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26/09/11

Pascal Roussel: Livre, vidéos, analyses et prévisions

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26/09/2011 - Faire preuve de réalisme

On connait le vieil adage : « ne jamais croire en quelque chose aussi longtemps qu’elle n’est pas niée ». Actuellement le monde politique ne cesse de nier un éventuel défaut de la Grèce, un éclatement de la zone euro, une sous-capitalisation bancaire ou même la faillite d’une grande banque. Alors est-ce justement le moment d’y croire ?

Les « spécialistes » passent leur temps à nous rassurer : nous risquons un simple ralentissement de croissance sans plus.



07/07/2011 - 4 juillet 2011 une journée charnière - Ce début du mois de juillet 2011 a vu l'attribution par l'Union européenne et le FMI d'une tranche d'aide supplémentaire de 12 milliards d'euros à la Grèce. Derrière l'émotion vécue la semaine précédant cette attribution, d'autres problèmes financiers majeurs sourdent de l'autre côté de l'Atlantique.

01/06/2011 - Présentation du livre "Divina insidia - Le piège divin" et de l'auteur - "La rente concentre mathématiquement et inexorablement l'argent et donc la puissance, dans les mains des plus grands prêteurs...ils existent des grandes familles oligarchiques qui usent et abusent de ce mécanisme de génération en génération et comme elles se marient entre elles...au fil des siècles, elles ont accumulés un capital colossal...qui est largement sous-estimé"

De la crise de l'euro à la monnaie mondiale (5 parties)



26/09/2011 - Faire preuve de réalisme

On connait le vieil adage : « ne jamais croire en quelque chose aussi longtemps qu’elle n’est pas niée ». Actuellement le monde politique ne cesse de nier un éventuel défaut de la Grèce, un éclatement de la zone euro, une sous-capitalisation bancaire ou même la faillite d’une grande banque. Alors est-ce justement le moment d’y croire ?

Les « spécialistes » passent leur temps à nous rassurer : nous risquons un simple ralentissement de croissance sans plus. Pourtant, l’histoire récente a montré que lorsque l’on compare les prévisions de croissance effectuées par les institutions publiques souveraines, internationales ou européennes, par rapport à la croissance réellement observée après, on constate que ces prévisions ont toujours été trop optimistes car basées sur des modèles incapables de percevoir le caractère unique et historique de la crise que nous traversons.

La Banque des Règlements Internationaux, mieux connue sous le nom de banque centrale des banques centrales située au sommet de la pyramide, vient juste de publier un document dans lequel on peut lire (traduction libre) « les problèmes de dettes que les économies avancées doivent affronter sont encore pire que nous le pensions »… « Actuellement les dettes ont atteint des niveaux supérieurs à tout ce que nous avons pu observer sauf en temps de guerre. Les ratios de dettes publiques sont actuellement sur une voie explosive dans bon nombres de pays. Ces pays vont devoir mettre en place des changements politiques drastiques. Une simple stabilisation risque de ne pas être suffisante ».
Ceux qui étudient les dessous de l’histoire de la finance savent que c’est un avertissement qu’il ne faut pas prendre à la légère !

Il est essentiel de bien comprendre que nous allons vivre des événements financiers exceptionnels, car jamais dans toute l’histoire de l’humanité on a utilisé la dette de quelqu’un comme moyen de paiement c.à.d. comme moyen d’échange. Depuis le 15 août 1971, la monnaie est créée à partir de dettes publiques et privées sans le moindre lien avec l’or et reposant uniquement sur la promesse des autorités publiques de ne pas faire tourner la planche à billets. Promesse non tenue.

Comme nous subissons cette crise au quotidien depuis plusieurs années, il est certainement utile de prendre de la hauteur pour rappeler brièvement comment nous en sommes arrivés là :

- Sous le règne d’Alan Greenspan, toutes les lois limitant la capacité des banques commerciales à mener des opérations autres que les simples opérations de prêts ont progressivement été abolies. De même pour toutes les lois interdisant de spéculer sur la nourriture.

- Gonflement d’une bulle internet en 2000.

- Explosion de cette bulle et attentat en 2001.

- Introduction massive d’instruments financiers nouveaux basés sur la titrisation.

- Développement exponentiel de l’usage des produits dérivés.

- Déclenchement de l’effondrement, en 2007, par incorporation de prêts subprime avec d’autres de meilleures qualités et par titrisation du mélange entraînant une contamination mondiale par propagation de l’ensemble des produits financiers liés au marché immobilier.

- Perte de confiance dans le système bancaire.

- Intervention massive des Etats pour sauver le système bancaire.

- Transfert de la perte de confiance dans le système bancaire vers une perte de confiance dans les Etats eux-mêmes.

Nous en sommes à ce stade. L’étape prochaine que le système bancaire craint tout particulièrement est bien entendu le défaut de paiement d’un de ces Etats.

Dans un monde entièrement bâti sur les dettes, il est logique que les banques soient au cœur de la crise.

Une banque fonctionne de manière schématique en empruntant à court terme auprès d’autres institutions financières ainsi qu’auprès de ses clients (en puisant dans leurs comptes courants et comptes d’épargne) et en prêtant à plus long terme cet argent. Le risque principal vient de ce que l’on appelle la gestion actif-passif qui vise à garantir à tout moment une adéquation entre les différences de maturités qui existe pour les emprunts et les prêts. Ce que craint essentiellement une grande banque, c’est de perdre la confiance des institutions qui lui prêtent de l’argent à très court terme. Cette perte de confiance conduisant à une spirale infernale :

Dans un premier temps, quelques contreparties inquiètes refusent de renouveler les prêts très court terme. Ce refus induit un stress sur la trésorerie de la banque, ce qui renforce l’inquiétude des autres institutions prêteuses, ainsi que des retraits de dépôts. Ceci induit alors un effet négatif sur le cours de bourse de cette banque et sur son ratio capital propre/ niveau d’endettement. Cela renforce encore davantage le refus de renouveler les prêts court terme. Résultat, les agences de notation dégradent la note de crédit de la banque. Tout ceci déclenche des clauses contractuelles entre les prêteurs et la banque qui l’obligent à leur livrer brutalement des gages sous forme de titres financiers pour continuer à recevoir des prêts court terme dont sa survie dépend. Ce choc continue à affaiblir la trésorerie de la banque. On voit ainsi comment une spirale sans fin est amorcée. Finalement, les dépositaires individuels et les derniers prêteurs institutionnels court terme  réagissent alors ensemble selon le principe « celui qui panique le premier a le plus de chance de récupérer son argent ». C’est exactement comme cela que Bear Stearns et Lehman Brothers ont disparu. Toute ressemblance avec la situation actuelle de certaines banques n’est peut-être pas une coïncidence.

