ligne rouge en terme d'endettement. Une fois ces difficultés surmontées, nous retrouverons une croissance vive et créatrice d'emplois mais il ne faut pas se tromper dans l'analyse de ce que nous avons vécu cet été.
La situation s'est tendue quand la Chine a commencé à faire la leçon aux États-Unis sur leur dette. Les Américains ont sans doute voulu alors repasser le mistigri à l'Europe. On a assisté à une sorte de guerre psychologique et à une tentative de déstabilisation de la zone euro. Les marchés ont surréagi, étant par nature très sensibles aux rumeurs, même organisées. La morale de l'histoire, c'est que nous ne devons pas être naïfs et tomber dans le panneau de l'autodisqualification: si l'Europe a été attaquée, ce n'est pas parce qu'elle est faible mais parce qu'elle est forte, et si elle est enviée, c'est parce qu'elle est enviable.
Qui serait à l'origine de ce complot?
Je parlerais plutôt d'une «orchestration» outre-Atlantique des difficultés de l'Europe. Voyez les rumeurs sur les banques françaises, qui se sont diffusées immédiatement alors qu'elles étaient absolument infondées. Nos banques sont parmi les plus solides au monde. Des unes de médias américains annonçaient pourtant la mort de telle ou telle et même la fin de la zone euro. Nous sommes passés d'attaques sur l'Espagne à des attaques sur l'Italie, puis sur la France, jusqu'à des rumeurs de dégradation de l'Allemagne la semaine dernière! Quand des publications américaines très lues par les investisseurs et les analystes financiers titrent sur de fausses annonces dramatiques, des questions se posent.
L'accumulation des dettes des États est pourtant une réalité…
Certes. Les dettes ne sont plus tenables. Elles doivent être résorbées au plus vite. Comme le montrent les mesures prises la semaine dernière, le gouvernement n'a pas tardé à entendre l'avertissement.
Vous êtes donc favorable à la règle d'or de retour à l'équilibre budgétaire?
Le principe d'une règle d'or consoliderait la réputation de notre pays et faciliterait le travail de n'importe quel gouvernement. De nombreux pays s'y engagent, il serait étrange que nous Français n'en soyons pas capables.
Dix milliards de prélèvements supplémentaires pour un milliard d'économies de dépenses, est-ce la meilleure façon de lutter contre les déficits?
Il fallait ajuster rapidement la situation, le gouvernement l'a fait. Mais vous avez raison, cela ne suffira pas, et l'État doit aussi accélérer la baisse de ses dépenses. L'idéal serait un ratio de 1 à 2: deux fois plus d'économies sur les dépenses que de hausse sur les recettes sociales et fiscales. Des mesures comme la réforme des retraites et le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux vont dans ce sens. Aller plus loin suppose d'autres réformes structurelles: se concentrer sur les collectivités locales et y décliner la RGPP; travailler aussi sur la santé, notamment l'hôpital public (pourquoi facture-t-il plus à l'assurance-maladie que le secteur privé pour les mêmes prestations?); enfin, développer partout les partenariats public-privé et les délégations de service public. Ces voies ont l'immense avantage de ne pas toucher à notre modèle social.
François Fillon a-t-il eu la «PME attitude» que vous ne cessez de prôner dans son plan antidéficit?
Il s'est en effet montré attentif aux petites entreprises mais on doit faire encore plus. Parmi les TPE-PME-ETI d'aujourd'hui se trouvent des entreprises du CAC 40 de 2030: elles doivent bénéficier du meilleur environnement possible pour pouvoir grandir. C'est pourquoi nous appelons à un vaste programme pour délégiférer et déréglementer le système juridique qui enserre jusqu'au cou les petites et moyennes entreprises. Il faut aussi alléger leur fiscalité. Il est choquant que l'impôt sur les sociétés (IS) acquitté effectivement par les TPE-PME soit (par rapport à l'excédent d'exploitation) de l'ordre de 39% contre 19% pour les grandes entreprises. Entre autres raisons, ces dernières déduisent de leur résultat les intérêts d'emprunts, tandis que les TPE-PME le font peu du fait de leur moindre capacité à emprunter. C'est la double peine! Il existe aussi un taux réduit d'impôt sur les sociétés (15%) pour les entreprises dont le chiffre d'affaires ne dépasse pas 7,6 millions d'euros. Le Medef demande que ce plafond soit relevé à 10 millions.
Seize grands patrons se sont dits prêts la semaine dernière à être taxés plus. Approuvez-vous la taxe exceptionnelle sur les hauts revenus qui va être instituée?
On voit des revenus très élevés chez les sportifs, les acteurs, les professions libérales: ce n'est pas un sujet spécifique à quelques chefs d'entreprise. Je comprends le principe d'une taxe particulière à un moment exceptionnel, mais l'arbre ne doit pas cacher la forêt et faire oublier la nécessaire modération des rémunérations des dirigeants. Par ailleurs, ne confondons pas tout. Il y aurait de la démagogie à comparer l'incomparable et à mettre dans le même sac des revenus annuels de 250 000 euros et de 2,5 millions d'euros. Veillons à ce qu'à l'avenir une évolution du seuil n'affecte pas les classes moyennes, y compris les classes moyennes supérieures, qui sont le moteur de l'économie.
L'intégration des heures supplémentaires dans le calcul des allégements de charges sur les bas salaires ne risque-t-elle pas de renchérir le coût du travail et de détruire des emplois peu qualifiés?
Il y a bien sûr dans ce plan des mesures qui nous plaisent moins que d'autres. Nous déplorons aussi le passage du forfait social de 6 à 8%: il pénalise l'intéressement et la participation que nous voulons encourager. Mais l'ensemble s'inscrit dans une claire logique de désendettement et cela, nous le saluons.
Êtes-vous inquiète de l'évolution du chômage dans les mois à venir?
Nous pouvons enrayer la récente dégradation. En comprenant que dans les TPE-PME réside le plus grand potentiel d'emplois et en le favorisant. En travaillant sur la meilleure employabilité des demandeurs d'emploi, en intégrant les fortes mutations des métiers, en adaptant en temps réel les formations.
L'emploi se précarise avec la multiplication des temps partiels, des CDD… Comment y remédier?
Dans le cadre de l'accord sur l'assurance-chômage signé en début d'année, nous allons créer avec les organisations syndicales un groupe de travail sur les évolutions des modes d'indemnisation. Nous avons aussi prévu une délibération sociale sur le marché du travail. Je souhaite faire converger ces réflexions pour améliorer l'ensemble emploi-assurance-chômage-formation. Les procédures qui entourent le contrat de travail doivent encore progresser: telles quelles, elles sont bloquantes par leur longueur et leur juridisme excessif. La peur de l'embauche est le problème numéro un des entreprises. Il faudrait réaliser avec les ruptures collectives le travail que l'on a accompli avec les ruptures individuelles. On ne dit pas assez que la rupture conventionnelle a installé pour la première fois en France la «flexisécurité» et que tout le monde y gagne.
Quel est le menu de vos négociations avec les syndicats au second semestre?
La priorité dans les jours qui viennent est de mettre en œuvre les accords patronat-syndicats du premier semestre sur l'emploi des jeunes. Nous poursuivrons aussi les négociations sur la valeur ajoutée et la modernisation du paritarisme. Nous lancerons également des délibérations sociales sur le bien-être au travail et l'égalité professionnelle homme-femme, dans laquelle nous inclurons le congé paternité.
Quelle sera votre stratégie pour faire passer vos idées pendant la campagne présidentielle?
En 2007, nous avions publié un livre, Besoin d'air, qui a marqué la campagne. Nous préparons «Besoin d'air 2» qui sortira début janvier. «Besoin d'air 2» proposera des réformes structurelles mais surtout portera un grand projet européen. Il y a quelque temps encore, il arrivait que je rencontre des chefs d'entreprise qui reconnaissaient avoir voté non au traité de Maastricht; aujourd'hui, je vois ces mêmes chefs d'entreprise convaincus, enthousiastes et prêts à avancer résolument vers un fédéralisme européen économique et social. La France restera la France si, et seulement si, l'Europe est solidaire, unie et puissante.
Figaro
11/08/2011 - Et si la crise financière ne servait qu’à faire disparaitre les derniers services publics et à mater les salariés ?
Je ne suis pas le moins du monde un spécialiste des questions économiques et financières et je ne suis pas non plus un adepte de la théorie du « complot permanent » auquel les citoyens seraient confrontés...
Mais, au bout de ces onze jours de crise financière (si nous sommes au bout...) il m’est venu un soupçon que d’aucuns jugeront naïf : et si cette crise n’avait que deux fonctions, deux objectifs majeurs :
- Inciter les pays qui en possèdent encore, à se débarrasser définitivement de leurs derniers « services publics », à les vendre, qu’il s’agisse de réseau de transports, de distribution d’énergie, d’acheminement du courrier, de la santé, de la protection sociale, etc. Une vente qui les rendrait miraculeusement rentables au dépend du "service" rendu. La privatisation et la réduction des déficits font partie des conditions (au fait exigées par qui, exactement) pour « aider » des pays ou garantir leurs dettes. Dans les conditions imposées, je n’ai pas entendu parler, probablement que je ne suis pas assez attentif, d’augmentation des recettes auprès des entreprises et des banques imposée par la banque européenne, le FMI ou la Banque Fédérale américaine.
- Inciter les salariés à accepter de plus en plus de « souplesse » et de plus en plus de « flexibilité » pour reprendre ce mot étrange qui caractérise en fait un nouveau droit de licenciement plus expéditif. Et de moins en moins de protection sociale et d’indemnités de chômage.
Ensuite, sauf catastrophe pour des gens, des banques et des institutions qui pourraient se brûler en jouant avec le feu, tout redeviendra « normal », sauf pour les salariés et les retraités.
Aux économistes de dire si je fantasme ou si je pose deux bonnes questions.
Mais, au bout de ces onze jours de crise financière (si nous sommes au bout...) il m’est venu un soupçon que d’aucuns jugeront naïf : et si cette crise n’avait que deux fonctions, deux objectifs majeurs :
- Inciter les pays qui en possèdent encore, à se débarrasser définitivement de leurs derniers « services publics », à les vendre, qu’il s’agisse de réseau de transports, de distribution d’énergie, d’acheminement du courrier, de la santé, de la protection sociale, etc. Une vente qui les rendrait miraculeusement rentables au dépend du "service" rendu. La privatisation et la réduction des déficits font partie des conditions (au fait exigées par qui, exactement) pour « aider » des pays ou garantir leurs dettes. Dans les conditions imposées, je n’ai pas entendu parler, probablement que je ne suis pas assez attentif, d’augmentation des recettes auprès des entreprises et des banques imposée par la banque européenne, le FMI ou la Banque Fédérale américaine.
- Inciter les salariés à accepter de plus en plus de « souplesse » et de plus en plus de « flexibilité » pour reprendre ce mot étrange qui caractérise en fait un nouveau droit de licenciement plus expéditif. Et de moins en moins de protection sociale et d’indemnités de chômage.
Ensuite, sauf catastrophe pour des gens, des banques et des institutions qui pourraient se brûler en jouant avec le feu, tout redeviendra « normal », sauf pour les salariés et les retraités.
Aux économistes de dire si je fantasme ou si je pose deux bonnes questions.
Politis - Claude-Marie Vadrot
12/07/2011 - Livre: Finanz Mafia de Wolfgang Hetzer
Alors que la Grèce ne cesse de se débattre pour échapper à la faillite totale provoquée par l’énormité de sa dette, alors que les citoyens européens ont déjà payé cher la crise financière en sauvant les banques en 2008 et pourraient à nouveau devoir payer pour faire sortir l’Union de la crise de la dette européenne actuelle, Wolfgang Hetzer, conseiller anticorruption à l’Office européen de lutte antifraude (Olaf), a accordé une entrevue au quotidien allemand Die Welt et dans laquelle il évoque une mafia financière qui a corrompu le monde politique.
La cupidité des financiers associée à la corruption des politiques a, selon lui, mené aux crises et menaces actuelles. Il n’est pas le seul à le penser. "Lorsque le Premier ministre grec Giorgos Papandreou était en Allemagne, il a déclaré que son pays est dans cette difficile situation parce que la corruption est largement répandue en Grèce", a-t-il déclaré.
"Les politiciens laissent le travail législatif aux mains des institutions financières elles-mêmes"
La
crise a éclaté parce que les financiers ont agi avec cupidité,
produisant des dérivés financiers hautement spéculatifs et dangereux.
Mais rien ne serait arrivé si les politiques avaient pris des mesures.
Il n’y a eu aucune surveillance. Le monde politique n’a pas limité le
périmètre d’action des financiers. Il a laissé faire. "La politique
a permis aux entreprises financières de ne pas inscrire toutes leurs
opérations dans le bilan, et de les cacher. Elle a admis que les banques
ne disposent pas de suffisamment de fonds propres en face des risques
qu’elles avaient pris. Il n’y a pas eu de limite quant aux opérations
sur compte propre des institutions financières avec leurs produits
financiers alors que cela aurait été nécessaire. Les politiciens ont
admis que les risques de crédit soient transférés jusqu’à 100 pour cent" explique au cours de l'interview Wolfgang Hetzer.
Aucune loi n’est venue brider les institutions financières. Et lorsque des lois ont été ou sont mises en place, ce sont les financiers eux-mêmes qui s’en chargent. "Les politiciens laissent le travail législatif aux mains des institutions financières elles-mêmes" observe le spécialiste anticorruption. L’expertise dans les administrations des Etats est de plus en plus absente, "la politique délègue son cœur de métier principal, à savoir l’expertise dans l’élaboration de la législation" ajoute M. Hetzer.
Aucune loi n’est venue brider les institutions financières. Et lorsque des lois ont été ou sont mises en place, ce sont les financiers eux-mêmes qui s’en chargent. "Les politiciens laissent le travail législatif aux mains des institutions financières elles-mêmes" observe le spécialiste anticorruption. L’expertise dans les administrations des Etats est de plus en plus absente, "la politique délègue son cœur de métier principal, à savoir l’expertise dans l’élaboration de la législation" ajoute M. Hetzer.
"La politique s’est laissée balader sur la scène mondiale par l’industrie financière"
On aurait donc un monde politique faible et sous contrôle : "La
politique s’est laissée balader sur la scène mondiale par l’industrie
financière comme si on la tirait par un anneau dans le nez. L’industrie
financière a placé ses intérêts par paquets de milliards dans la
politique. C’est bien à cette conclusion qu’est parvenue la Commission
du Congrès américain quand elle a tenté d’établir les circonstances qui
ont mené à la crise financière" estime le conseiller de l’Olaf.
La menace majeure de cette mafia: son influence
Et en face, une véritable mafia financière particulièrement puissante et dangereuse: "Le
monde financier suit la logique de la mafia, qui est de suivre le
maximum de profit avec le minimum de risques (…) L’idée que la mafia
vraiment dangereuse est celle caractérisée par la violence, est naïve.
Leur menace majeure est leur influence, leur pouvoir par les liens
qu’ils construisent, la façon qu’ils ont ainsi de corrompre lois
économiques à leur propre avantage, de les faire dysfonctionner ou ne
pas entrer en vigueur [quand ça les gênerait]. Telle est la logique de
la mafia" estime Hetzer.
"L'électeur fait ses adieux à la politique"
Et au milieu, le citoyen, lui, paie la note et n’y croit plus. "Parce
que nul ne s’oppose à ces personnes. Parce que la politique
volontairement se livre à leur emprise, l’électeur, de son côté, fait
ses adieux à la politique. Nous nous retirons dans la sphère privée,
nous nous résignons et nous lamentons que ‘ceux d’en haut’ de toute
façon, font ce qu’ils veulent. C’est une attitude qui a toujours
fréquemment conduit à des catastrophes auparavant" justifie le conseiller de l'Olaf.
Au
bout de la crise de la dette, il y aura une facture. Et les citoyens
devront payer. Ils devront payer pour les banques. "Les banques
allemandes et françaises ne craignent rien de plus que la faillite
nationale des Grecs, parce qu’ils seraient obligés de mettre une croix
sur de grosses créances et d’encaisser de lourdes pertes. Ainsi, les
recettes fiscales qui sont encore bonnes en Allemagne seront utilisées
pour renflouer ceux-là même qui sont responsables de la situation dans
laquelle ils nous ont coincés" expose Hetzer.
"Nous allons donc sauver les banques encore une fois ?", demande, en guise de conclusion de l’interview, le journaliste de Die Welt.
"Nous allons donc sauver les banques encore une fois ?", demande, en guise de conclusion de l’interview, le journaliste de Die Welt.
"Tout à fait", répond Wolfgang Hetzer. "Tout l’argent dont nous avons besoin pour des besoins sociaux urgents, est maintenant utilisé pour payer les intérêts dus aux banques. Mais de cela on ne parle évidemment pas avec la clarté qui conviendrait", conclut l’expert dans l'interview.
RtlInfo.be
24/06/2011 - Le Grand Orient de France contre "l'impérialisme des marchés"
Le Grand Orient, première obédience maçonnique en France, "s'inquiète" mercredi dans un communiqué, de la "sévérité des modes de gestion politiquement imposés à de nombreux pays pour résorber l'endettement public".
L'obédience maçonnique, qui revendique 50.000 adhérents, "demande aux responsables politiques de ne pas céder à l'impérialisme des marchés".
Pour le Grand Orient, ces modes de gestions "sont d'une sévérité telle qu'ils compromettent le maintien de la démocratie en Europe et dans le monde. Ils sont à terme source de violence, de replis communautaires, de montée des nationalismes".
"Les règles européennes, précise le communiqué, imposent partout des politiques monétaires, budgétaires, fiscales, immobilières, salariales qui fragilisent les pactes sociaux des pays de l'Union."
"Un véritable scénario de démantèlement est aujourd'hui enclenché. On voudrait nous faire croire que la seule issue institutionnelle en cas de crise reste le sauvetage des banques, des fortunes privées, et des rentes de situation quel que soit le prix à payer par les autres, notamment les jeunes ou la population défavorisée".
Le Grand Orient de France se prononce "contre un dogme et une mystique quasi-religieuse de l'argent qui asservissent les peuples".
"Une réappropriation politique et citoyenne des dérives économiques est possible, estime l'obédience. De nombreuses solutions existent pour sortir par le haut de la crise de l'endettement, en imposant notamment la recherche d'une réforme fondée sur l'information financière des peuples, la mise en place d'une déontologie en appliquant à la finance elle-même les principes de responsabilité et de solidarité".
AFP
13/06/2011 - Livre: La grande fraude de Jean-François Gayraud
Le Monde - Crise des subprimes, une affaire criminelle ?La banque Goldman Sachs a reçu récemment du procureur de New York une citation à comparaître pour son rôle louche durant la crise des subprimes. Une enquête pénale se profilerait-elle, enfin ?
Depuis le début de cette crise, la finance américaine ressemble en effet à une gigantesque "scène de crimes". Cependant, les fraudes massives ayant déclenché la plus grande crise financière depuis un siècle attendent encore leurs procureurs, leurs policiers et leurs juges. L'explication d'un phénomène macroéconomique par le crime peut sembler dérisoire, anecdotique, voire naïve.
L'opinion publiée - celle des élites ayant accès aux médias - s'empresse comme toujours de diaboliser une perspective aussi dérangeante, en agitant de commodes épouvantails : théorie du complot, boucs émissaires, effet de diversion, populisme.
Tous veulent imposer un aimable récit des causes de la crise au moyen d'explications fatalistes (la théorie des cycles), magiques (une catastrophe) ou lénifiantes (dysfonctionnements des marchés). Pourtant, peu de crises financières dans l'histoire ont comporté une dimension criminelle aussi évidente, une telle masse critique de fraudes.
Ces spécialistes de la négation sont souvent ceux qui, durant les décennies d'euphorie (1980-2000), ont été aveugles à l'anomie grandissante des marchés financiers. Hier incapables d'anticiper la crise, ils s'empressent aujourd'hui d'en dissimuler les tréfonds les plus choquants, ce qui signe des deux côtés de l'Atlantique la faillite quasi généralisée de l'expertise universitaire et médiatique.
Or cet aveuglement ne peut que troubler ceux dotés d'un tant soit peu de mémoire historique. En effet, dans les années 1980, l'Amérique avait déjà subi une première grande crise financière à forte "odeur criminelle" avec la faillite des caisses d'épargne. Faute d'avoir su tirer les véritables leçons de cette première tragédie de la dérégulation dogmatique des banques, l'Amérique se condamnait à une rechute douloureuse.
L'aveuglement généralisé et la dérégulation prédatrice trouvent leur origine dans l'idée que les marchés sont omniscients et autorégulateurs. Que leur "main invisible" est quasi infaillible. Fort de ce préjugé, le lobby financier de Wall Street peut s'attacher - s'acheter ? - des élus complaisants sinon convaincus, de myopes professeurs et parfois avides d'expertises rémunérées, des analystes friendly (sympathisants), et des journalistes piégés par la complexité de la matière et l'appartenance de la plupart des médias à de grands groupes capitalistes.
Dans les faits, cette crise a été le théâtre de fraudes à la fois massives (systématiques) et intégrées aux mécanismes financiers (systémiques). Des fraudes qui n'ont pu éclore que grâce à une dogmatique dérégulation des marchés financiers, pensée puis réalisée depuis les années 1980, aussi bien côté républicain que démocrate. Porteuse d'incitations et d'opportunités criminelles inédites, la dérégulation fut en effet criminogène ; ce qui explique pourquoi ces malversations ont pu spontanément et mécaniquement éclore tout au long de la complexe et opaque chaîne financière américaine, à la façon des essaims ou des meutes.
Ces fraudes ont été déterminantes à trois stades : en amont avec les prêts dits "prédateurs" ou "menteurs", déversés sur les plus vulnérables de la société américaine (pauvres, minorités ethniques, personnes âgées et handicapées). Ces prêts seront même qualifiés par les professionnels de l'industrie financière de "prêts à neutrons", sous-entendu : ces prêts sont des armes détruisant les ménages et laissant intactes les maisons. Autant de cynisme linguistique réduit à néant les tentatives de défense a posteriori sur le thème de l'ignorance ou de l'incompétence.