On entend souvent que telle banque n’est pas aussi exposée à tel pays et qu’il n’y a rien à craindre. Mais il faut savoir qu’une banque garde ses instruments financiers dans deux types de portefeuille: un portefeuille de négociation et un portefeuille d’investissement (en général nettement plus important). Les titres contenu dans un portefeuille d’investissement ne sont pas destiné à être revendu, mais à être gardé jusqu’à leur maturité et, de ce fait, il n’y a aucune obligation pour la banque d’acter une perte si la valeur de marché de ces titres chute. C’est par exemple dans ce genre de portefeuille que les banques gardent les fameux actifs toxiques ou des titres souverains que plus personne ne veut acheter et dont la valeur est calculée par des modèles mathématiques. Donc, pour préciser, même si la valeur de marché des titres contenus dans ce portefeuille d’investissement devait être réduite de moitié, cela n’aurait pas d’impact sur les fonds propres de la banque. Mais s’il y a un véritable défaut d’un Etat, la situation est toute différente car alors cela veut dire que même en gardant les titres jusqu’à leur maturité la banque ne récupérera pas le montant prêté. Ainsi, en cas de défaut, la moins value des titres doit être enregistrée dans tous les différents types de portefeuilles et la perte pour la banque devient nettement plus importante. C’est cet aspect qui est rarement mis en évidence dans les publications officielles des banques; elles peuvent déjà difficilement digérer des chutes de prix d’obligations souveraines, mais encore bien plus difficilement un défaut de paiement d’un Etat qu’elles redoutent comme la peste.

En Europe, le système bancaire d’un pays est généralement fortement exposé aux dettes bancaires et publiques des autres pays. Cette interdépendance rend le système vulnérable à un effet de contagion semblable à la chute de dominos. Ainsi la chute d’un petit domino peut entraîner en bout de chaine la chute d’un gros domino. Il faut en effet bien comprendre que les banques sont par essence des institutions qui utilisent d’importants effets de levier. Traditionnellement, pour chaque euro de fonds propres, elles empruntent de 24 à 36 euros. Il en résulte qu’avec un ratio moyen de 30, il suffit de 3,5% de pertes sur le bilan d’une banque pour annihiler ses fonds propres.

 Liesi

07/09/2011 - La fin des bancosaures

Les dinosaures ont disparu de la surface de la terre alors qu’ils semblaient pourtant invincibles et indispensables à la survie de l’écosystème de l’époque. Mais ces animaux gigantesques avaient un point faible, leur sang froid et finalement leur disparition n’a pas entraîné la fin de toute vie sur terre.

65 millions d’années plus tard, nous assistons à la disparition d’une autre espèce gigantesque : le bancosaure. Et quasiment tous les économistes et politiciens craignent que cela ne provoque la fin de toute vie économique sur terre. Pour parer à cela, ils sont prêts à commettre toutes les erreurs pour les maintenir en vie.

C’est que le bancosaure est lui aussi un animal fragile avec un grave point faible, sa survie dépend essentiellement d’une seule et unique chose : la confiance.

Comme tous les animaux, le bancosaure grandit avec le temps. Au début de sa vie, il accepte les dépôts des épargnants. Il veille à ce que les montants des comptes à vue des épargnants restent plus faibles que ceux des comptes à terme. Il sélectionne soigneusement les clients auxquels il prête l’argent des épargnants et investit sa trésorerie dans des actifs sans risques. Mais au fur et à mesure de sa croissance, le bancosaure prend de l’assurance. Il emprunte sur les marchés, d’abord à long terme et puis à court terme. Convaincu qu’il est devenu tellement indispensable à l’économie de son pays et qu’il détient l’épargne de tant d’électeurs,  il est certain de pouvoir compter sur l’aide de l’Etat en cas de difficultés. Alors il prend des risques et devient de plus en plus dépendant de l’emprunt à court terme. C’est ainsi qu’il doit constamment renouveler ses dettes à court terme.  Dans le jargon technique on dit que sa gestion actif-passif devient de plus en plus préoccupante.

La fin du bancosaure est pratiquement toujours la même : il perd la confiance de ses créanciers. Pour éviter sa faillite pure et simple, les autorités utilisent différentes techniques :
- La nationalisation comme ce fut par exemple le cas avec  Northern Rock au Royaume-Uni en 2008, après 158 années d’existence.
- L’absorption par un bancosaure plus gros. Technique utilisée en Belgique avec Fortis en 2008 et largement utilisée en Espagne ces derniers mois. Le risque étant alors que le bancosaure absorbeur ne soit contaminé par son hôte. C’est précisément ce qui est en train de se produire avec Bank of America, le plus gros bancosaure américain qui glisse inexorablement vers la faillite depuis qu’il a repris en 2008, Countrywide spécialisé dans le subprime…
-  La fusion de deux bancosaures malades. Technique utilisée en Grèce récemment. Non pas que cette fusion donne naissance à un bancosaure sain mais le nouveau bancosaure résultant de cette fusion apparaît alors comme tellement important que sa survie justifie toutes les interventions publiques même les plus extrêmes.

Actuellement les Etats sont tellement endettés après avoir massivement aidé les bancosaures lors de la première vague de la crise en 2008 qu’ils seront incapables de pouvoir faire quoi que ce soit dans les prochains mois. Il faut donc se préparer à des mesures inédites comme la mise sous tutelle d’un bancosaure par sa banque centrale. Mais à ce stade nous plongeons vers l’inconnu.

Afin d’illustrer le propos, prenons quelques chiffres extraits d’un bilan consolidé au 30 juin 2011 d’un très gros bancosaure français qui a récemment défrayé la chronique.