En aval, les fraudes touchent les produits titrisés vendus par les grandes banques d'investissement de Wall Street. Là, ces banques se livrent à de multiples turpitudes : tromperie sur le niveau de risque, trucage des bilans, manipulation des cours à la baisse, etc.
Au milieu du processus, les trois grandes agences de notation - dont l'une française - agissent en régulateurs de fait, dans un marais de "conflits d'intérêts", un euphémisme ne trompant plus personne aujourd'hui. Ces agences sont juges et parties puisqu'elles notent des produits financiers qu'elles ont elles-mêmes contribué à structurer.
Or cette crise vient "d'en haut", les fraudeurs appartenant en majorité aux élites de la société américaine. Loin d'une classique criminalité organisée, nous sommes ici chez des "cols blancs", intégrés au système et disposant de tous les outils pour faire disparaître jusqu'à l'idée même de leurs forfaits. Cette crise financière largement criminelle met au jour le nouvel équilibre des pouvoirs aux Etats-Unis entre le politique (Washington) et la finance (Wall Street) : après le "complexe militaro-industriel" dénoncé par le président Eisenhower (1961), un "complexe politico-financier" se serait-il imposé ?
Car à ce jour, nul banquier n'a été condamné au pénal, les seules sanctions tenant en des dédommagements négociés au civil. Par ailleurs, le plan de sauvetage fédéral s'est réalisé au seul bénéfice de Wall Street. Que penser au final d'un système récompensant aussi ouvertement la prédation ? Car l'impunité est toujours une puissante incitation à la récidive, que vous soyez voleur de banques ou banquier voleur ("bankster").
Exagérations, dira-t-on ? Les sceptiques devraient lire les deux rapports du Congrès des Etats-Unis publiés début 2011 : FCIC (fcic.law.stanford.edu/report) ; Carl Levin (hsgac.senate.gov/public/_files/Financial _Crisis/FinancialCrisisReport.pdf). Les quelque 1 300 pages ne laissent aucun doute : la fraude est de manière indiscutable le fil conducteur de cette crise.
Ouvrage : "La Grande Fraude" (Odile Jacob, 262 p., 22,90 €). Jean-François Gayraud, chargé de mission au Conseil supérieur de la formation et de la recherche stratégiques, commissaire divisionnaire
13/06/2011 - La culture « cleptocratique » des élites
Dans le contexte de la crise financière, Wolfgang Hetzer, qui dirige le Centre des renseignements, évaluations et analyses stratégiques du Bureau européen de lutte anti-fraude (OLAF), a accordé une interview forte intéressante à Die Welt le 1er juin à Bruxelles, où il accuse les responsables de la crise d’être une mafia financière dont les seules motivations sont la cupidité, les privilèges et l’enrichissement personnel.
Tout aussi responsables de la crise, cependant, sont leurs « complices dans le monde politique » qui ont abandonné la rédaction de lois censées réguler la finance aux juristes de l’industrie financière (entre autres, ajouterais-je, l’ex ministre Karl-Theodor Guttenberg, les cabinets Linklaters et Freshfield, etc.). A travers ces lois, comme l’a reconnu Norbert Blüm, l’Etat s’est fait « le complice de l’activité des flambeurs » .
Il est indéniable, comme le dit Hetzer, que les politiques se sont laissé mener par le bout du nez par le monde financier, qui voit dans la ruée vers les énergies renouvelables et la vente de ces « nouvelles indulgences » que sont les droits d’émission de CO2, la perspective d’une nouvelle bulle fort lucrative.
Que les hedge funds et les banques d’affaires, avec les fabricants d’éoliennes et de panneaux solaires, les revendeurs de droits d’émissions de dioxyde de carbone et les experts de la contreculture écologique soient les bénéficiaires de cette nouvelle « orgie d’enrichissement », est tout à fait révélateur. Il suffit de jeter un coup d’œil à la liste des partenaires de financement de la Fondation européenne pour le climat (ECF) du Pr Schellnhuber pour voir dans quel sens souffle le vent. Et comme d’habitude, les « complices politiques » sont sur la scène.
Nous savons aujourd’hui que la théorie du changement climatique provoqué par l’homme et les thèses des prétendues limites à la croissance sont des inventions de cette oligarchie financière. Le climat terrestre n’est pas déterminé par les émissions négligeables de CO2 produites par l’homme, mais par les longs cycles de notre galaxie et leur impact sur notre système solaire, à l’origine de l’augmentation de l’activité sismique, volcanique et météorologique que nous connaissons aujourd’hui. Or, du fait que les investissements dans la recherche ou dans les satellites de surveillance et d’observation ne sont pas porteurs financièrement, l’Union européenne a, comme l’administration Obama, amputé ces secteurs d’activité.
Au regard de cette véritable menace qui ira croissant dans les années à venir, la « grande transformation » de Schellnhuber, fondement de la politique de sortie du nucléaire adoptée par le gouvernement allemand, est la voie garantie pour le suicide de l’espèce humaine, car elle va mener nos capacités industrielles et scientifiques dans une impasse idéologique, alors qu’il faudrait les mobiliser de toute urgence en vue de mieux comprendre les principes scientifiques à l’œuvre dans notre univers. Le désarroi politique et la désorientation des hôpitaux privés face à la bactérie e. coli, qui a causé, en quelques jours, « plus de malades et de morts en Allemagne que l’énergie nucléaire en soixante ans » , comme l’écrit le Frankfürter Allgemeine Zeitung , illustrent combien ces aberrations peuvent être fatales. La santé est certainement le secteur qui ne doit, sous aucun prétexte, être privatisé ni soumis à des motivations pécuniaires. Malheureusement, il s’agit là d’un des aspects de la dérive tolérée par ce que Hetzer appelle « la culture des élites cleptocratiques » de ces quarante dernières années.
S&P
19/02/2010 - Nous sommes les coupables de la crise, et les victimes sont les banques.
«Tout est bousillé et personne ne va en prison. Toute votre histoire est là. Bon Dieu, vous n’avez même pas besoin d’écrire la suite! Ecrivez juste ça. [...] Vous pouvez arrêter votre article là-dessus.»
Ces mots prononcés par un enquêteur du Sénat américain devant une bière, dans un bar de Washington, ouvrent l’article consacré aux investigations sur la crise financière par Matt Taibbi, du magazine Rolling Stone, qui s’était notamment fait remarquer en 2009 en comparant la banque Goldman Sachs à une «pieuvre géante».
Ce dernier ne s’est pas «arrêté là-dessus», puisque son article se poursuit sur plusieurs pages:
«Personne ne va en prison. C’est le mantra de cette crise financière, qui a vu à peu près toutes les grandes banques et sociétés financières de Wall Street entraînées dans des scandales financiers indécents, qui ont appauvri des millions de personnes et détruit des centaines, des milliers de milliards de dollars de richesse —et personne n’est allé en prison. Si ce n’est Bernard Madoff, un flamboyant et pathologique artiste de l’escroquerie, dont les victimes se trouvaient être d’autres personnes riches et célèbres.»
«Mécanisme de protection des délinquants»
Taibbi s’interroge notamment sur le fait que, malgré des témoins et des preuves contre eux, Dick Fuld, le patron de Lehman Brothers, et Joe Cassano, le chef de la division «produits financiers» de l’assureur AIG, n’aient pas été poursuivis pénalement. Une mansuétude qu’il attribue notamment à la grande porosité existant entre le gendarme des marchés américain (SEC), le ministère de la Justice, les grands cabinets d’avocats et les services juridiques des banques:
«Une véritable montagne de preuves indique qu’en ce qui concerne Wall Street, la justice, non seulement échoue à punir la délinquance financière, mais s’est en fait transformée en un mécanisme très efficace de protection des délinquants financiers. [...] La justice pénale s’est transformée en un cocktail mondain entre amis et collègues où, de mois en mois et d’année en année, on s’échange ses postes.»
Une optique qu’a, selon le journaliste, renforcée l’administration Obama, qui vient d’ailleurs d’embaucher comme secrétaire général de la Maison Blanche un ancien de la banque JPMorgan Chase, William Daley. En témoigne cette diatribe du juriste Oliver Budde, un ancien camarade de fac du président qui a fait partie de ceux qui ont dénoncé en interne les pratiques de Lehman Brothers:
«La trahison d’Obama envers tout le monde est juste... Nous ne sommes pas encore prêts à y croire. Il nous la met profond comme cela? Vraiment? C’est vraiment un type de JPMorgan, vraiment?»
«Ils l'ont déjà oubliée, et bientôt vous aussi»
En dehors de Matt Taibbi, un autre journaliste vedette de Wall Street publie ces jours-ci un pamphlet, non pas sous forme d’une enquête fouillée mais d’un billet plein d’ironie. Célèbre pour ses articles dans Vanity Fair et son livre Le Casse du siècle, Michael Lewis revient pour Bloomberg sur la très divisée commission d’enquête du Congrès sur les causes de la crise, qui vient de publier un rapport qui a donné lieu à deux «opinions minoritaires». Morceaux choisis de ce billet, écrit entièrement au second degré:
«Cause numéro un de la crise: les changements démographiques à Wall Street. [...] Les femmes qui ont investi en masse les sociétés n’étaient pas autorisées à prendre de gros risques et restaient en retrait, pour filer un coup de main, mais leur présence à clairement brouillé le jugement des traders mâles.»
«Cause numéro deux: la faillite morale de la classe ouvrière américaine. [...] Les dirigeants de Wall Street comprennent maintenant qu’ils ont fait une erreur, née de leur nature confiante et innocente. Ils ont cru que les Américains ordinaires se comporteraient de manière plus responsables qu’ils ne le feraient, et ceux-ci les ont trahis.»
«Cause numéro trois: les Chinois. La détermination de ces gens bizarres et éloignés à nous vendre des biens à des prix ridiculement bas est perturbante. Par exemple, elle encourage nos pauvres à croire qu’ils peuvent se payer plein de choses qu’ils ne devraient pas pouvoir.»
Conclusion de Lewis:
«L’aspect le plus déprimant du rapport de la commission est sa tentative de blâmer des vrais êtres humains. [...] Réfléchissez: si tout le monde à Wall Street est coupable, comment quelqu’un peut-il l’être? [...] La commission s’est montrée incapable de comprendre que les rares hommes capables de diriger une grande société de Wall Street se concentrent sur l’ensemble du tableau. Et dans ce tableau, du point de vue de leurs entreprises et de leurs bénéfices potentiels, la soi-disante crise financière était un hoquet. Ils l’ont déjà oubliée, et ils supposent que cela sera bientôt votre cas.»
Slate
29/01/2011 - Vidéo: les Usa désignent les responsables de la crise
Encore convalescents, les Etats-Unis sont bien décidés à identifier les responsables de la crise financière qui a fait tomber en 2008 le pays dans un marasme économique dont elle sort à très petits pas. La Commission d'enquête sur la crise financière devait rendre ses conclusions jeudi à 10 heures locales (16 heures, heure de Paris), au terme d'un an de travaux marqués par de nombreux désaccords entre ses membres.
Le New York Times, qui a pu consulter le rapport avant sa sortie, a livré dès mardi ses conclusions.
Et la première d'entre elles est sans équivoque : "la crise aurait pu être évitée" s'il n'y avait pas eu de graves carences dans la régulation, de grossières fautes de management au sein des entreprises et des prises de risque inconsidérées au sein des banques.
Deux types d'institutions sont particulièrement pointés du doigt pour leurs décisions : d'une part la Federal Reserve, notamment sous la présidence d'Alan Greenspan (1987-2006), d'autre part les régulateurs financiers, accusés d'avoir laissé entrer sur le marché des produits trop risqués, opaques et complexes.
Les divisions du panel à l'origine du rapport pourraient toutefois minimiser sa portée, déplore le NYT, qui précise que les six démocrates siégeant à la commission ont approuvé les conclusions de l'enquête, tandis que trois membres républicains ont livré une version "dissidente" de leurs conclusions.
DÉSINVOLTURE
Alan Greenspan est accusé par le panel d'avoir poussé à la dérégulation les marchés financiers tout au long de son mandat et de ne pas avoir contenu l'essor des prêts immobiliers toxiques. George W. Bush est quant à lui blâmé pour avoir laissé Lehman Brothers faire faillite. Les démocrates ne sont pas épargnés : Bill Clinton aurait été trop laxiste sur les produits financiers toxiques et Timothy Geithner, président de la Federal Reserve de New York au début de la crise et actuel secrétaire au Trésor, n'aurait pas pris au sérieux les signaux de détresse émis par Lehman et Citigroup.
Le gendarme de la finance américaine, la Security and exchange commission, est quant à elle accusée d'avoir "failli à sa mission" en autorisant les banques à abaisser leurs ratios de fonds propres. "Selon un décompte, les cinq plus grandes banques d'affaires du pays n'avaient qu'un dollar en capital pour couvrir les pertes sur 40 dollars d'actifs, ce qui signifie qu'une baisse de 3 % de la valeur de ces actifs pouvait faire disparaître l'entreprise", indique le New York Times.
Le rapport aurait également le mérite d'évacuer un certain nombre de théories sur les origines de la crise, telle celle qui fait de Fanny Mae et Freddie Mac, les deux géants du crédit immobilier, les boucs émissaires de la récession.
La désinvolture des acteurs financiers est soulignée tout au long du rapport, qui s'étonne que des banques à la réputation de sérieux évidente aient pu fermer les yeux sur les risques encourus par certains placements, croyant se couvrir à l'infini à l'aide de produits dérivés, ou ne pas prêter attention au retournement de certains marchés.
Ce portrait au vitriol d'un système malade est nuancé par la vision des membres républicains du panel, qui ont livré leurs propres conclusions mercredi. Ces dernières mettent l'accent sur les flux de capitaux massifs issus du développement asiatique, venus nourrir la bulle spéculative en Europe et aux Etats-Unis, ainsi que sur la politique d'accès à la propriété pratiquée aux Etats-Unis depuis des décennies. Pour ces membres, le rapport adopté par la commission fait trop peu de cas des facteurs internationaux et ne sépare pas assez "les causes des effets".
Ils soulignent à ce titre que la loi Dodd-Frank, adoptée par le gouvernement Obama et destinée à renforcer la régulation bancaire et financière est "démesurée" et "aura des conséquences sérieuses sur la croissance et les créations d'emploi".
LA FIN DU "BANKER BASHING" ?
Des déclarations en ligne avec la fronde qui sévit actuellement au sommet des plus grandes banques. Lassés par la mode du "banker bashing", le fait de taper sur les financiers, des patrons de grandes banques ont ouvertement exprimé leur exaspération à l'occasion du Forum économique de Davos, qui se tient depuis mercredi en Suisse.
James Dimon, président et directeur général de la banque d'investissement JP Morgan, a interpellé Nicolas Sarkozy lors de son intervention devant les participants au Forum, martelant que les banques avaient déjà "beaucoup fait" pour réparer leurs erreurs et se mettre en conformité avec les nouvelles lois. Il a également regretté qu'un excès de régulation des banques empêche les membres du G20, dont la France assure la présidence, de se concentrer sur la croissance et l'emploi.
Même son de cloche du côté de Gary Cohn, un des principaux dirigeants de la banque d'affaires Goldman Sachs, qui a mis en garde mercredi contre le renforcement des contraintes sur les banques, susceptible de déclencher une nouvelle crise en déplaçant les activités financières vers les fonds alternatifs ou vers d'autres produits moins régulés.
Vikram Pandit, président de Citigroup, a abondé dans son sens, brandissant la menace d'une "finance de l'ombre" en plein développement. Peter Sands, directeur de Standard Chartered, s'est quant à lui étonné que "des régulateurs qui existaient avant la crise croient désormais qu'ils ont toutes les solutions".
Audrey Fournier - Le monde
11/01/2011 - Wikileaks denonce une manipulation des élites économiques?
Un câble diplomatique américain mettant en scène Mervyn King, le président de la Banque d'Angleterre, Robert Kimmitt, alors sous-secrétaire au Trésor américain, et Robert Tuttle, l'ambassadeur des Etats-Unis en Grande-Bretagne, a été divulgué par WikiLeaks (http://213.251.145.96/cable/2008/03/ 08LONDON797.html).
Il montre ces acteurs s'accordant, le 17 mars 2008, sur un diagnostic de la crise : celle-ci, admettent-ils, a cessé dès l'été 2007 d'être une crise de liquidité pour devenir une crise d'insolvabilité généralisée du secteur bancaire.
Bien que largement partagé par les commentateurs de la presse financière à l'époque, ce sera cependant le diagnostic inverse que ces acteurs choisiront de présenter à l'opinion, position dont ils ne se départiront jamais.
Ce câble offre une réponse tardive à une question que l'on se posait alors, tant les décisions prises contrevenaient à celles qu'il aurait fallu prendre : les instances dirigeantes faisaient-elles preuve d'incompétence ou de rouerie ? La réponse est claire désormais : il ne s'agissait pas d'incompétence.
La dissimulation des faits avait pour seul objectif de justifier pourquoi, entre deux décisions possibles, c'était systématiquement la pire qui était prise.
Il ne s'agissait donc pas, comme on le constate parfois, d'une ruse paternaliste permettant de faire valoir l'intérêt général contre des intérêts particuliers mal avisés, non, il s'agissait de l'inverse : il fallait faire prévaloir l'intérêt particulier de la coterie à laquelle appartiennent ces preneurs de décisions contre l'intérêt général.
LA FACE CACHEE DES DECIDEURS
Il y a donc deux versants à l'information financière, dont le contenu est cependant le même : la face visible que l'on trouve dans les écrits de commentateurs sans responsabilité que sont les journalistes, chercheurs et autres blogueurs, s'exprimant au nom de l'intérêt général ; et la face cachée des décideurs, qui partagent la vision des premiers, mais en affirmant le contraire pour pouvoir mettre en application des mesures qui ne bénéficieront qu'au petit groupe de privilégiés dont ils font partie.
Il y eut une époque où des fonctionnaires intègres, empreints du sens de l'Etat, constituaient un rempart. Leur credo était précisément que leur intérêt particulier devait s'effacer devant l'intérêt général dont ils se considéraient les porte-parole et les défenseurs.
La pratique du lobbying a eu raison d'eux. C'est l'intérêt particulier qui trouve désormais accès aux instances supérieures pendant que l'intérêt général négligé languit dans les antichambres.
Les défenseurs des intérêts particuliers l'ont emporté, sous le prétexte - né au XIXe siècle à l'école de Vienne et grandi au département d'économie de l'université de Chicago - que l'intérêt général, même s'il existait, est impossible à définir, alors que les intérêts particuliers de ceux qui disposent des moyens de se faire entendre sont, eux, clairs.
La leçon du câble révélé par WikiLeaks est sans ambiguïté : il n'y a pas deux cultures financières, l'une faite d'incompétents chargés de présider à notre destin, l'autre faite de sages informant le public par les voies de la presse, de la radio et de la télévision, il n'y en a en réalité qu'une, faite d'hommes et de femmes compétents mais partagés : d'un côté, ceux qui veillent à la défense de leurs propres intérêts et qui ont accès aux manettes du pouvoir ; de l'autre, ceux qui dénoncent ce scandale et sont soigneusement maintenus à distance des centres de décision.
Paul Jorion, économiste et anthopologue - Le monde
23/12/2010 - Les agences de notation ont pris la tête d’un assaut des marchés contre les nations et les peuples?
Le destin économique des nations repose aujourd'hui essentiellement entre les mains des agences de notation Moody’s, Standard & Poor’s, et Fitch. Un éditorialiste du Guardian estime qu’il est temps de faire plier ces institutions non élues, qui ne rendent de comptes à personne et disposent de pouvoirs énormes.
Sur
les 46 millions d’habitants que compte l’Espagne, combien seraient
capables de vous parler de l’Allemande d’âge moyen qui tient aujourd’hui
entre ses mains leur souveraineté démocratique, qu’ils ont acquise de
haute lutte, et leur avenir économique ?
Une
femme dont les avis détermineront si des millions d’Espagnols courageux
pourront garder leur emploi, s’ils pourront rembourser leurs crédits
immobiliers en 2011 et au-delà ? Et dont le verdict négatif sur
l’économie espagnole accoucherait non seulement d’un programme de
mesures d’austérité qui ferait pâlir ceux déjà imposés à la Grèce et à
l’Irlande, mais qui risquerait même de sonner le glas de la zone euro
elle-même ?
Bien
peu, est-on en droit de supposer, puisque cette Allemande d’âge moyen
qui joue à Dieu avec l’une des plus grandes nations d’Europe n’est pas
Angela Merkel. La chancelière allemande occupe une position clé dans la
bataille pour défendre l’Espagne, qui se livre une fois de plus
aujourd’hui à l’occasion du sommet des chefs de gouvernement de l’UE à
Bruxelles. Or, ce n’est pas de Merkel que va dépendre la vie des
Espagnols pendant la prochaine décennie ou plus.
La femme dont les diktats plongent l'Espagne dans l'inconnu
Cet
honneur revient plutôt au personnage mystérieux qu’est Kathrin
Muehlbronner, polyglotte et diplômée de l’université de Tübingen qui,
est-on tenté d’ajouter, exerce sur la vie de l’Espagne une influence
plus réactionnaire que toute autre femme depuis que la reine Isabelle a
chassé les Maures, expulsé les juifs et placé l’Inquisition au cœur de
la nation, il y a de cela plus de cinq siècles.
Comment
? Muehlbronner est vice-présidente et principale analyste des risques
souverains, spécialiste de l’Espagne pour l’agence de notation Moody’s.
Ce qui fait d’elle la femme dont les diktats peuvent plonger l’Espagne
dans l’inconnu en déclarant simplement que la cinquième économie
d’Europe ne mérite plus sa note d’Aa1.
Cette
semaine, Muehlbronner a manqué tirer sur le levier susceptible de faire
tomber l’Espagne par la trappe d’une salle de tortures fiscale dont
Torquemada en personne n’aurait pas eu à rougir. "Moody’s pense que les
risques baissiers sont tels qu’il est normal de réviser éventuellement à
la baisse la note de l’Espagne", a lancé Muehlbronner, la main sur le
levier — à la suite de quoi et l’euro et la bourse ont flanché. Peu
après, elle relâchait son emprise. "Moody’s ne pense pas que la
solvabilité de l’Espagne soit menacée," a-t-elle concédé, tandis que
l’euro et les marchés se reprenaient en chancelant.