Ces chiffres représentent bien ceux de l’ensemble des  gros bancosaures et sont en milliards d’euros.
Total de bilan : 1 158
Capitaux propres : 52

Soit 22 fois moins ! Un ratio qui semblerait catastrophique pour n’importe quelle autre société mais néanmoins « classique » pour un bancosaure.

Observons à présent les dettes à court terme : celles envers les autres bancosaures et celles envers les clients.

A) Dettes à court terme envers les autres bancosaures : 40

Soit quasiment l’équivalent de ses capitaux propres. A ce stade on comprend immédiatement ce qui effraye particulièrement ce bancosaure français : si les autres bancosaures commencent à douter et refusent de « rouler » ces 40 milliards d’euros, il risque la mort avant même que le premier épargnant n’ait tenté de retirer son épargne. C’est exactement là que réside le risque majeur pour ce bancosaure. Contrairement à l’idée générale, le premier danger n’est pas que les clients ne se ruent pour vider leurs comptes à vue. Ces épargnants arriveront déjà trop tard car les autres bancosaures auront retiré leur argent bien avant que ces épargnants ne s’aperçoivent du moindre problème.

B) Dettes à court terme envers la clientèle :  200

Soit pour le dire simplement il s’agit de l’argent que le client imagine pouvoir retirer à tout moment.
Observons ensuite de quoi dispose ce bancosaure en imaginant qu’il va pouvoir liquider tranquillement tout son portefeuille dans un marché serein :

Caisse, Banques centrale et actifs financiers disponibles à la vente : 156

On comprend qu’il s’agit là d’un montant plus qu’idéal car si ce bancosaure devait être en difficulté, les répercussions sur la bourse seraient dramatiques et il serait bien incapable de pouvoir obtenir ce montant qui est de toute façon très largement inférieur à ses dettes à court terme ( 156 < 200+40).

Retenons donc que ces bancosaures, que le lecteur aura bien évidement identifié comme des banques « trop grandes pour faire faillites » sont particulièrement vulnérables à une perte de confiance de la part des autres banques. Les banques sont cruellement dépendantes les unes des autres et peuvent se retrouver en difficulté  bien plus rapidement que ne peut l’imaginer l’homme de la rue. Je crains d’ailleurs fortement que nous allons devoir l’expérimenter dans les prochaines semaines.

Le 1er septembre 2011, Pascal Roussel analyste au sein du Département des Risques Financiers de la Banque Européenne d’Investissement (BEI) et Administrateur de Pegasius SA spf. Auteur du livre « Divina Insidia, le Piège Divin ». Les opinions exprimées sont celles de l’auteur et ne reflète pas nécessairement l’opinion de la BEI ou de son management. Cette lettre d’information financière est volontairement très courte et dans ce cadre il n’est pas possible d’entrer dans les détails. Afin de rester accessibles à tous, certains concepts sont exposés de manière schématique ou imagée mais ils restent néanmoins exacts.

eurasianfinance.com


10/08/2011 - “Hollywood à la Maison Blanche”

Après d’innombrables discussions, le Congrès et le Sénat ont voté non pas une réduction immédiate des dépenses actuelles mais une réduction de l’augmentation future des dépenses. C’est de mon point de vue assez risible mais il est bon d’observer que la question du relèvement du plafond de la dette américaine a fait l’objet de beaucoup de fausses affirmations. 

Nous avons vécu un véritable psychodrame digne du cinéma américain. Ainsi, le Président Obama nous a servi un discours visant volontairement à faire peur pour pousser l’autre camp à accepter des compromis. Il a par exemple prétendu que la sécurité sociale serait incapable de faire face à ses obligations. Pour rappel, la dette américaine se décompose grossièrement en 5 trillions de $ détenus par des organismes publics (dont la sécurité sociale) et 9 trillions détenus par le privé.


Aux Etats-Unis, la sécurité sociale reçoit des cotisations du public et cet argent est aussitôt prêté à l’Etat sous forme d’obligations spéciales. Lorsque la sécurité sociale a besoin d’argent (par exemple 50 mlds) pour financer des prestations à ses affiliés, elle est en droit d’exiger auprès du Trésor américain le remboursement immédiat d’un certain nombre de ces obligations spéciales (soit dans notre exemple pour l’équivalent de 50 mlds). Dans ce cas, pour  rembourser sa dette auprès de la sécurité sociale, le gouvernement emprunte alors auprès du privé (50mlds). Ainsi la dette intragouvernementale diminue ( 5 trillions – 50 mlds) et la dette vis-à-vis du privé augmente (9 trillions + 50 mlds) mais le plafond total reste inchangé ce qui montre bien qu’il n’y a aucun problème de financement et ce qui invalide donc les affirmations du Président.

Plus grave, ces derniers jours, on a pu lire et entendre que si le plafond de la dette souveraine américaine n’était pas relevé, les Etats-Unis seraient en défaut de paiements sur cette dette. Notons au passage que cette simple affirmation signifie que le seul moyen pour l’Etat de rembourser est d’augmenter encore plus sa dette.  Autrement dit,  c’est une spirale sans fin et ceux qui veulent relever ce plafond trouvent cela normal !

La dette se compose du capital et des intérêts à verser. Lorsqu’une obligation d’Etat arrive à maturité, l’Etat en émet aussitôt une nouvelle. C’est ce qu’on appelle rouler la dette.

En réalité, il n’y a aucun risque (pour l’instant) que les Etats-Unis ne puissent rembourser.  Les taux de cette dette sont encore ridiculement bas (la Fed veille au grain). De plus la réalité économique calamiteuse aux Etats-Unis finira bien par apparaître un jour prochain aux yeux du marché (complètement dominé par des algorithmes qui se moquent de cette réalité). A ce moment-là on verra une fuite vers les obligations souveraines américaines et une chute encore plus forte des taux longs.  Et finalement compte tenu que 70% des créanciers sont américains, dans ces conditions, ils n’ont aucune autre option crédible si ce n’est de rouler la dette.

D’autant plus que contrairement à ce que l’on a pu lire, l’Etat n’a aucun problème pour payer les intérêts de sa dette. Pour maintenir son train de vie en août, le gouvernement américain a besoin de 306.7 mds de USD et l’Etat américain  va recevoir 172.4 mds de revenus ( sous forme de taxes et autres) ce qui est largement assez pour payer les 29 mds d’intérêts. Si le plafond n’avait pas été relevé, en août, il aurait simplement dû faire des économies de 134 mds et couper dans certaines dépenses.

Mais il semble que les marchés ne comprennent pas ce qui est pourtant bien simple. Sur l’année fiscale 2011 qui se termine le 30 septembre, les US recevront 2200 mds de revenus et ne devront payer que 214 mds de USD à titre de l’intérêt de leur dette.

Environ 30% de la dette souveraine américaine est détenue pas des étrangers. On peut alors légitimement se demander comment réagira un pays ayant un solde de balance commerciale largement positif comme par exemple la Chine. On lit souvent que la Chine pourrait, un jour, ne plus prêter aux Etats-Unis ?

C’est que l’on assimile parfois hâtivement un pays à une banque. Observons les différences.

Tout le monde sait comment fonctionne une banque commerciale : schématiquement, elle emprunte à court terme (essentiellement sur le marché des pensions livrées  ou « repos » en anglais) et puise dans les dépôts des épargnants (sans que ceux-ci ne le réalisent vraiment) pour prêter à plus long terme. Son profit nait de la différence entre les taux au passif et à l’actif de son bilan. En plus de cette activité de base, les banques investissent leur trésorerie sur les bourses d’actions et d’obligations, sur les marchés à terme et sur les marchés des produits dérivés. Bien entendu une banque peut refuser de prêter à un emprunteur lorsqu’elle estime que celui-ci risque de ne pas pouvoir honorer son prêt. Un prêt douteux ne peut être revendu via une titrisation (sauf en cas de fraude comme dans l’énorme scandale du « foreclosuregate » lié aux banques américaines). Or un prêt en défaut a un impact immédiat et très négatif sur les fonds propres d’une banque qui ne peuvent supporter qu’un nombre limité  de prêts non remboursés. Ainsi donc en théorie, une banque doit faire très attention lorsqu’elle octroi un prêt.

Mais la Chine n’est pas une banque et poursuit un objectif complètement différent lorsqu’elle prête aux Etats-Unis. L’objectif de la Chine communiste est d’occuper une population énorme, d’éviter des troubles sociaux, de maintenir en place un système politique qui favorise une multitude de cadres privilégiés du parti et de tenter de juguler l’inflation qui se manifeste en particulier dans une bulle immobilière colossale.

Comme l’a récemment écrit le journal Renmin Ribao en se référant au centre gouvernemental de recherche, « Pékin n’a pas d’autre choix que de continuer à acheter de la dette américaine, car la Chine veut que le dollar soit stable. Et les obligations américaines demeurent l’un des produits d’investissement les plus liquides sur le marché, compte tenu des immenses réserves de change de la Chine ».

Rappelons que ce n’est pas parce que la Chine est un écureuil économe, ni même une fourmi travailleuse devant une cigale américaine, qu’elle possède de telles réserves de devises. Celles-ci proviennent essentiellement de trois facteurs : la Chine vit de l’export, le dollar n’est pas une monnaie que les Chinois peuvent utiliser dans la vie de tous les jours et la devise chinoise est arrimée au dollar américain. Lorsqu’une entreprise chinoise reçoit de son client américain des dollars, elle est bien obligée de les échanger contre des yuans auprès de la banque centrale chinoise (PBoC) pour payer ses ouvriers. Comme le taux de change est fixe, la banque centrale crée des yuans et se retrouve avec des dollars. Ces yuans créés sont alors multipliés par les banques commerciales via le mécanisme de création monétaire bien connu et, alimentent ainsi différentes bulles. C’est ce qui explique que l’inflation des prix fait rage en Chine. Mais la banque centrale doit bien faire quelque chose avec les dollars qu’elle a reçus. Ce qu’elle cherche avant tout c’est favoriser les entreprises chinoises, maintenir la parité yuan/dollar et limiter l’inflation des prix. C’est uniquement pour cela qu’elle renvoie ces dollars aux Etats-Unis en achetant des obligations émises par le gouvernement américain. Pour comprendre, imaginons qu’elle ne le fasse pas.  L’Etat américain aurait alors des difficultés pour combler son déficit budgétaire, il devrait mettre en place un programme d’austérité qui risquerait de ralentir la consommation et de faire chuter la bourse. Même si dans l’absolu ce serait une très bonne chose car cela permettrait aux américains de cesser de consommer à crédit cela aurait un impact immédiatement négatif sur les exportations chinoises et donc aboutirait à l’opposé de l’objectif de la PBoC. Et si le gouvernement américain refusait de mettre en place un plan d’économie, il pourrait être tenté, de manière schématique et indirecte, de demander à la Fed de créer encore plus de dollars nouveaux pour le financer . Le dollar s’affaiblirait ce qui obligerait la PBoC à créer encore plus de yuans en parallèle avec la Fed pour maintenir la parité et cela alimenterait encore plus l’inflation des prix en Chine. Et là encore ce serait exactement l’opposé de l’objectif des autorités monétaires chinoises.

Sans rentrer plus avant dans les détails, ce qu’il faut retenir c’est que la Chine prête aux américains uniquement parce que c’est son intérêt de le faire. Elle ne gère pas ses réserves en dollars comme un fonds le ferait en cherchant le placement le plus rentable. Elle le fait car elle n’a aucune autre alternative pour tenter d’atteindre ses objectifs propres et ne pas prêter aux Etats-Unis serait catastrophique pour elle.

Et c’est à la lumière de ses propres objectifs que l’on peut comprendre l’attitude des autorités financières chinoises. Ainsi par exemple, la Chine proteste contre l’assouplissement quantitatif ( quantitative easing) car cela affaiblit le dollar et donc cela entraîne de l’inflation importée des prix en Chine. La Chine proteste contre les déficits qui servent à alimenter la machine de guerre américaine et à gonfler fictivement la bourse alors qu’elle voudrait voir des déficits qui serviraient à relancer le crédit à la consommation ou de grands chantiers publics.