Pourquoi mettre un genou à terre devant Dame Muehlbronner ?
Moody’s
pense ? Mais, dites-moi, qui a élu Moody’s ? Quels traités a signé
Moody’s ? Sur quoi nous fondons-nous pour mettre genou en terre devant
Dame Muehlbronner ? Je n’ai rien contre elle. En revanche, j’ai
franchement quelque chose contre la prédominance et l’influence de la
culture de la notation, dont elle est un porte-flambeau montant.
Car,
alors que les pays de la planète se débattent pour s’extirper du krach
financier mondial, Moody’s et ses deux principaux concurrents, Standard
& Poor’s et Fitch, ne sont pas des acteurs neutres et objectifs qui
n’auraient d’autre souci que de superviser avec intelligence les
marchés.
Nous
traitons les agences de notation comme s’il s’agissait d’arbitres.
Elles ont même leur place dans certains des systèmes de réglementation
concoctés à la hâte. Alors qu’en réalité, ce sont des acteurs, et pas
seulement des acteurs, mais des spéculateurs. Ainsi, quand le crédit
était en pleine expansion et bon marché dans les années 90 et 2000,
quiconque émettait des obligations se voyait gratifié systématiquement
de triples A.
Moody’s,
a commenté le chef de la commission d’enquête fédérale sur la crise
mise en place par Barack Obama, était une “usine à triples A”. Avec pour
résultat que, depuis les prêts hypothécaires à risque jusqu’au marché
obligataire lui-même, le système était submergé de produits financiers
monstrueusement surévalués, tous garantis par ce qui était finalement
des notes tout aussi dépourvues de valeur.
Le processus kafkaïen des notations personnelles
La
malédiction de la culture de la notation dans l’économie personnelle
n’en est encore qu’à ses débuts en Grande-Bretagne. Mais elle a gagné en
puissance, continue à s’étendre et devrait être endiguée. Quiconque est
familier de la culture de la notation personnelle aux Etats-Unis, qui a
engendré la culture du risque souverain, sait qu’elle procède de façon
kafkaïenne.
Si,
aux Etats-Unis, vous faites une demande de carte de crédit sans
disposer d’une bonne note d’une agence américaine, non seulement on vous
refusera une carte, mais votre note en pâtira, et il vous sera donc
encore plus difficile d’obtenir le crédit dont vous avez besoin. Soyez
en retard de paiement pour quelque raison que ce soit, et l’agence vous
considèrera comme un risque — ce qui lui vaudra d’être payée par les
banques pour la peine. Comme dans toutes les activités bancaires et de
prêt partout dans le monde, un système où il suffit de cocher des cases
sur un ordinateur s’est substitué à l’individu.
Il
en va exactement de même, mais à une tout autre échelle, dans le monde
du risque souverain. Toutefois, là, les agences se prononcent sur la
gestion des économies de peuples libres et souverains. Pourtant, le
problème dans le monde de la dette souveraine est aussi, sous certains
aspects, une version surdimensionnée du problème que connaît le monde de
l’économie personnelle.
Tout
comme la dette personnelle, alimentée par le crédit, est partie en
vrille parce que l’on ne trouvait plus de grands banquiers qui
connaissaient les gens et le coin, capables de prendre des décisions
intelligentes sur des cas particuliers, le monde de la dette souveraine a
aujourd’hui perdu tout sens commun et toute équité dans ses relations
avec les nations.
L'assaut des marchés contre les nations et les peuples
Dans
la vraie vie, l’histoire est affaire d’êtres vivants. Dans le monde
illusoire des agences de notation, l’histoire est une question de
chiffres. Au-dessus de la ligne : bien. En dessous : pas bien.
Quand
on conçoit l’histoire comme une aventure humaine, on ne peut que
partager la douleur de l’Irlande humiliée par les marchés. Mais il est
scandaleux d’imaginer qu’une grande nation comme l’Espagne — pour la
liberté de laquelle des amis de mes parents se sont battus et sont morts
— puisse être mise à genoux par le caprice d’une poignée de directeurs
trop payés devant leurs écrans d’ordinateur. Comment osent-ils ?
Les
agences de notation ont pris la tête d’un assaut des marchés contre les
nations et les peuples. Nous devons les faire plier sans pitié si nous
le pouvons. C’est ce que prévoit entre autres le nouveau plan de
l’Allemagne pour la zone euro. C’est pourquoi, quels que soient ses
défauts, nous devrions à chaque fois soutenir Frau Merkel contre Frau
Muehlbronner.
Martin Kettle - Guardian - Presseurop
14/11/2010 - Les secrets de la FED
Contrairement à une croyance générale, l’institut d’émission des Etats-Unis est, en fait, une machine à fabriquer de l’argent détenue par un cartel bancaire privé, qui gagne d’autant plus que les taux sont élevés. Mine de rien, il imprime des dollars à bon marché et les revend plus cher.
L’institut d’émission des Etats-Unis, appelé aussi «Réserve fédérale» ou «FED», revient constamment en point de mire lorsque le monde financier international se demande, anxieux, s’il va modifier son taux directeur ou non.
L’abréviation FED se rapporte au «Board of Governors of the Federal Reserve System», c’est-à-dire à la conférence des gouverneurs du «Federal Reserve System» érigé il y a 93 ans. Il s’agit non pas d’une banque centrale traditionnelle, mais de la réunion de cinq banques privées régionales tout d’abord, de douze banques actuellement, disséminées aux Etats-Unis, habilitée chacune à porter le nom de Federal Reserve Bank, un petit nombre d’initiés seulement sachant à qui elles appartiennent. Un seul point est certain: elles n’appartiennent pas à l’Etat. Néanmoins, elles exercent les fonctions d’un institut d’émission de l’Etat. Elles prennent leurs décisions au sein du Federal Reserve Board, dont le président les représente à l’extérieur et dont les séances ont lieu à Washington dans leur propre et imposant monument historique. La plus importante de ces banques privées est la Federal Reserve Bank of New York, qui contrôle l’énorme place financière de cette ville.
Privilèges d’une machine à fabriquer de l’argent
Ce cartel de banques privées dispose de privilèges incroyables, dont trois doivent être soulignés:
• En imprimant des dollars, la FED convertit à moindres frais du papier sans valeur en dollars et prête ceux-ci aux Etats-Unis ainsi qu’à d’autres Etats et à d’autres banques contre reconnaissances de dettes. Au cours de son histoire, le cartel a donc créé des milliards de créances à partir du néant et encaissé des intérêts en permanence, ce qui lui assure un profit annuel atteignant des milliards. Ainsi, aucun gouvernement américain ne doit se faire des soucis à propos du déficit budgétaire tant que ces messieurs en complet sont à ses côtés et – tel est le cas du financement des guerres durant la présidence de Bush – mettent en branle la planche à billets en cas de besoin.
• Le privilège des intérêts permet à la FED de fixer elle-même les taux et il est évident qu’elle a le plus grand intérêt à encaisser les plus hauts intérêts possibles. Les taux atteignent donc un niveau souvent particulièrement élevé et occasionnent périodiquement des crises – ce qui est le cas actuellement et donne l’occasion à la FED d’intervenir ultérieurement comme sauveur. Les intérêts opèrent en permanence une ponction sur le pouvoir d’achat des citoyens américains en faveur des banquiers de la FED, par les intérêts des crédits comme par les impôts transformés en intérêts dus à la FED en raison de l’énorme service de la dette publique. Modifiant constamment les taux d’intérêt, la FED change les conditions cadres de la plus grande économie du globe et de la plus importante bourse des actions, celle de Wall Street, qui, principale bourse du monde, diffuse des signaux en direction des autres bourses.
• Pour être en mesure de résoudre les crises bancaires, la FED gère les réserves monétaires de ses banques membres (rémunérées à raison de 6% par année), qu’elle remet à disposition du système bancaire lors de l’éclatement d’une de ces crises. Actuellement, la FED s’efforce de prévenir, en fournissant à maintes reprises des liquidités aux banques, une crise financière mondiale causée par le krach du système de financement immobilier américain. Comme de nombreuses banques américaines de crédit hypothécaire ont sagement lié leurs crédits à des papiers-valeurs et transmis ainsi leurs problèmes à des banques européennes, celles-ci ont commencé aussi à vaciller.
Mais c’est la FED et son ancien président, Alan Greenspan, qui ont provoqué cette crise. En abaissant rapidement et dramatiquement les taux d’intérêt – après avoir porté le taux directeur jusqu’au niveau exorbitant de 6% –, et avoir approvisionné l’économie américaine excessivement en liquidités, Greenspan avait tenté, à partir du 3 janvier 2001, d’enrayer la plus forte chute boursière depuis 50 ans.
Au 25 juin 2003, le taux directeur était tombé à son niveau minimal de 1%, ce qui avait permis aux banques d’octroyer des crédits aux taux extrêmement bas et ce qui avait fait tomber de nombreuses familles dans le «piège du crédit», les incitant à acheter des logements à crédit, à des conditions auxquelles elles ne pouvaient faire face qu’à des taux bas.
Crise provoquée par la FED
A la fin du cycle des taux d’intérêt, Greenspan avait provoqué une situation qui avait déclenché une avalanche. En effet, la FED a majoré douze fois de 0,25% son taux directeur, du 30 juin 2004 au 29 juin 2006, le portant alors à 5,25%. Il dépasse ainsi de 525% le taux fixé il y a quatre ans! Les taux fixés pour les crédits hypothécaires sont montés en conséquence et ont atteint un niveau que toujours davantage de familles ne peuvent pas supporter. Comme la propension à épargner est actuellement négative aux Etats-Unis, que la plus grande partie de la population doit recourir au crédit et que les carnets d’épargne ne jouent guère de rôle, la crise s’accentue. Vu que, depuis l’année précédente, toujours davantage de bailleurs de fonds hypothécaires sont – tout comme leurs clients – en retard dans leurs paiements à d’autres banques, le système bancaire est en crise, celle-ci ayant atteint un point culminant en août 2007, lorsque la FED et la Banque centrale européenne (BCE) n’ont pu stabiliser le système que par plusieurs injections de liquidités.
La crise des liquidités bancaires s’est immédiatement répercutée sur la bourse, qui réagit généralement de manière sensible aux variations de taux de la FED. En effet, la hausse des taux rend les titres à intérêt fixe plus attrayants que les actions, freine l’économie, est donc un poison pour la bourse et abaisse les cours des actions. Ainsi a commencé septembre 2007.
Les motifs des banques de la FED
Pour comprendre la manière d’agir et les motifs de la FED, qui paraissent parfois curieux, il faut jeter un coup d’œil sur l’histoire de l’institut d’émission.
La proposition d’établir une banque centrale est due au banquier allemand Paul Warburg. La crise financière et bancaire déclenchée en automne 1907 par la faillite de Knickerbocker Trust Co. et la situation menaçante de Trust Company of America a mis en péril 243 banques, car aucune institution n’était en mesure de mettre temporairement des fonds à leur disposition pour surmonter leurs difficultés de paiement. Dans un discours prononcé peu de mois auparavant à la Chambre de commerce de New York, le banquier John Pierpont Morgan avait prévu par hasard cette crise et appelé à fonder une banque centrale. La crise se prêtait à merveille au soutien de cette revendication.