La Chine a arrimé sa devise au dollar car elle recherche avant tout la stabilité et ces dernières années, elle a été bien déçue. C’est pour cela qu’elle ne rate pas une occasion d’encourager la mise en place d’une nouvelle monnaie de réserve mondiale, indépendante des politiques américaines et basée sur les droits de tirage spéciaux du FMI. Mais ceci est une autre histoire.
Le 02 août 2011, Pascal Roussel analyste au sein du Département des Risques Financiers de la Banque Européenne d’Investissement (BEI) et Administrateur de Pegasius SA spf. Auteur du livre « Divina Insidia, le Piège Divin ». Les opinions exprimées sont celles de l’auteur et ne reflète pas nécessairement l’opinion de la BEI ou de son management. Cette lettre d’information financière est volontairement très courte et dans ce cadre il n’est pas possible d’entrer dans les détails. Afin de rester accessibles à tous, certains concepts sont exposés de manière schématique ou imagée mais ils restent néanmoins exacts - Eurasian Finance


23/06/2011 - Des signes avant-coureurs de l’effondrement qui se prépare

Dans l’actualité de ces derniers jours, en plus de la question cruciale  de la dette Grecque, il y a 3 événements qui sont de véritables signes avant coureurs de ce qui va se généraliser partout et qui se résume simplement en une phrase : un effondrement de la confiance dans le système financier.

1) Le gel du marché interbancaire chinois : un signe de la perte de  confiance des banques entre elles.

On le sait, une banque commerciale opère sous le régime de réserve fractionnée c.à.d. qu’elle ne garde qu’une fraction de l’argent que les dépositaires lui confient. Traditionnellement, cette fraction est grossièrement estimée à 10%. Cette réserve d’argent doit être déposée sur un compte détenu par la banque commerciale auprès de sa banque centrale. En fin de journée, si une banque a moins de 10% de cash en réserve, elle doit demander à d’autres banques de lui prêter la différence pour la nuit. Si l’argent est abondant dans le système bancaire, de nombreuses banques seront disposées à lui prêter et par conséquent le taux d’intérêt demandé sera faible. Inversement si l’argent est rare, le taux exigé sera plus important.

En finance ce taux interbancaire est un indicateur fondamental, comme le prix de l’essence à la pompe pour un conducteur. S’il monte brutalement cela signifie que les banques manquent de cash et qu’il y a un risque d’asphyxie. Ce taux intervient comme référence dans d’innombrables contrats financiers.

Or c’est justement ce qui vient d’arriver sur le marché Chinois : une banque qui veut emprunter à une autre banque du cash pour une semaine va devoir payer 8.81% (SHIBOR- 1 semaine). Ce taux vient très brutalement de doubler en une semaine pour atteindre sa plus haute valeur depuis octobre 2007, en pleine crise.

A tel point que la banque centrale Chinoise a dû intervenir en urgence  en annulant ces opérations de drainage de liquidité pour éviter de rajouter de l’huile sur le feu.

D’un côté le ministre chinois des Affaires étrangères déclare le 17 juin dernier « qu’il est d’une importance vitale pour la Chine que certaines économies européennes puissent surmonter leurs difficultés » et laisse donc entendre que la Chine, en chevalier blanc, serait prête à aider certains pays européens, mais d’un autre côté les banques chinoises sont à cours de liquidités. On peut légitimement se demander dans quelle mesure l’Europe peut compter sur la Chine pour un soutien financier.

Mais plus généralement, on se souvient qu’au cœur de la première vague de la crise,  les taux interbancaires dans le monde avaient atteint des sommets car les banques ne se faisaient plus confiance entre elles. Chacune se demandant quels actifs pourris les autres pouvaient bien détenir. On peut s’attendre à revivre la même chose, un taux interbancaire qui grimpe en flèche  au fur et à mesure que chaque banque se demandera à quel point sa voisine est exposée aux dettes souveraines.

2) Les Grecs vident leurs comptes pour acheter de l’or : un signe de la perte de confiance des gens dans les banques et dans l’argent papier.

Le 21 juin, le Financial Time publiait un article dans lequel on apprend que les simples citoyens grecs non seulement sortent leur cash des banques car ils craignent leur effondrement, mais qu’en plus ils préfèrent acheter de l’or, de l’argent métal et des terrains. Ils sont tellement inquiets qu’ils craignent même que l’argent papier ne perde de sa valeur. A ce stade, cette tendance est encore marginale mais elle se propagera avec l’aggravation de la crise. En finance, lorsqu’une population doute de la monnaie nationale cela s’appelle l’hyperinflation.


3) John Paulson vient de se faire flouer de 500 millions de USD par les Chinois : un signe de la perte de confiance des investisseurs dans le « miracle chinois » et dans les instruments financiers en général.

Qui est John Paulson ? Un investisseur de génie dont Wikipedia nous livre un bref résumé :

• En avril 2005, il commence à spéculer à la baisse sur les subprimes en utilisant les CDS.

• Fin 2007, John Paulson réalise le plus gros profit de l’histoire des transactions financières en faisant gagner 15 milliards de dollars à ses fonds.

• En novembre 2009, il crée un fonds d’investissement spécialisé dans les mines d’or et les investissements liés à l’or.

• En avril 2010, le nom de John Paulson a été mentionné dans une procédure engagée par l’organisme fédéral américain Securities and Exchange Commission contre la firme Goldman Sachs et contre Fabrice Tourre, un courtier spécialisé en collateralised debt obligations (CDO ou obligations adossées à des actifs).

En 2010, la fortune de John Paulson est estimée à 12 milliards de dollars et ses fonds gèrent 32 milliards de dollars d’actifs

Avec un tel parcours on pourrait croire que cet homme brillant et certainement très malin soit très difficile à escroquer. Et pourtant, il a acheté 35 millions de titres Sino-Forest Corp, l’exploitant de plantations de bois d’œuvre, cotée à la Bourse de Toronto.  Or l’action Sino-Forest Corp vient de s’effondrer de 71% en l’espace de 48 heures suite à la publication d’un rapport rédigé par la firme Muddy Waters Research. Selon ce rapport très critique, Sino-Forest Corp « est un cancer qui ronge le système financer car elle ne fait que siphonner plus d’argent chaque année ». Muddy Waters Research soupçonne l’entreprise d’avoir exagéré la valeur de ses actifs de bois d’œuvre en Chine et d’avoir contrefait des transactions de vente.