Par la suite, Morgan a joué un rôle essentiel, à l’arrière-plan, dans la réalisation du projet.
Initialement copropriétaire de la banque Warburg de Hambourg, Paul Warburg avait épousé en 1893, lors d’un séjour aux Etats-Unis, la fille de Salomon Loeb, de la banque new-yorkaise Kuhn, Loeb & Co., qui a fait de lui et de son frère Felix des partenaires de la banque (fusionnée en 1977 avec Lehman Brothers).
Pourvu généreusement par la Banque Kuhn Loeb d’un salaire annuel de USD 5 000 000, Paul Warburg s’est occupé uniquement, pendant les six ans qui ont suivi la crise bancaire, d’une «réforme bancaire» tendant à ériger une banque centrale d’après le modèle de la Banque d’Angleterre, laquelle appartenait alors à des banquiers privés. Ce faisant, il a été soutenu par le sénateur Nelson D. Aldrich, beau-père du premier héritier milliardaire américain, John D. Rockefeller junior, connu comme porte-parole du banquier J.P. Morgan au Congrès des Etats-Unis.
Conspiration au yacht-club de Jekyll Island
En novembre 1910 finalement, un groupe de personnes triées sur le volet s’est rassemblé, sous prétexte d’une excursion de chasse, dans un wagon de chemin de fer aux jalousies fermées du yacht-club que possédait le banquier J.P. Morgan à Jekyll Island, en Géorgie. Lors de cette réunion secrète, taxée ultérieurement de conjuration, Paul Warburg, représentant de Kuhn Loeb et d’autres banques ainsi que deux banquiers de J.P. Morgan, représentant aussi les intérêts du groupe Rothschild, et deux du groupe Rockefeller ont décidé d’aider le sénateur Aldrich à rédiger en neuf jours un projet de loi que le Républicain vaniteux entendait présenter en son nom au Congrès. Il s’agissait non pas d’une banque centrale, mais seulement d’une société privée nationale de réserve dont plusieurs comptoirs devaient être disséminés aux Etats-Unis et dans lesquels des banques affiliées volontairement devaient déposer des réserves monétaires de crise. En raison de ses relations bien connues avec le centre financier et boursier de Wall Street, Aldrich a échoué, la majorité méfiante des députés voyant à juste titre dans son projet un plan tendant à assurer à un cercle restreint de banquiers puissants et liés les uns aux autres une position dominante et, partant, la possibilité de réaliser des profits énormes dans l’économie américaine.
Les requins de Wall Street ne se sont évidemment pas découragés et ont profité des élections présidentielles de 1912 pour faire élire le candidat démocrate Woodrow Wilson, qu’ils ont soutenu massivement sur le plan financier. Pendant la lutte électorale, il s’est fait passer pour un adversaire du «Wall Street Money Trust» et a promis au peuple un système monétaire exempt de main-mise des banquiers internationaux de Wall Street. En fait, la conception de la banque centrale a été élaborée par le groupement qui semblait avoir perdu la partie.
En tout cas, les Schiff, Warburg, Kahn, Rockefeller et Morgan avaient misé sur le bon cheval. Sous le titre de «Federal Reserve Act» qui dissimule sa portée et qui prétendument réduit à néant le projet de banque centrale formulé par Wall Street, ils ont déversé le 23 décembre 1913 sur des députés démocrates des mieux disposés et avec le soutien du président Wilson, un projet de loi très peu modifié et ont requis l’approbation du Congrès alors que de nombreux députés non informés prenaient déjà leurs vacances de Noël et que très peu avaient lu le texte du projet.
Le plus grand cartel du monde
Les rares députés qui ont perçu la nature de ce jeu pervers n’ont guère pu se faire entendre. Avec sagesse, le conservateur Henry Cabot Lodge senior a prévu «une inflation énorme de moyens de paiement» et que «la monnaie d’or serait noyée dans un flux de papier-monnaie non échangeable». Après le vote, Charles A. Lindbergh senior, le père du célèbre aviateur, a déclaré au Congrès: «Cette loi établit le cartel le plus important au monde […] et légalise ainsi le gouvernement invisible de la puissance financière […]. Il s’agit du projet de loi Aldrich déguisé […]. La nouvelle loi provoquera de l’inflation tant que le cartel le souhaitera […].»
Lindberg avait raison, comme le prouve le «privilège du dollar». Avant l’établissement du Système fédéral de réserve, des banques privées avaient déjà imprimé des billets. Dans les années soixante du XIXe siècle, il y avait encore 8000 sortes de billets, émises par des «State Banks» privées avec l’autorisation de l’Etat. A partir de 1880, 2000 banques pourraient avoir encore émis leurs propres billets. Depuis 1914, le chiffre s’est limité à la douzaine de banques privilégiées.
Quand le président Abraham Lincoln a eu besoin d’argent, en 1861, pour financer la guerre civile et que les crédits des banques Rothschild, financiers traditionnels des guerres, lui sont devenus trop chers, il a éludé le privilège des banques privées et fait imprimer un billet d’Etat, le «Greenback». Il ne devait pas survivre longtemps à cette démarche téméraire. En 1865, il a été assassiné par un tireur isolé, abattu lui-même lors de sa fuite. Le successeur de Lincoln, Andrew Johnson, a suspendu l’impression de billets pour des raisons inexplicables.
Le prochain président qui a voulu redonner à l’Etat le monopole de l’impression de billets a été John F. Kennedy.
Tentative de Kennedy de priver la FED de son pouvoir
Peu de mois avant son assassinat, John F. Kennedy a été semoncé par son père Joseph dans le salon ovale de la Maison Blanche. «Si tu le fais, ils te tueront!» Mais le président ne s’est pas laissé dissuader. Le 4 juin 1963, il a signé l’acte exécutif numéro 111 110, abrogeant ainsi l’acte exécutif 10289, remettant la production de billets de banque dans les mains de l’Etat et privant en grande partie de son pouvoir le cartel des banques privées. Après que quelque USD 4 milliards en petites coupures nommées «United States Notes» eurent déjà été mises en circulation et alors que l’imprimerie de l’Etat s’apprêtait à livrer des coupures plus importantes, Kennedy a été assassiné le 22 novembre 1963, soit 100 ans après Lincoln, par un tireur isolé abattu lui-même lors de sa fuite. Son successeur s’appelait Lyndon B. Johnson. Lui aussi a suspendu l’impression de billets pour des raisons inexplicables. Les douze banques fédérales de réserve ont retiré immédiatement les billets Kennedy de la circulation et les ont échangés contre leurs propres reconnaissances de dette.
Grâce à son monopole de production illimitée d’argent, le cartel bancaire du Système fédéral de réserve dispose d’une énorme machine à fabriquer de l’argent, qui lui permet de gagner énormément. Qui se cache derrière ce système est un secret bien gardé. Car il faut distinguer entre les banques propriétaires et les simples banques membres, qui déposent des réserves monétaires pour, le cas échéant, être sauvées par la suite. Il y a quelques années, la Federal Reserve Bank of New York a publié les noms de ces banques membres, qui n’ont par ailleurs aucun droit. La rémunération annuelle de leurs dépôts se chiffre à 6%. Mais le niveau de leurs parts est tenu secret comme les noms des propriétaires des banques fédérales de réserve, initialement trois, aujourd’hui quatorze.
Critique après le krach de 1929
Paul Warburg a refusé la présidence du Federal Reserve Board en 1910, alors que ce juif allemand à l’accent prononcé, juste avant le début de la guerre contre l’Allemagne, venait d’acquérir la nationalité des Etats-Unis. Toutefois, il devint membre du Conseil d’administration et du puissant Council on Foreign Relations, qui passe encore aujourd’hui pour le berceau des politiciens américains et des banquiers de la FED.
Les efforts qu’il a déployés pendant de longues années pour fonder l’institut d’émission américain lui ont valu non seulement de l’argent et des honneurs dans la haute finance, mais aussi la pire expérience de sa vie. En 1928, il a exigé sans succès une limitation de la circulation monétaire afin de freiner la spéculation boursière qui rappelait la ruée vers l’or. Mais ceux qui étaient disposés à l’entendre sont restés rares; on le nommait la Cassandre de Wall Street. Après le krach d’octobre 1929, il devint la cible de ceux qui avaient perdu leur patrimoine. Des rumeurs, des brochures et des articles de presse l’ont décrit, lui qui avait tenté d’entraver les catastrophes financières, comme «l’auteur non américain» de la panique boursière d’alors. On a pu lire que «Paul Warburg avait prêté avec sa bande de l’argent au Système fédéral de réserve afin de mettre en mains juives les finances américaines et d’exploiter l’Amérique jusqu’à son épuisement.» De telles légendes se sont poursuivies jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Aigri par ces attaques, il est décédé en 1932. En 1936-1937, les cours des actions ont baissé de 50%, en 1948 de 16%, en 1953 de 13%, en 1956 de 13%, en 1957 de 19%, en 1960 de 17%, en 1966 de 25% et en 1970 de 25%. Ont suivi le krach d’octobre 1987, les chutes de cours de 1990, 1992 et de 1998 ainsi que, finalement, la forte baisse d’avril 2000 à mars 2003 et la crise actuelle qui a commencé en août/septembre 2007 et dont les effets sont incertains.
Aujourd’hui, on répand le bruit – mais ne le confirme pas – que le groupe bancaire Rockefeller détient 22% des actions de la Federal Reserve Bank of New York et 53% de tout le Système fédéral de réserve. Principal acquéreur de bons du Trésor des Etats-Unis, la Banque du Japon possèderait 8% de ces actions. On attribue 66% aux banques purement américaines et 26% aux vieilles banques européennes (dont 10% aux banques Rothschild).
Wolfgang Freisleben, Vienne International III/2007
(Traduction Horizons et débats)
Amanda Morales est une analyste financière vénézuélienne qui a vécu et travaillé en Europe pendant plusieurs années. On peut la contacter à l’adresse ama.morales@yahoo.com.
20/10/2010 - De la nature parasitaire du système monétaire actuel
Parfois induits en erreur par les grands médias et les soi-disant «
experts, » même les gens les plus instruits ne parviennent pas à
identifier la cause profonde du ralentissement économique actuel. Ils
ont tendance à confondre les symptômes (inflation, chômage, etc.) avec
la cause. D’autres facteurs déclenchants inexacts, souvent mis en avant,
sont la cupidité inhérente à l’homme, la surpopulation, les générations
du baby-boom, l'abandon de l'étalon-or, la réserve bancaire
fractionnaire, les monnaies fiduciaires, la surconsommation, et même la
technologie.
Amanda Morales est une analyste financière vénézuélienne qui a vécu et travaillé en Europe pendant plusieurs années. On peut la contacter à l’adresse ama.morales@yahoo.com.