Résultat : une perte sèche de 500 millions de dollars pour Paulson.  Mais au-delà de cette perte, la question que tout le monde se pose est de savoir combien d’autres entreprises frauduleuses sont cotées en bourse. Autrement dit à qui faire confiance ?

Tout le monde financier repose sur un socle essentiel : la confiance. C’est ce socle qui se fissure sous nos yeux et trop rares sont ceux qui mesurent les conséquences !

Liesi


20/06/2011 - Un simple flocon de neige peut provoquer une avalanche

Depuis mars 2009, les autorités publiques et les médias financiers traditionnels se sont livrés à un véritable matraquage sur le thème « une action coordonnée des pouvoirs publics et des banques centrales va nous permettre de sortir de la crise et de relancer l’économie ».

Mais les plans de relance s’empilent sur les plans de sauvetage et en observant la Grèce sombrer, le monde prend conscience de la réalité: aucune institution et aucune autorité publique ne parviennent  à stopper la crise financière et économique.

Ainsi après six heures de réunion, les ministres des Finances de la Zone Euro ne sont parvenus à un aucun accord sur la mise en place d’un nouveau plan d’aide à la Grèce. Le montant discuté était d’environ 105 milliards d’euros mais les créanciers du secteur privé n’ont pas voulu s’engager en faveur d’un “soutien volontaire” au Trésor grec lors de futures émissions obligataires. De même, aucun terrain d’entente n’a été trouvé quant à une éventuelle restructuration de la dette avec pertes pour les créanciers privés ou publics.

Une agence de notation de crédit a abaissé à CCC la note de trois banques grecques ce qui les place dans la catégorie d’insolvabilité imminente. Cette perte de confiance va accélérer les retraits des épargnants et les transferts des avoirs à l’étranger et diminuer encore plus les fonds propres de ces institutions…

Malgré les aides et plans de sauvetage, la Grèce n’arrive pas à sortir la tête hors de l’eau : pour emprunter sur les marchés à deux ans, le gouvernement grec doit payer 28% d’intérêts. Inutile d’en dire davantage, ce chiffre astronomique résume bien la situation mais ce qui fait vraiment peur c’est de réaliser que  la Grèce est un petit pays. Une question angoissante commence à poindre dans la tête des gens : si les gouvernements et banques centrales ne parviennent pas à sauver la Grèce comment vont-ils faire pour aider les plus gros pays et en particulier le plus malade, à savoir les Etats-Unis ? En focalisant l’attention sur l’endettement public de la Grèce, les médias traditionnels vont rendre apparent, dans les prochains mois, la gravité de la situation des pays les plus endettés (Etats-Unis, Japon et Royaume-Uni). Cette polarisation sur la question des déficits publics risque même de freiner la Fed dans la mise en place du « Quantitative Easing 3 » pourtant indispensable aux yeux des institutions financières et des  grands fonds de pension américain pour éviter un effondrement de la bourse et la remontée des taux longs américain. La Grèce risque de faire voler en éclat l’idée qu’un pays moderne possédant une monnaie parmi les plus échangées aumonde, ne peut pas faire défaut.

Un deuxième élément qui apparaît aux yeux du grand public, c’est qu’après les plans de relance inefficaces et financés par la dette, c’est maintenant l’étape des mesures d’austérités très dures. Les populations n’y sont pas du tout préparées car elles ont été contraintes de bâtir leur prospérité apparente sur les dettes.  Tout comme les Etats, elles sont très endettées et sont incapables de subir de nouvelles taxes ou des réductions de revenus. Assez logiquement, elles trouvent injustes de devoir payer pour éponger les pertes de leur gouvernement et de leurs banques. Nous vivons les prémisses de graves troubles sociaux.

Un troisième élément qui est de plus en plus apparent c’est que l’acharnement contre la Grèce va agir comme un nouveau « Lehman Brother ». Le monde financier pressent que la Grèce risque bien de n’être qu’un simple petit domino qui fera tomber brutalement et rapidement des plus gros jusque bien loin en dehors de l’Europe. Mais au sein du système financier actuel très fragile, personne n’est capable de prédireprécisément les conséquences. Cette plongée vers l’inconnu fait craindre le pire.

Le monde actuel est intégralement  bâti sur les dettes. Depuis la fin de Bretton Woods en 1971, la monnaie n’est plus liée à l’or ou l’argent-métal mais uniquement aux dettes. Jamais dans l’histoire une personne n’avait utilisé la dette de quelqu’un d’autre pour payer ses achats. La crise que nous traversons n’est certainement pas le fruit d’un accident de l’histoire ou de circonstances malencontreuses et imprévisibles.

Nous vivons en ce moment, une véritable période charnière durant laquelle nous assistons à un début de prise de conscience par la vaste majorité, de ce que nombreux spécialistes dénoncent depuis des années dans les medias alternatifs : les solutions traditionnelles sont inefficaces car elles ne traitent pas la nature profonde du problème.

Eurasian Finance



02/06/2011 - Le rôle de l’or physique dans la flambée actuelle des matières premières

Il est très rare de trouver dans la presse financière traditionnelle des articles évoquant l’existence de bulles, à une exception notable près : la soi-disante bulle de l’or et de l’argent métal. Les cours de l’or et de l’argent physique s’envolent et pour les média il ne fait aucun doute que ces cours vont forcément s’effondrer tôt au tard. Qu’en est-il vraiment ?

Depuis plusieurs années, j’ai écrit de nombreux articles sur le sujet. Malheureusement dans le cadre restreint de cette lettre, la place manque pour expliquer dans le détail la raison de la flambée des cours de ces deux métaux. Je vais donc devoir faire des affirmations « gratuites » et je renvois ceux qui veulent en savoir plus, à mes anciens articles disponibles sur Internet. J’estime que l’or et l’argent joue un rôle central dans la crise actuelle pour deux raisons essentielles:

- Ces deux métaux ont joué un rôle monétaire depuis la nuit des temps. De manière atavique, n’importe qui, n’importe où dans le monde sait qu’un lingot d’or ou d’argent possède une grande valeur.

- Contrairement à l’argent-dette, il est impossible d’en créer. Ces métaux sont rares et il est de plus en plus difficile d’en extraire du sol.