Le
système monétaire est devenu le carcan mondial de l'esclavage alimenté
par la dette que nous connaissons aujourd'hui au travers d’une série
d’évolutions : invention de l'usure (prêt à intérêt composé),
établissement du prêt sur fraction des réserves (c'est-à-dire, prêt
d'argent inexistant), privatisation de la masse monétaire, création des
banques centrales, abolition de l’étalon-or et mise en circulation
légale des monnaies fiduciaires.
Désormais, dans les pays
occidentaux, environ 96% de l'argent est de la dette (crédit d'argent),
créée par les banques d’affaires sous forme de promesses de
remboursement (reconnaissances de dettes). Les sommes déposées à la
banque et prêtées sont simplement inscrites dans la comptabilité, sans
être soutenues par des avoirs réels (comme de l'or, par exemple). Ce qui
donne du prix à ces piles de paperasses autrement sans valeur, c’est le
travail humain. C’est seulement en s’arrêtant pour réfléchir que nous
pouvons commencer à comprendre la nature profondément frauduleuse du
prêt bancaire : la promesse d’un emprunteur en garantie d’un prêt pour
quelque chose qu'il ne possède pas encore (par exemple une voiture qu'il
achète à crédit) contre de l'argent que le prêteur n'a pas réellement
dans ses réserves.
Voyons
brièvement comment les bulles spéculatives sont créés et l'effet
qu'elles ont sur l'économie réelle. Les faibles taux d'intérêt fixés par
les banques centrales déclenchent une frénésie de crédit qui pousse les
gens à s'endetter. Les banques créent de l'argent ex nihilo (à partir
de rien) et le prêtent contre des intérêts, ce qui gonfle des bulles
alimentées par le crédit (dot-com, logement, immobilier commercial,
etc.) qui rendent les banquiers et d’autres spéculateurs outrageusement
riches. Par définition, il y a bulle quand le prix d'un actif augmente
au-delà de ce que peut permettre le revenu moyen. Prenons la bulle
immobilière actuelle à titre d'exemple. Quand finalement la bulle
éclate, la valeur de l'actif plonge avec des répercussions désastreuses
sur le bilan des banques et des ménages : les banques saisissent des
maisons dont la valeur baisse rapidement et les ménages se retrouvent
avec des capitaux propres négatifs (la valeur marchande de leur maison
est inférieure à ce qu'ils remboursent pour elle chaque mois à la
banque). Comme les banques ont été autorisées à devenir « too big to
fail » (si grosses que leur faillite coulerait tout le système) au moyen
de fusions et d’acquisitions, les barrons de la Finance donnent des
instructions à leurs marionnettes politiques pour se faire renflouer aux
frais du contribuable. Grâce à des doses énormes de propagande
médiatique et l'alarmisme, ceux qui tiennent lieu d’élite lavent le
cerveau des masses en leur faisant croire que la prospérité des banques
est essentielle à la stabilité sociale et à la prospérité économique. En
d'autres mots, un chaos généralisé s'ensuivrait si nous laissions les
grandes banques faire faillite. Au début, la plupart des citoyens
semblent croire ce mensonge et acceptent de payer la facture par
l’augmentation des impôts et une combinaison de coupes et de
privatisations dans les services publics (éducation, assistance,
infrastructures, santé, etc.).
Après
avoir eu leur renflouage, les banquiers s’adjugent d’énormes primes et
tentent de reprendre les affaires d’avant. Mais il y a un hic : plus
personne n’est solvable (c’est le rejeton né de la magouille à la
Ponzi). Une grande partie des particuliers et des entreprises croulent
sous les dettes, et les perspectives de profit sont trop sombres. C'est
pourquoi les banques ne prêtent pas (le crédit se resserre) et les
débiteurs, s’ils le peuvent, remboursent leur reste de dette en
asséchant ainsi l'argent de l'économie réelle (ils ne consomment plus).
Une dangereuse spirale de déflation de l'argent s’installe, créant
faillites, chômage, saisies, diminution des recettes fiscales et
troubles sociaux. Pendant ce temps, le gouvernement fait grimper en
flèche le déficit, gonfle une dette publique déjà gigantesque, créant
une sorte de crise de dette souveraine, comme on le voit dans des pays
comme la Grèce, l'Islande et l'Irlande, pour n'en nommer que
quelques-uns.
Comment
est-on arrivé là ? Prenons un peu de recul et réfléchissons. Un système
monétaire basé sur l'usure exige une croissance sans fin, car les
intérêts composés grandissent de façon exponentielle au fil du temps.
Sous ce nouvel éclairage, il est plus facile de comprendre pourquoi
l'establishment est si obsédé par l’augmentation du PIB. Seulement, une
croissance exponentielle n'est tout simplement pas viable sur une
planète limitée. Il n'y a pas d'échappatoire : si l'économie ne croît
pas, le nouvel argent-dette ne peut être émis pour faire tourner dans
l'avenir le passif de la dette existante. Comme la quasi-totalité de la
masse monétaire est créée par les banques elles-mêmes sous forme de
dette, le nouvel argent doit venir au monde par l’emprunt uniquement et
payer les intérêts dus aux banquiers. De même, une croissance nulle ou
négative marque la destruction du système monétaire, ce auquel nous
assistons en ce moment.
Des
considérations éthiques sur le parasitisme inhérent à l'usure seraient
certainement appropriées à ce stade : Ceux qui prêtent de l'argent à
ceux qui en manquent deviennent à leur tour esclaves de ces derniers.
Mais l'usure présente aussi un problème pratique mathématique : les
banques créent seulement le capital, pas les intérêts exigés pour
rembourser leurs prêts. Il en résulte une pénurie chronique d'argent qui
affecte tous les acteurs du système, car l'argent du remboursement des
intérêts de tous les prêts n'existe pas. Par conséquent, nous devons
tous participer à un jeu à somme nulle pour gagner une chose qui
n'existe tout simplement pas. L'argent est gagné par quelques-uns au
détriment de ceux qui en sont privés, dans ce que l’on ressent de plus
en plus comme une concurrence acharnée qui accroît considérablement les
conflits sociaux et les déséquilibres de richesse.
L'expansion
constante de la fourniture de monnaie, nécessaire pour remédier à la
pénurie chronique d'argent, est la principale cause de l'inflation.
Celle-ci équivaut à confisquer en douce la richesse des possesseurs
d’argent. Le système monétaire pourrait être comparé à un jeu de chaises
musicales : tant que bat l’orchestre (avec à la fois fourniture
d’argent et économie croissante), il n'existe apparemment pas de perdant
*.
Dans
un tel système, le montant de la dette d'argent doit se développer
continuellement afin de minimiser tout risque de déflation dangereuse.
Nous pouvons à présent comprendre pourquoi toutes les discussions que
nous entendons dans les médias grand public sur la nécessité de réduire
la dette ne sont en fait que des propos ambigus trompeurs. La dette doit
être maintenue, car le système entier repose sur elle. Toute réduction
de la dette (soit par remboursement, soit par annulation écrite)
augmentera la pénurie d'argent et aura des conséquences catastrophiques
dans une économie en dysfonctionnement comme la nôtre.
Malgré
tous les efforts déployés par les banques centrales pour continuer à
faire tourner ce manège, actuellement la fourniture de monnaie dans de
nombreuses économies de l'Ouest se contracte, et des millions de gens
sont laissés sur le carreau dans le froid.
Avec
le remboursement de la dette, le capital bidon disparaît
progressivement et l'intérêt reste en bénéfice à la banque. Si l'on
considère que le montant des intérêts des prêts remboursés sur de
longues périodes (comme dans le cas des hypothèques) peut facilement
dépasser le capital, on commence à comprendre la dimension colossale de
l’arnaque et sa nature essentiellement parasite.
Armés
de ce savoir, il devient évident que le système monétaire qui nous est
imposé est par conception condamné à faire faillite. Un système de prêt
basé sur les intérêts ne peut marcher que si tout l'argent gagné dans
les intérêts est dépensé en biens et services (circule de sorte que
l'emprunteur puisse à nouveau le gagner), et non pas thésaurisé ou à
nouveau prêté. Thésauriser l'argent ou le prêter à divers emprunteurs en
même temps (comme le font les banques aujourd'hui), provoque sa pénurie
et entraîne en fin de compte un défaut de masse monétaire.
Je
pense que la privatisation de l'argent est la principale cause
sous-jacente de la pauvreté, de l'esclavage économique, des
gouvernements insuffisamment financés et d’une classe dirigeante
oligarchique qui contrarie toute tentative visant à lui faire lâcher les
rênes du pouvoir.
Source - traduction PetrusLombard lepost - globalresearch.ca
13/10/2010 - Personne ne se réunit en secret autour d'une table pour protéger et accroitre ses intérêts !
« Chaque troisième mercredi de chaque mois, neuf membres d’une société de l’élite de Wall Street se rencontrent dans Midtown Manhattan [le quartier des affaires de New York]. Ils partagent un même objectif : protéger les intérêts des grandes banques qui agissent sur le vaste marché des produits dérivés, l’un des plus profitables – et controversé – de la finance. Ils ont aussi en commun des secrets, le compte-rendu de leurs réunions de même que leurs identités, strictement confidentiels ».
C’est ainsi que Louise Story débute son article dans le New York Times, dont elle est une journaliste financière vedette.
Au terme d’une enquête fouillée, elle met en évidence, détails et noms à l’appui, les mécanismes utilisés par les mégabanques qui dominent le marché des produits dérivés. Dans le but d’empêcher que de nouveaux entrants élargissent leur club très restreint et afin que continue à régner sur ce marché une totale opacité, garante de leurs immenses profits.
Les noms de ses membres sont ceux du gratin de la banque : Goldman Sachs, Morgan Stanley, JP Morgan Chase, UBS, Deutche Bank, Barclays, Crédit Suisse, Citigroup, Bank of America.
Tous se retrouvent membres du comité du risque de ICE, une nouvelle chambre de compensation des produits dérivés qui a vocation à dominer ce marché, mais également au comité de nombreux autres, ainsi qu’à la direction de l’International Swaps and Derivatives Association (ISDA), le lobby international qui fait la pluie et le beau temps sur ce marché.
Ce n’est évidemment pas par hasard, car ces comités du risque des chambres de compensation qui ont poussé comme des champignons ont été investis par la loi Dodd-Frank de régulation financière de très importants pouvoirs.
Notamment ceux de décider quels sont les produits dérivés qui n’ont pas à utiliser les services des chambres de compensation – et restent ainsi totalement négociés de gré à gré – au prétexte qu’ils ne sont pas standardisés et ne peuvent donc être compensés. Ainsi que de déterminer le coût du service, qui s’ajoute aux commissions des banques, et les montants financiers qui doivent être apportés en couverture. Les mégabanques sont donc totalement juges et parties.
Sur ce marché, les commissions bancaires ne sont pas connues, et il n’y a pas comme sur le marché boursier de cote officielle à la disposition des intervenants. Les banques achètent et vendent à des prix qu’elles seules connaissent, fixant ainsi leur marge selon leur bon vouloir.
« Pas un seul domaine financier n’est probablement aussi profitable aujourd’hui que les produits dérivés », explique Louise Story. « Plus que l’activité de prêt, celle des cartes de crédit, des fusions et acquisitions ou de la gestion de fortune. » poursuit-elle, pour conclure : « Le secret qui entoure le marché des produits dérivés est un facteur clé des importants profits réalisés par les banques ». Les moyens dont elles disposent et qu’elles mobilisent pour le protéger sont à l’avenant.
Ce qui n’est pas sans expliquer comment elles sont parvenues à faire barrage avec succès à des dispositions trop incisives du Congrès, et comment elles peuvent encore prétendre bloquer, fort de l’appui massif des républicains – mais de démocrates également – les nouvelles dispositions que cherche à prendre la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), le régulateur compétent, afin de limiter le contrôle des chambres de compensation par les banques.
Le Département de la justice a pour sa part engagé une enquête afin de vérifier l’existence éventuelle de pratiques tombant sous le coup de la loi anti-trust, qui sont de notoriété publique à Wall Street, dont on attend avec intérêt les résultats.
Ironiquement, les positions prises par les mégabanques ont pour origine une demande de l’administration aux mégabanques. Devant la panique crée par la menace d’effondrement d’AIG, qui assurait avec des CDS de nombreuses grandes banques, celle-ci était autant que les régulateurs dépassée par les événements et ignorante du fonctionnement de ce marché sur lequel elle n’avait aucune prise.
Au milieu de la tourmente, les régulateurs se tournèrent donc vers les banques pour leur demander de monter dans l’urgence une chambre de compensation, afin de réduire les risques et stabiliser le marché. InterContinentalExchange (ICE), qui compensait déjà les commodities et les futures, servit de base.
Au fil de son enquête, Louise Story raconte comment les mégabanques firent par la suite obstacle aux velléités d’autres intervenants d’entrer sur le marché des chambres de compensation, avec également comme souci d’empêcher l’avènement d’une quelconque cotation électronique des produits dérivés, qui apporterait de la transparence et risquait de court-cicuiter les banques.
Citadel Group, un très important hedge fund qui chercha à s’y lancer en joint venture avec le Chicago Mercantile Exchange, dut finalement y renoncer au terme de batailles de coulisses homériques.
Elle narre également comment certaines banques, telle Bank of New York Mellon, essayèrent de rentrer dans le « club des négociants en dérivés », comme il est appelé à Wall Street, pour en être rejeté par le physionomiste.
Cette histoire appelle-t-elle d’autres commentaires ?
François Leclerc.
PaulJorion.com
30 statistiques qui prouvent que les élites s'enrichissent , que les pauvres deviennent plus pauvres et que la classe moyenne est détruite
Grand article, sans doute l’un des meilleurs de l’année, et cela sur tous ceux que j’aie pu voir: la preuve par A+B+C qu’un système a été mis en place pour capturer l’argent des classes moyennes, et cela dès les années 60.
09/09/2010 - La preuve ultime de la grande manipulation de ces 30 dernières années ?
30 statistiques qui prouvent que les élites s'enrichissent , que les pauvres deviennent plus pauvres et que la classe moyenne est détruite
Grand article, sans doute l’un des meilleurs de l’année, et cela sur tous ceux que j’aie pu voir: la preuve par A+B+C qu’un système a été mis en place pour capturer l’argent des classes moyennes, et cela dès les années 60.
Résultat,
si en 1960 1% de la population avait 9% des flux financiers, en 2010,
ce même 1% dispose de presque 30% de toutes les richesses créées. C’est
clair, net et précis. Et c’est pire que ce que vous pensez… Ainsi, un
ouvrier des années 50 gagnait bien plus qu’aujourd’hui, et, en plus, il
était le seul à travailler, madame était à la maison. Puis, dans les
années 70, sa paye n’a plus suffi, et madame s’est mise à travailler
pour gagner/retrouver le même pouvoir d’achat que dans les années 60.
Perdant le pouvoir d’achat à
nouveau dans les années 90, les ménages se sont alors endettés pour
retrouver le même niveau, une sorte d’illusion achetée à crédit.
Aujourd’hui pour retrouver le même niveau d’achat, les enfants restent
chez les parents et partagent les dépenses…
«
… Le constat est amer: « Dans le cas où vous n’avez pas fait attention
au cours des deux dernières décennies , ce que nous avons en Amérique
aujourd’hui est un système qui est conçu pour canaliser autant de
richesses dans les mains de l’élite que possible … Ce n’est pas le
capitalisme que nous avons en Amérique en 2010 . Au lieu de cela , ce
que nous avons créé un système où les lois sont mises en place afin que
l’élite au pouvoir et leurs grandes sociétés dominantes sont toujours
gagnants . Pourquoi pensez-vous tant de grandes sociétés en Amérique du
payer si peu d’impôts ? Pourquoi pensez-vous beaucoup d’entre eux sont
comblé par des subventions du gouvernement , des allégements fiscaux et
les renflouements ? Il ne s’agit pas de la concurrence plus . Il s’agit
de truquer le jeu en votre faveur . L’élite au pouvoir et les sociétés
qu’ils contrôlent géant dépenser des millions et des millions sur le
lobbying et les contributions de campagne et ils s’attendent à un grand
retour sur investissement. » .
The Rich Are Getting Richer
1
- As of 2007, the top 1 percent of all Americans was taking home 24
percent of the national income. This was a level that had not been seen
since the days of the Great Depression.
2
- Incomes have been growing in the United States, but those at the very
top of the pyramid have been gobbling up almost all of the income
growth. According to Harvard Magazine, 66% of the income growth between
2001 and 2007 went to the top 1% of all Americans.
3
- Even official government figures bear out the fact that the rich are
getting richer. An analysis of income-tax data by the Congressional
Budget Office a few years ago found that the top 1% of all American
households own nearly twice as much of the corporate wealth as they did
just 15 years ago.
4-
Most Americans have suffered during the last few years, but not the
boys and girls down on Wall Street. New York state Comptroller Thomas
DiNapoli says that Wall Street bonuses for 2009 were up 17 percent when
compared with 2008.
5
- Even as the number of Americans living in poverty skyrockets, the
number of millionaires just keeps growing. In fact, the number of
millionaires in the United States rose a whopping 16 percent to 7.8
million during 2009.
6
- The amount of money some of these Wall Street hotshots are making is
incredible. Back in 2005, the top 25 hedge fund managers earned a total
of 9 billion dollars. That would be bad enough, but even in these hard
economic times the rich just keep getting richer. One year after the
recent financial collapse the top 25 hedge fund managers earned a total
of approximately $25 billion. That breaks down to an average of $1
billion each. The truth is that the United States has been experiencing
uneven prosperity for quite some time and things just seem to get worse
with each passing year.
The Poor Are Getting Poorer
7
- Government anti-poverty programs are exploding in size in response to
the recent economic difficulties. USA Today is reporting that a record
one in six Americans are now being served by at least one government
anti-poverty program.
8 - Over 50 million Americans are on now Medicaid. That figure is up more than 17 percent since the beginning of the recession.
9
- The number of Americans in the food stamp program rose to a new
all-time record of 40.8 million in May. That number is up almost 50
percent since the beginning of the recession.
10
- The number of Americans who cannot afford even the basic necessities
is absolutely staggering. A whopping 50 million Americans could not
afford to buy enough food in order to stay healthy at some point over
the last year.
11
- Compared to other industrialized nations, the United States is doing
very poorly. The U.S. poverty rate is now the third worst among the
developed nations tracked by the Organization for Economic Cooperation
and Development.
12
- The saddest part of this is what we are doing to our children.
According to one recent study, approximately 21 percent of all children
in the United States are living below the poverty line in 2010.
13
- But the American people cannot provide for their families if they
don't have jobs. Today there are not nearly enough jobs for everyone.
In 2010, it takes the average unemployed American worker over 8 months
to find a job.
14
- Approximately 10 million Americans are currently receiving
unemployment insurance, which is a number that is nearly four times
higher than what it was at back in 2007.
15
- The truth is that we are creating a permanent underclass of Americans
that cannot get jobs. The number of Americans receiving long-term
unemployment benefits has increased over 60 percent in just the past
year.
16
- Increasingly, the wealth of the United States is being held in fewer
and fewer hands. One study found that as of 2007, the bottom 80 percent
of American households held about 7% of the liquid financial assets.
17
- It is not a good time to be living in "the bottom half" in America.
The size of "the pie" being divided up among those at the low end of the
wage scale is becoming really, really small. In fact, the bottom 40
percent of all income earners in the United States now collectively own
less than 1 percent of the nation’s wealth.
The Middle Class Is Being Destroyed
18
- Even those Americans that still do have decent jobs are seeing their
wealth fade rapidly. For example, U.S. families have $6 trillion less
in housing wealth than they did just three years ago.
19
- Home ownership used to be a sign that one had arrived in the middle
class, but in 2010 an increasing number of Americans are finding out
that they simply can't afford their homes anymore. One out of every
seven mortgages were either delinquent or in foreclosure during the
first quarter of 2010.
20
- The reality is that incomes have just not kept up with housing costs.
This has put an incredible amount of pressure on the middle class.
Just how much pressure? Well, only the top 5 percent of all U.S.
households have earned enough additional income to match the rise in
housing costs since 1975.
21
- The debt binge middle class Americans have been on over the past
couple of decades has drained many of them completely dry, and now more
Americans than ever have bad credit scores. Over 25 percent of
Americans now have a credit score below 599, which means that they are a
very bad credit risk.
22
- A rapidly rising number of Americans are actually choosing bankruptcy
as a way out of their financial problems. Nationwide, bankruptcy
filings rose 20 percent in the 12 month period ending this past June
30th.
23
- The middle class manufacturing jobs that once defined so many
American cities are rapidly disappearing. Despite the fact that the
U.S. population has dramatically increased, less Americans are employed
in manufacturing today than in 1950.
24
- These days it seems like almost everyone is looking for a good job,
but very few people are finding them. According to one recent survey,
28% of all U.S. households have at least one member that is looking for a
full-time job.
25
- Even many of those Americans that still have decent jobs have been
hit hard by this economic downturn. A recent Pew Research survey found
that 55 percent of the U.S. labor force has experienced either
unemployment, a pay decrease, a reduction in hours or an involuntary
move to part-time work since the recession began.
26
- The number of jobs that are evaporating is absolutely stunning.
According to one analysis, the United States has lost a total of 10.5
million jobs since 2007.
27
- So where are the jobs going? It doesn't take a genius to figure it
out. China's trade surplus (much of it with the United States) climbed
140 percent in June compared to a year earlier.
28
- The truth is that "globalism" and "free trade" have put middle class
American workers in direct competition with the cheapest labor in the
world. This is what middle class American workers must now compete
against: in China a garment worker makes approximately 86 cents an hour
and in Cambodia a garment worker makes approximately 22 cents an hour.
29
- Due to these difficult economic conditions, the middle class is being
squeezed as never before. According to a poll taken in 2009, 61
percent of Americans "always or usually" live paycheck to paycheck.
That was up significantly from 49 percent in 2008 and 43 percent in
2007.
30
- So what kind of future do our young people have in front of them?
Unfortunately, things don't look pretty. Many fresh college graduates
can't even get a job that will allow them to be independent. One recent
survey of last year's college graduates discovered that 80 percent
moved right back home with their parents after graduation. That was up
significantly from 63 percent in 2006.
Theeconomiccollapseblog

















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