De ce fait, ces deux métaux jouent le rôle de canari dans une mine de charbon : ils avertissent d’un coup de grisou. Ce sont deux excellents indicateurs de manque de confiance dans le système financier basé sur les dettes. Ils représentent une valeur refuge lorsque l’on doute de la monnaie papier.

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’en finance il existe deux sortes d’or ou d’argent : la forme métallique et la forme électronique. La forme métallique est simple à comprendre, il s’agit de pièces ou lingots physiques que l’on peut toucher. Le métal sous forme de papiers ou plus exactement sous forme d’un enregistrement électronique dans un système est normalement adossé à un équivalent de métal physique. L’or et l’argent sous forme électronique sont utilisés par des investisseurs qui veulent profiter de ces métaux sans les posséder physiquement. Par exemple, il est possible d’investir dans un fonds qui va normalement utiliser l’argent de l’investisseur pour acheter et stocker du métal physique. L’investisseur reçoit un certificat (sous forme papier mais plutôt sous forme dématérialisée, comme une position dans un compte titre) qui lui garanti de posséder une certaine quantité de métal. En théorie ce métal électronique peut, à tout moment, être converti en métal physique. Un autre exemple est le métal que l’on peut acheter sur les marchés à terme ( COMEX). Un investisseur verse une sorte d’acompte pour recevoir du métal qu’il lui sera livré quelques semaines plus tard. Là encore, l’investisseur possède du métal sous une forme virtuelle jusqu’au moment de la livraison. Jusqu’à présent, sur ce marché, la vaste majorité des investisseurs ne souhaitaient pas recevoir du métal physique et revendaient leur métal électronique avant la livraison pour clôturer leurs positions. Immédiatement après cette clôture, ils rouvraient une nouvelle position pour une livraison future. Un autre exemple est le cas très fréquent de l’investisseur qui a acheté du métal à une banque et qui demande à celle-ci de le garder dans un coffre commun utilisé par d’autres investisseurs. L’investisseur reçoit une attestation (métal électronique) que son métal est bien dans le coffre mais comme ce coffre contient du métal d’autres investisseurs, il lui est impossible d’identifier ses propres lingots. Le métal non alloué est gardé sous la forme d’une entrée électronique sur un compte commun, non ségrégé.

Quel est le grand secret ? Il est très simple : une multitude d’investisseurs dans le monde ont acheté considérablement plus de métal sous forme virtuelle qu’il n’existe de métal réel. Mais chaque jour, la méfiance grandit, de plus en plus d’investisseurs demandent à convertir leur métal électronique en métal réel. Mais il sera impossible de tout convertir, il est loin d’y avoir assez de métal sur terre pour cela. C’est ce mécanisme qui pousse les cours à la hausse depuis plusieurs années, il n’y a aucun phénomène de bulle mais une simple application de la loi économique la plus essentielle : plus une chose est rare et désirée, plus son prix monte. Pour comprendre reprenons les quelques exemples ci-dessus en montrant ce qui se passe chaque jour:

- De célèbres fonds adossés à l’or et l’argent ont vendu plus d’actions qu’ils n’ont acheté d’équivalent en métal. De plus en plus d’actionnaires de ces fonds commencent à douter et demandent la conversion. L’investisseur qui a acheté des actions d’un fonds adossé au métal, exige la conversion de ses actions en métal. Imaginons que la politique du fonds l’autorise. Mais si le fonds a vendu plus d’actions qu’il n’a acheté de métal, le fonds est bien obligé d’aller sur le marché et payer le prix fort pour en acheter d’urgence afin de le donner à l’investisseur. Si le fonds n’autorise pas la conversion ( ce qui est souvent le cas), l’investisseur vend ses actions au fonds et achète aussitôt du métal physique qu’il garde dans un coffre personnel. En théorie le fonds devrait alors vendre le métal en contrepartie des actions mais le problème c’est que ce fonds ne peut pas vendre ce qu’il n’a jamais acheté et ne possède pas. Le marché n’est pas alimenté.

- L’investisseur qui a acheté à terme, prend vraiment livraison de son métal. La banque qui lui a vendu ce métal virtuel (qu’elle ne possède pas) et qui ne s’attendait pas à cette demande de livraison est bien obligée, elle aussi, d’aller sur le marché et payer le prix fort pour en acheter d’urgence afin de le donner à l’investisseur. Par exemple, la grande banque JP Morgan est connue pour avoir des positions à découvert astronomique sur l’argent métal.

- L’investisseur qui détient du métal sur un compte non ségrégé, ouvre un coffre personnel et demande à transférer son métal du coffre commun vers son coffre personnel. Par exemple pour l’or, les études fouillées de l’association GATA montrent qu’un même lingot dans un coffre commun, est détenu par au moins 4 investisseurs différents. En d’autres termes, une banque vend en général, un même lingot d’or à 4 acheteurs différents (n’utilisant pas de comptes ségrégés) en estimant peu probable que ces acheteurs ne repartent chacun avec leurs lingots. Dans ces conditions, on comprend immédiatement que la banque est, elle aussi, bien obligée d’aller sur le marché et payer le prix fort pour en acheter d’urgence afin de le donner aux investisseurs qui veulent retirer leur métal du coffre commun

Dans tous les cas, la demande est plus forte que l’offre ce qui pousse les cours à la hausse. Ce mouvement général n’est pas prêt de s’arrêter même si des corrections passagères et brutales sont attendues pour des raisons qu’il est impossible d’exposer dans une lettre aussi courte. Comment un investisseur peut-il en profiter ? Soit en investissant dans un fonds bien au courant de ces mécanismes et qui sait en tirer avantage, soit en achetant du métal PHYSIQUE

Eurasianfinance


01/06/2011 - Crise: Tous les organes sont atteints

Les grands médias préfèrent toujours évoquer les événements nouveaux du moment et passent sous silence les problèmes plus anciens même s’ils ne sont pas résolus. 

De plus l’information est loin d’être neutre et seule une recherche personnelle, active en se basant sur diverses sources, permet d’y voir un peu plus clair.

Ainsi si l’on n’y prend pas garde, on peut se laisser entraîner à suivre le point de vue des media traditionnels en « oubliant » des problèmes parfois bien plus graves. En courant le risque de se laisser surprendre lorsqu’un de ces problèmes refait surface.

Dans un contexte de guerre des monnaies et de conflits mondiaux entre grands groupes d’intérêts, il est bon de faire une liste des risques en présence. Chacun de ces problèmes, pris individuellement, pourraient probablement être résolus mais le fait est qu’ils interférent les uns avec les autres.

Nous sommes par conséquent face à une situation financière excessivement fragile. Dans cet environnement, le moindre événement exogène et imprévisible peut mettre le feu aux poudres. Je pense à des catastrophes naturelles ( ?) (par ex un tremblement de terre aux US sur la faille de New Madrid, une explosion de yellowstone, …etc.) ou à des attentats criminels ( par ex l’explosion d’une bombe sale à Chicago). Ce ne sont malheureusement pas les exemples qui peuvent manquer.

Mon but n’est pas d’entrer dans les détails de chaque risque systémique car ils ont déjà été décrits dans d’autres articles. Je suis bien conscient que le classement ci-après est purement subjectif mais il s’agit là d’une simple tentative de prendre de la hauteur pour avoir une vue d’ensemble.

Evénements qui ont ou auront un impact sur une durée relativement courte (moins d’une année):

  • Grave sécheresse en Chine : lourd impact probable sur le prix de la nourriture et donc sur la population avec un risque d’instabilité dans ce pays.
  • Foreclosure gate : quel impact financier pour les banques américaines?
  • Quantitative Easing 3 : à mon avis inévitable pour la Fed avec comme conséquence un effet dilutif sur la valeur d’échange du USD.
  • Pakistan : une zone de tensions géostratégiques qui pourraient bien dégénérer.
  • Dette grecque : à quand la restructuration ? Et aussitôt après l’Irlande et le Portugal risquent de lui emboiter le pas.
  • Royaume-Uni : pendant combien de temps encore le quantitative easing va-t-il continuer ? Et si le marché se lassait de la Grèce et prenait conscience de la situation catastrophique de la dette souveraine anglaise ? Et combien de temps encore, les Ecossais vont-ils supporter cette situation ? Et finalement, si les pétro monarchies et autres oligarques du monde entier désertaient la City ?

Evénements qui ont ou auront un impact sur une durée moyenne (moins de 3 années):

  • Flambée des prix de la nourriture.
  • Mouvement sociaux grandissants en Europe.
  • « Révolutions » au Moyen Orient avec risque d’entraînement de l’Otan dans des guerres religieuses sans fin.
  • Grave défaut de paiement de certains Etats américains avec risque de sécession de certains autres. A quand les Etats-Désunis d’Amérique ?
Evénements qui ont ou auront un impact durable sur une longue durée (plus de 3 années):

  • Fukushima : aucune solution rapide en vue, avec le temps la pollution ne cesse d’augmenter. Impact durable sur la production d’électricité, sur l’agriculture nippone et potentiellement sur la ville de Tokyo.
  • Explosion de la bulle immobilière en Chine, en Australie et au Canada.
  • Les conséquences de la pollution de BP dans le golf du Mexique.
  • Immobilier US : la chute qui n’en finit pas avec un impact inévitable sur les produits toxiques dont la plupart sont, soit sur le bilan des banques centrales, soit dangereusement garantis par des Etats inconscients.
  • Creusement de l’écart entre les plus riches et les plus pauvres.
  • Guerre des monnaies entre ceux qui veulent garder leurs devises nationales, ceux qui veulent une monnaie mondiale sous le contrôle exclusif des sphères financières et ceux qui veulent une monnaie mondiale sous le contrôle du complexe militaro industriel.

Evénements qui peuvent avoir un impact du type « explosif » (brutal et soudain) :

  • Marché de l’or et de l’argent : de plus en plus en plus de demandes pour des livraisons de métal physique alors que de gros acteurs ont vendu des métaux qu’ils ne possèdent pas.
  • Dette Italienne : et si les Italiens avaient fait du maquillage de statistiques sur leur niveau réel d’endettement, autrement dit comme les Grecs mais en pire ?
  • Prix de l’essence aux US qui dépasse la barrière psychologique des 4USD/Gallon avec le risque d’engendrer de véritables mouvements sociaux aux Etats-Unis.
  • Flash crash majeur sur les bourses US avec effet d’entraînement incontrôlable sur les autres places financières.

La liste n’est bien évidement pas exhaustive mais tandis que la Grèce est sur toutes les lèvres, il n’est pas inutile de rappeler que nous ne vivons plus au Ve siècle av. J.-C. et donc que ce pays n’est plus le centre du monde ! LIESI - Eurasianfinance


01/06/2011 - Livre: « Divina Insidia – Le Piège Divin » de Pascal Roussel

Tandis que la terre est embarquée dans une course folle, et que des millions de gens peinent à survivre, la haute finance poursuit inexorablement et sûre de l’impunité, son objectif destructeur.

L’histoire qui vous est ici contée est d’une surprenante actualité . De plus, elle pourrait être plus vraie que la vérité si celle-ci était dévoilée. Anne Standfort journaliste de talent, est entraînée, sous couvert d’un livre à écrire pour un mystérieux et richissime inconnu, dans les couloirs sombres de l’étrange « planète financière ». Elle va être confrontée, souvent choquée, parfois horrifiée, à une conception des valeurs du bien et du mal qui lui est étrangère.

Tout comme le lecteur, elle va découvrir la naissance et le fonctionnement d’une banque centrale, jusqu’à la mise en place d’une future monnaie mondiale . Elle va prendre conscience du pouvoir occulte de certaines loges maçonniques et de certaines familles oligarchiques dont la puissance illimitée n’est connue que de quelques initiés.

Tentant désespérément de conserver son sang froid, elle évoluera entre une réalité dont elle ignorait tout et un imaginaire qui la stupéfie.

Ni elle, ni son mari, ni son jeune fils ne sortiront moralement indemnes de cette aventure haletante qui bouleversera leur vie.

Histoire d’argent ?
Affaire de spiritualité ?

Ce livre pose les questions essentielles.

Il encourage le lecteur à se les poser aussi. Et plus encore, à n’avoir de cesse de trouver les réponses.

Librairie Romaine

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